ARTICLE 4. — L'ACCENT TONIQUE DANS LES MOTS HÉBREUX
151. — L'emploi des mots hébreux dans la langue liturgique est assez fréquent pour que les compositeurs grégoriens aient eu à tenir compte de leur accentuation tonique.
Or, que savait-on de cette accentuation dans le monde latin, du ive au viiie siècle, époque de la composition des mélodies liturgiques ?
Peu de chose, ou plutôt rien, si l'on excepte, peut-être, quelques hébraïsants, comme saint Jérôme. Les graviuiaiiHens et les jnélodies elles-mêmes sont les seuls témoins capables de nous renseigner sur cette question.
Nous ne dirons rien, dans ce chapitre, du témoignage apporté par les mélodies grégoriennes, nous réservant de traiter ce sujet plus loin.
^1. — Les grammairiens.
152. — Les .^rcz/w/MZ/vV;/:.- ne dissimulent en aucune façon leur ignorance complète sur ce point : les textes que nous citons, à la fin de ce volume, en Appendice au Chapitre iv, le prouvent avec évidence : il suftit de les résumer ici.
Au iv^' siècle, Dioinède nous dit que dans les mots barbares — cette appellation comprend les mots hébreux — l'accentuation ne peut être certaine; car il serait absurde, ajoute-t-il,de chercher une loi sûre des accents dans un langage qui n'est régi par aucune règle :
« Accentus in integris dictionibus observantur, in peregrinis autem verbis et in barbaris nominibus, maxime in interjectionibus, )iuUi certi sunt. In his enim maxime accentuum lex certa esse non potest, cum sit absurdum a turbato tenoris exigere rationem » (i).
A l'ignorance, Diomède ajoute le dédain et le mépris!
Au même siècle, Donat, maître de saint Jérôme, répète Diomède. Son texte a été commenté pendant tout le Moyen- Age, comme on peut le voir par les textes D, E, F, H, I, J, K, L.
(i) Nous renvoyons une fois pour toutes à l'Appendice au ch. IV. C'est là que l'on trouvera en entier, et dans le même ordre, tous les textes cités ou indiqués ici.
Mais alors, que faire en face de ces mots? Car, enfin, il faut bien les lire, les chanter, les accentuer, puisqu'ils se rencontrent dans la liturgie sacrée.
Sergius, dont l'époque est incertaine, mais qui fut un des commentateurs de Donat, répond : Accentuez comme vous le voudrez, pourvu que ce ne soit pas d'une manière âpre, dure, peu agréable à l'oreille.
AtTirmations analogues dans le texte de Priscien, vr s., et les autres.
Au x*^ siècle, Rémi cfAuxerre (f 908), dans son Commentaire de Donat, n'ajoute rien à son auteur.
153. — Donc, eu tliéon'e, ignorance de l'accentuation hébraïque; en pratique, liberté d'accentuation : voilà en deux mots la situation sur ce point, du vf au viif et même au x^ siècle. Les compositeurs grégoriens n'étaient pas plus renseignés que les auteurs ; l'étude intrinsèque des mélodies ambrosiennes et grégoriennes reflète cet état d'esprit; nous le verrons ailleurs.
§ 2. — La Tradition Massorétique.
154. — Au xiF siècle — peut-être avant, nous ne trouvons pas de textes — les auteurs, ordinairement des moines, abandonnent les théories des grammairiens latins et formulent une autre doctrine, plus précise cette fois (i). On sent que de nouveaux éléments d'information sont intervenus et que les auteurs savent mieux à quoi s'en tenir sur cette question; nous en parlerons plus loin.
155. — Les règles sont formulées clairement par Alexandre de Villedieu, xiiF siècle, dont le Doctrinal a eu une grande influence dans tout le iloyen-Age. En voici le résumé d'après M. ïhurot :
« Tout mot hébreu qui ne suit pas la déclinaison latine a l'aigu sur la dernière syllabe » .
(i) Nous ne donnons pas ici ces textes, on les trouvera dans l'Appendice. Ce sont les Textes M. Frère Paul, camaldule, xir s. » N. Anonjmie cistercien, xii*" s. .
