‹ Le nombre musical grégorienChapitre 156 sur 534 · LES STROPHICUS AU POINT DE VUE ESTHÉTIQUE. LEUR NOTATION · texte numérisé non relu

LES STROPHICUS AU POINT DE VUE ESTHÉTIQUE. LEUR NOTATION

484. — A peine avons-nous effleuré ce vaste sujet des notae repercussae, si fréquentes dans la mélopée liturgique : elles se glissent de mille manières dans la trame mélodique, lui apportent un élan, une ' émotion qui se œmmunique à toute la pièce. Ces mélanges harmonieux de groupes ordinaires et de strophicus sont parfois si étendus qu'ils remplissent des membres, et même des phrases entières, qui semblent tirer toute leur beauté de l'effet des répercussions réitérées des strophicus. Quelques exemples au hasard :

Off. Deusjirmavit ^ f

or-

bem.

qui non

rm-

pa-rà- ta se-

des tu- a..

Off. Exaltabo te

IKS. I ^-

Dômi- ne quô- ni- am.

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nec de- le- ctâ- sti

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et sanâ- sti me.

Pis- 394

La répercussion strophicale, procédé naïf et simple, était sous ses formes variées, un ornement très goûté des anciens. C'était un moyen général d'expression dont le compositeur se servait pour exprimer les divers sentiments qui peuvent se faire jour dans la prière chantée :

Joie et jubilation, comme dans l'Introït /'«^z- natus est ;\o\x2ingQ, Off. Benedicite; adoration, Off. Deus firmavit ; prière humble, douce, confiante, Intr. Reminiscere.

485. — Le strophicus joue donc un très grand rôle dans le chant grégorien. 11 importe non seulement de le conserver, mais de lui rendre toute sa valeur.

Pour cela, il faut que sa notation soit claire, précise, et que, du premier coup d'oeil, il se distingue de tout ce qui l'entoure. Les neumes sans lignes, italiens (nord), allemands, messins, français, aquitains, etc., ont tous des signes caractéristiques propres à attirer l'attention du chanteur. La décadence vint vite, il est vrai, sur ce point comme sur tous les autres, et la confusion graphique entre les apostrophas et. les autres notes s'établit peu à peu dans les manuscrits, puis dans les imprimés, au grand détriment de la bonne et saine interprétation.

Cependant, comme la tradition ne se perd jamais complètement, la distinction graphique des strophicus persévéra en Allemagne jusque dans les imprimés.

En France le Graduel de Lyon, imprimé en 1738, a encore conservé dans plusieurs chants un signe distinctif pour Vapostropha.

Ainsi il écrit le passage mélodique suivant :

Exal- ta- bo

Fi^- 395

Cependant parfois, dans les cas semblables, il fait usage de trois notes carrées. Mais avec ce Graduel nous sommes au XVIIIe siècle.

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