Règle fondamentale : au temps de repos, à la thésis
APPARTIENT UNIQUEMENT, DANS LE RYTHME NATUREL, DE fermer les INCISES, LES MEMBRES DE PHRASE ET LES PHRASES.
Les mots élan et repos, arsis et thésis, sont tellement clairs, ils représentent si parfaitement la réalité à la fois objective et subjective, qu'il serait à peine nécessaire de formuler cette règle, si l'oubli presque général de la nature intime du rythme ne nous forçait à l'expliquer jusque dans ses parties les plus simples, les plus indiscutables.
84. — d) Le rythme marche nécessairement à pas binaires et ternaires. — A pas binaires : rien de plus naturel, puisque, après un premier ictus ou appui, il faut nécessairement un nouvel élan pour aboutir à un nouvel appui ; deux ictus rythmiques ne peuvent pas se suivre immédiatement :
(i) Cf. Aristote, Rhét., III, 8.
Et ainsi de suite de deux en deux unités.
A pas ternaires : La marche rythmique ternaire
Fig. 40
peut être considérée comme une dilatation du rythme binaire. Ainsi que le fait remarquer M. H. Riemann {Dictionnaire de
musique, au mot métrique), le motif A
qu'une modification en somme légère de B
n'est
Fig. 42
En effet, la dernière note du rythme binaire, avons-nous dit, est un appui, une arrivée, un repos. Or, ce repos, même provisoire, a toujours une tendance à s'allonger ; de là un certain élargissement de la note ou syllabe qui sert d'appui. Le rythme A n'est qu'une sorte de régularisation quasi mathématique de la marche, l'augmentation irrationnelle de la durée (rythme B) étant logiquement organisée de la façon la plus simple qu'on puisse imaginer, par l'addition d'un temps à la thésis.