> O. Alexandre de Villedieu, xiir s.
> P. Anonyme de Montpellier, cistercien (?) xiv'^ s. Rythme Grég. T. II. — 5
« Avec la déclinaison latine, il prend l'accent latin » (i).
156. — D'où vient ce changement de doctrine, et cette assurance des auteurs à partir du xii«^ siècle?
La réponse est facile.
La langue hébraïque a possédé de tout temps, comme toutes les langues, son accentuation propre, qui se conservait par la pratique et par l'enseignement oral. Du v^ au viif siècle de notre ère, des docteurs juifs qu'on a nommés les Massorètes, établis en Palestine, surtout à Tibériade, entreprirent de fixer par écrit les règles traditionnelles de cette accentuation; et, pour en propager l'usage, ils inventèrent des signes graphiques et les introduisirent dans les manuscrits. Vers le début du viif siècle, leur tâche était achevée. Cependant, jusqu'au x'- siècle, leurs travaux furent sans cesse l'objet de remaniements et de perfectionnements.
Les premiers manuscrits hébraïques, accentués selon le système massorétique, ne parurent qu'au ix^ et au x<^ siècle. La diffusion des règles nouvelles fut longue, et ne parvint à la connaissance de l'Occident que vers la même époque. Le plus ancien traité que nous ayons sur la ponctuation et l'accentuation hébraïques est celui du grammairien juif Ben Asher qui vivait dans la première moitié du x^ siècle (2).
Si ces règles ne représentent pas a^•ec une entière certitude la \éritable accentuation de l'ancien hébreu, nous pouvons croire
(i) Thurot, Notices et Extraits.., t. XXll, pp. 2, 28 et 400.
Voici le texte qui nous concerne, avec la glose :
(Doctrinal.) < Omnis barbara vox non declinata latine
Accentum super extreniam servabit acutum Nostra dat accentum data declinatio nostrum >.
(Glose. R. 157. Omnis barbara). — «; Sicut omnes dicunlur barbari prêter Grecos et Latinos, sic omnes dictiones dicuntur barbare prêter Grecas et Latinas... Attende quod dicit non declinata ut Salomofi, in nominative et vocativo, in quibus acuunt ultimam syllabam. Sed in aliis casibus, in quibus senant nostram declinationem, servant nostrum accentum. Similiter dicendum est de hoc nomine Sanson. Sed cum T/wbias, Andréas, et similia sint consimiliter hebrea, queritur quid sit dicendum de eorum accentibus. Dicendum est, ut michi videtur, quod ista nomina sunt nioderno usai accomodata et latinis viris sepius imponunlur, nec a latina declinatione et terminatione déviant, ideoque latinum servant accentum. Inde queritur quo accentu profertur hec dictio Tliisbe, et dicitur quod acuto v.
(2) Cf. \'lGOUROUX, Dictionnaire de la Bible, au mot : Ponctuation hébraïque.
cependant qu'elles s'en rapprochent beaucoup; car, dans tous leurs travaux sur la lettre du texte biblique, dans ceux du moins où la doctrine n'était pas engagée, les Massorètes recherchaient avec le plus grand soin les plus antiques traditions.
157. — Quelles étaient donc les règles de cette accentuation massorétique?
Les voici d'après la Grammaire licbraïquc de M. Touzard :
a) En hébreu « il n'}^ a, dans chaque mot, qu'une syllabe proprement tonique » . (p. 143).
b) Cependant il y a des accents secondaires dans les mots qui ont plus de deux ou trois syllabes, surtout au deuxième rang avant l'accent principal, (p. 144).
Quant à la place de l'accent tonique ou principal, elle est ainsi fixée par la tradition massorétique :
« 1° L'accent principal est le plus souvent sur la syllabe finale; 2° Dans un certain nombre de mots, l'accent principal est sur la pénultième ;
3° L'accent n'est jamais sur une syllabe antérieure à la pénultième » . (p. 1 44).
