C. Poids naturel des syllabes closes
64. — Dans le cas de syllabes c/oscs, le teuipcyanient quantitatif 'à. lieu de s'exercer plus activement qu'à l'occasion des syllabes consonnantes. Par exemple pour prononcer ndjutixerunt flaimnam fcrruinqiie, il faudra un peu plus de temps que pour mihi tibique canat, parce que les trois premiers mots sont composés presque exclusivement de syllabes closes, les trois autres de syllabes simplement consonnantes. Ya\ effet, l'émission de la consonne finale produit un arrière son, une légère résonnance buccale qui ne peut se faire sans une petite prolongation. Pour s'en convaincre, il suffit de prononcer
at { — at'); ain ( =a/n'').
Toutefois, même ici, cette prolongation est de trop peu d'importance pour doubler la syllabe; elle se perd, se fond au milieu des autres syllabes, et, dans la phrase chantée, il s'établit entre toutes une durée moyenne qui permet de les considérer et de les percevoir toutes comme approximativement égales en durée. Ce qui le prouve bien, c'est que des mots ou très lourds ou très légers, formant un cnrsns tonique {planns par exemple), comptent également pour cinq syllabes, qu'ils soient formés de syllabes closes ou de syllabes consonnantes :
^o-ténter infûndat, pie-tàte devôtum, consolati-(/«i' gaudére, pcc-cdta vitcnms.
D. Liquescentes grégoriennes.
05. — Il arrive parfois cependant que l'articulation large, distincte, exigée par le chant, détermine un allongement très sensible de la résonnance buccale des consonnes à la fin des
syllabes. Cette résonnance devient alors une vraie note, de la valeur d'un temps, note sourde, voilée, semi-vocale, exprimée dans la mélodie : d'oià les groupes liquescents ou seini-vocaux. Cette fois, le tempérament, au lieu de réduire la note, la dilate, l'élargit jusqu'à lui donner une valeur réelle d'un temps. Nous aurons à parler de ce phénomène, de sa notation, de son exécution, d'une manière toute spéciale.
6G. — ■ Tout ce que nous venons de dire regarde les syllabes isolées, étudiées à part. Mais les syllabes n'existent pas pour elles-mêmes ; elles sont destinées à entrer dans la composition du mot et de la phrase; c'est là seulement qu'elles jouissent de leur véritable physionomie : elles subissent alors des nuances multiples, d'accélération ou de retard (agogique), auxquelles elles se prêtent volontiers, mais sans que jamais soit détruite cependant cette égalité fondamentale qui leur est propre, et qui est à la base du système rythmique grégorien.
Il sera traité au chapitre vi de la durée des syllabes groupées en mots.
§ 2. — Intensité et mélodie des syllabes.
67. — Par elles-mêmes, les syllabes n'ont pas d'z>zi^«j-zV/ propre, sinon celle que possède tout ictus individuel, tout temps premier. Cette intensité dépend de la place des syllabes dans le mot et dans la phrase.
De même, les syllabes n'ont pas par elles-mêmes de mélodie propre. La hauteur mélodique de chaque syllabe dépend de sa place dans le mot et dans la phrase.
De tout ceci il sera parlé dans la suite.
Exercice I.
Voyelles.
68. — Cet exercice (i) a pour but de procurer une parfaite prononciation des voyelles ; en conséquence, le professeur Aeillera tout d'abord et presque exclusivement à cette prononciation.
(i) Dans notre Premier Volume, nous avons donné les exercices en deux notations — carrée et moderne — ; ici, afin de gagner de la place et àç^ faciliter le développement des lignes chironoiniques, nous emploierons seulement la notation moderne, ce qui n'implique nullement notre préférence pour cette notation.
Mouvement ad libitum. — Etudier une à une chaque voyelle, lentement, en la répétant autant qu'il sera nécessaire; ne quitter une voyelle, pour passer à la suivante, que lorsque l'émission très pure de la première sera acquise; ainsi pour toutes les autres.
Alors seulement on chantera cet exercice avec la chironomie et les nuances indiquées.
Chironomie : une arsis, deux thésis. La première note de l'arsis, quoique la plus forte de chaque incise, sera attaquée avec douceur, netteté; le decrescendo suivra, délicatement nuancé, le tout très lié.
Lorsque l'élève sera bien maître de cet exercice — prononciation, solfège, chironomie, dynamie — le professeur pourra demander un léger crescendo d'intensité au début de chaque incise, en montant, le point culminant serait sur le ré, huitième incise, puis un decrescendo bien conduit en descendant.
Le mouvement général est marqué en tète de l'exercice.
On relira avec avantage les instructions pratiques sur la chironomie et la dynamie des exercices (Premier Volume, p. 183-185),
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Exercice IL Voyelles.
69. — Cet exercice n'est que la répétition du précédent sous une forme chiroiioniique et dynamique un peu différente :
Chirono)nic : deux arsis, une thésis.
Intensité : son point le plus fort sera sur la deuxième arsis. Comme dans l'exercice précédent, le professeur pourra demander un léger crescendo d'incise en incise jusqu'à Tincise la plus élevée, puis un decrescendo ]\x'?>Qn\x'l\ l'incise finale.
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