‹ Le nombre musical grégorienChapitre 168 sur 534 · DE L'INTERPRÉTATION DU QUILISMA · texte numérisé non relu

DE L'INTERPRÉTATION DU QUILISMA

532. — Les renseignements sur ce point ne peuvent nous être fournis que

a) Par les sources byzantines,

è) Par les auteurs latins,

c) Ou enfin par les manuscrits.

§ I. — Le quilisma byzantin.

533. — L'origine grecque de cette expression est évidente; son étymologie ne nous dit rien de bien précis : kûIlcux, action de rouler. Sa signification musicale est discutée. Deux opinions sont en présence.

L'a première enseigne que le quilisma byzantin n'est pas une note réelle, mais un signe aphone, muet. Il est du nombre des grands signes qui se rapportent à la chironomie, non à la voix, et sont les indices de la mesure et non du chant. ( i )

Le quilisma grégorien, lui, est bien certainement une note réelle, une note chantée de la mélodie ; si donc le quilisma byzantin est ce qu'affirme cette première opinion, il n'y a aucune parité de signification à établir entre le signe oriental et le signe occidental.

La deuxième opinion (2) veut que le quilisma byzantin soit le signe, non pas seulement d'une note, mais de toute une série de notes, de tout un mélisme dont il ne serait qu'un abrégé sténographique. Rien non plus dans cette opinion, qu'elle soit fondée ou non, qui puisse nous renseigner sur la valeur du quilisma occidental qui vaut une note, pas davantage.

Il faut donc renoncer, jusqu'à nouvelles découvertes, à des indications pratiques de ce côté, et se tourner vers les manuscrits et les auteurs latins.

(i) J.-B. Rebours. Traité de Psaltique, p. ii.

(2) Franck Choisy, DHyinne du Paléologue et la Musique Byzantine. Revue Musicale., 1907» P- 184 et p. 259.

Il est utile de commencer cette étude par les codices, qui nous éclairent non sur le quilisma lui-même, mais sur les notes qui le précèdent.

§ 2. — Les manuscrits. Effets rétroactifs du quilisma.

534. — Le quilisma latin a un effet rétroactif de retard ou même de prolongement sur la note ou le groupe qui le précèdent.

Cette règle ne souffre aucune exception : les manuscrits de tous les pays qui ont conservé, en tout ou en partie, les notations rythmiques, sont unanimes à proclamer cette règle pratique d'exécution, qui d'une manière, qui d'une autre, (i)

535. — On peut ramener à trois classes principales les nombreux procédés employés par les diverses Écoles graphiques pour figurer le retard des notes avant le quilisma.

1° Emploi des signes rythmiques longs, et des lettres significatives longues dans les documents sangailiens et messins.

Laon239

S. Gall

(.J xiJ /^aJ //'ccc/ SaJ A^: uJ: aJ

,.^KM\i\\:^

AJ ||''ni^%*nv

Ces deux Écoles, dont les écritures neumatiques sont si dissemblables, se ressemblent entièrement pour l'usage de ces signes, et c'est par centaines qu'elles les emploient.

536. — 20 Doublement graphique de la note qui précède le quilisma.

Voici deux manuscrits bien connus : l'un à Monza C 12/75 (Xe siècle), l'autre à Vienne, Bibl. imp. 1845 (XI^ siècle). Ces deux manuscrits écrivent le plus souvent une double note avant le

(i) Cf. Rassegna Gregoriana, 1906, col. 226 et ss. « La Tradition Rythmique Grégorienne à propos du Quilisma. >

quilisma, c'est-à-dire qu'ils répètent la dernière note du groupe qui se trouve avant le quilisma. Comme point de comparaison, on met en regsird la notation de Saint- Gall. d) Note doublée après clivis :

Monza A-aJ^

S. Gall /r^ Vienne /\ ,J-^

Fig. 439 b) Note doublée après torculus :

Monza J-"^ S. Gall j-"-c/ Vienne yl'"^

Gom. Ecce Deus

Ftg. 440

Monza, dans cet exemple, ne double pas la note après le torculus, parce que ce codex fait usage du torculus long J". ^) Note doublée après climacus :

^""^ .uJ: .wJ:

F?. G. /i summo Ç ■^'♦' ♦ Ç "^^"^ * —

Ftg. 441

On verra d'autres exemples dans l'article de la Rassegna déjà cité.

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