158. — De ces trois règles, les moines théoriciens du bas Moyen- Age ne retinrent pratiquement que la première : Faeeent sur la dernière syllabe. L'influence de cette unique règle ne se fit guère sentir que dans les lectures liturgiques et la psalmodie, mais elle fut l'une des causes qui donnèrent naissance aux médiantes rompues, inconnues dans les premiers siècles grégoriens. Double erreur :
a) erreur iVaecentiiation^ car les mots accentués sur la. pénulticjne d'après les Massorètes, le furent sur V ultième syllabe, et augmentèrent ainsi le nombre des cadences tronquées ;
b) erreur musicale, plus tard, parce que l'on tronqua des cadences mélodiques que l'antiquité avait toujours respectées.
159. — Remarquons, en tous cas, qu'à la date où le travail des Massorètes se répandit dans le monde latin, les plus anciennes parties des répertoires ambrosien, grégorien et mozarabe étaient fixées depuis longtemps ; et on ne voit pas bien comment l'accentuation massorétique, inconnue en Occident du vr au x^ siècle, aurait pu exercer une influence sérieuse sur la composition des mélodies liturgiques et sur la psalmodie.
§ 3. — La Renaissance.
160. — La Renaissance amena un renouveau dans l'étude de la langue hébraïque et de son accentuation, par suite des interminables discussions sur la Bible; et le résultat fut que l'on se rapprocha de l'enseignement des Massorètes.
Une vieille grammaire latine (i) résume la doctrine des grammairiens du xvF et du xvif siècle sur « l'accentuation des mots hébreux latins )'. Malgré les divergences, on peut la réduire aux quelques propositions suivantes :
1° Ils tiennent compte, en général, des deux règles principales des Massorètes :
a) accent le plus souvent sur la finale ;
b) » parfois sur la pénultième.
Quelquefois même sur l'antépénultième, ajoute Antoine de Nébrissa (1558), l'un des plus habiles hébraïsants de son siècle.
D'après Prompsault, « les mots hébreux contenus dans l'Ancien et le Nouveau Testament ne dépassent pas le nombre de cinq mille, parmi lesquels quatre cents, ou à peu près, ont la pénultième aiguë, et soixante ou quatre-vingts, tout au plus, l'antépénultième. Ceci doit s'entendre des mots hébreux qui ne suivent pas la déclinaison grecque ou latine » .
Le même auteur cite ensuite, d'après Cavalli (1630 et 1647), une longue liste de mots — 150 environ — accentués sur la pénultième. Nous relevons Abel, Bàal (et ses composés) Xck, Cdiu, Gômer, Ephrdim, Esâu, Ahigâil... etc. A ces 150 mots, il faut ajouter les noms en ezer, me/ech, sedech : Elicf:er,Abiézer,Elimélech, MelcJiiscdecJi... etc. (2).
2° Tout en donnant ces règles, les grammairiens de la Renaissance se distinguent de leurs prédécesseurs par un point qui témoigne de leur prudence : presque tous reconnaissent que
raccentuatioji hébraïque doit céder devant l'usage : « Aux mots
(i) Abbé J. H. R. Prompsault. Grammaire latine. Traité des lettres, de V orthographe et de Paccentuafiofi, 1842, p. 988-992.
(2) € Despautère (1537) prétend que le nombre des mots hébreux qui prennent l'accent sur \^ pénultième est incalculable >. (PROMPSAULT, p. 990;.
entièrement hébreux, il faut donner l'accent hébreu, paurvu que l'usage fie s'y oppose pas y>.
Ainsi parlent le P. Menèse (1527); Antoine de Nébrissa, espagnol (1558); Lancelot, de Port-Royal de Paris (1650 et 1667); Riccioli (1655); Alvarez S. J.(1731); Porretti (1774), etc.
Dom Jumilhac, bénédictin de St-Maur, enseigne la même doctrine : nous transcrivons son texte en entier ci-dessous (i).
§ 4. — L'usage moderne.
161. — Rien de plus sage que cette ligne de conduite; aujourd'hui il n'y a plus qu'à la suivre : l'Eglise nous y invite, car elle a pris soin d'accentuer les livres liturgiques proprement dits, Missels, Bréviaires, etc.
(i) Dom Jumilhac. La science et la pratique du plain chanf^ édit. 1673, p. 199; édit. de Nisard, 1847, p. 280 : « Il reste à savoir quels accents il faut donner aux mots hébreux :
i" Ceux qui prennent une terminaison et une déclinaison latines, suivent les règles des mots latins pour l'accent, et partant on fait l'accent sur la pénultième dans Adâvius^ JacûbuSy Joscphus^ etc., parce qu'elle est longue.
2° Mais si ces mots demeurent dans la terminaison hébraïque et sont indéclinables, on peut les prononcer,
a) ou selon les règles des mots latins,
b) ou selon l'accent grec, si ces mots ont passé par la langue grecque, avant que d'être reçus dans la latine [ces deux règles finiront par s'imposer dans l'usage moderne ainsi que nous le verrons],
c) ou enfin selon l'accent hébreu.
Que si ces trois choses concourent ensemble, il n'y a nulle raison de prononcer autrement, si ce n'est peut-être par un usage reçu et approuve' de tout le inonde^ auquel 07i est souvent obligé de s\iccovimoder. Et partant il faut, selon cette règle, poser l'accent sur la pénultième ô!Aggc'us^ Betlisrira^ Cef/tiira, Debôra^ Eleâzar^ Rebécca, Salome, Sephôra^ Suzârtna^ parce que non seulement la pénultième y est longue par nature, mais aussi qu'elle reçoit l'accent dans le grec et dans l'hébreu.
Quand même ces mots sont entièrement hébreux, il est mieux de les faire selon l'accent hébreu, et partant il faut relever la dernière syllabe en Eloî^ Ephrathd, Sabaôth et semblables. En quoi néanmoins il faut prendre garde que coiiivie plusieurs de ces niots sont passés dans le service de l'Eglise, il est quelquefois d'autant plus nécessaire de les prononcer selon V usage reçu, qu'ils sont presque en la bouche de tous les peuples et de toutes les nations. C'est pourquoi, contre cette règle, on prononce ordinairement l'accent sur l'antépénultième dans Elisabeth, Gôlgotha, MelcJnscdecIt, Môyscs, Samuel, SàloDion, Siloe et quelques autres ».
Voici l'accentuation adoptée, elle est entièrement latine :
1« Les mots hébreux n'ont jamais l'accent sur la dernière syllabe; tous, déclinables ou non, sont accentués à la manière latine.
2'3 Les mots de deux syllabes, latins, grecs, hébreux, n'ont pas le signe graphique de l'accent, parce qu'il est entendu que tous, sans exception, ont l'accent sur la première syllabe : Dcns = Dciis; David— David ; Jcsus= Jésus (i); Juda=jHda; Agay=Agar, etc.
30 Les mots de trois syllabes et au-dessus, latins ou hébreux, sont tous accentués sur la pénultième ou l'antépénultième :
a) Sur la pénultième, si elle est longue ou considérée comme longue : Salànie, Giézi, Snzdnna, Bersahc'e, etc. Les mots hébreux en ias sont, comme les mots grecs terminés en ia, accentués sur la pénultième : Jsa/as, /sa/ae, Tsaiam, Jcreniias, Ananias, Helcias, Messîas, etc. (2).
b) Sur l'antépénultième, si la pénultième est brève : Beéhebiith, Abdénago, J/àj'ses, NabucJiodôjwsov, Jàsuc, Daniel, Hdbacnc, Melehisedech, etc.
102. — C'est précisément en se conformant à l'usage que les éditeurs ont adopté cette accentuation, suivie aujourd'hui dans le monde entier.
Nous pourrions apporter sur ce dernier point de nombreux témoignages; un seul suffira, nous l'empruntons à la Rassegiia Gregoriana (3), revue romaine, publiée au centre de la catholicité et de la latinité : « Nous voudrions savoir quand et comment la grammaire a commencé à donner la règle des mots hébraïques accentués sur la dernière syllabe (4). Aujourd' hui pcrsomie au monde ne lit en les aeeentuant ainsi. Pourquoi donc les accentuer de cette manière quand on chante? Mieux encore : aujourd'hui les livres liturgiques, pour la commodité des lecteurs, mettent l'accent sur les mots trisyllabiques ou polisyllabiques, et quant aux mots bisyllabiques, il est bien entendu qu'ils ont tous l'accent sur la première syllabe, quoiqu'elle ne soit surmontée d'aucun signe. Or, dans tout le
(i) Nous avons sous les yeux un missel cistercien de 1617 où les vciO\.?, Jésus, Jésum, Jésu, Jétda, Jéc das sont accentués sur la première syllabe.
(2) Cf. Dom J. POTHIER, Mélodies Grégoriennes, p. 113.
(3) Année 1910, p. 218.
(4) Nous avons répondu ci-dessus à cette question.
Missel, dans tout le Bréviaire, on ne trouvera pas un seul Siâ7t, David, Israël, etc. , et Melchisedcch a l'accent sur l'antépénultième » ( i).
103. — Cette accentjiation lathw des 7nots hébratx n'est pas chose nouvelle. En dépit , des moines grammairiens et des médiantes oxytones de la psalmodie, elle était mise en pratique dans le langage courant des Universités et des écoles, de même que dans la littérature rythmique du Moyen-Age.
Dom J. Jeannin (2) dit avec raison : « la pratique actuelle romaine en latin — David et non David — n'est que la continuation de la pratique médiévale...; nous en avons des preuves directes dans les compositions rythmiques du Moyen- Age, basées uniquement sur l'accent, et où la première syllabe des mots hébreux dissyllabiques porte cet accent » .
Nos recherches personnelles confirment entièrement l'assertion de D. Jeannin. Nous avons fait le relevé des mots hébreux employés dans les Proses d'Adam de St Victor (milieu du xiF siècle) (3); tous, sauf un ou deux, sont accentués sur la pénultième. Ainsi :
Prose I, p. 172 JIicsh nôstei' salutaris Qui prudénter ôperâris Prose IV, p. 175 Gâude Syon et letare Voce vôto iocundare Prose v, p. 170 Adam vêtus
tandem laétus Prose VI, p. 177 ^ÇxâXy. Jésse régem David Virga matrem presignâvit
De même pour les mots Éva, Sdrc, Jdcob, Câltt, Joseph, SânsoUy Gdze, Jûda, Jlfôj'ses, Sarépta, Slna, Salônion, Benjdniiii, Synion.
(i) « Vorremmo sapere quando e come la grammatica cominciô a dare la regola délie parole ebraiche accentate suU' ultima. Oggi nessuno al mondo cjuando legge cosi le accenta. Perché dunque accentarle in quel modo quando si canta? Più ancora : oggi i libri liturgici, per comodo dei récitant!, mettono l'accento suUe parole trisillabe o polisillabe, ed è inteso che le parole bissillabe Ivinno tutte l'accento sulla prima, sebbene non sia segnato. Ora in tutto il messale e in tutto il breviario non si troverà mai un solo Stem, David, Israél ecc, e Melchîscdech ha tanto di acccnto sulla terz'ultima. 5>
(2) Revue Grégoric7inc, 19 14, p. 29.
(3) Nous citons d'après la belle édition de MM. E. MISSET et P. Aubry, Zifi- Proses d^Adam de S. Victor.
Une fois seulement nous avons trouvé Sansén, dans la prose xii, p. 183, et encore faut-il remarquer que dans la môme prose, sur ce même mot Sansofi, l'accent est mis à deux reprises sur la première SNllabe.
Hôsti qui nos circuit
prédam Chrîstus éruit,
Quôd Sansôn preînnuit,
dum leônem lâcerat;
Ou6d in morte plûres stravit Sdnson Chrîstum fîgurâvit Cûjus mors Victoria.
Sdnson dîctus sol eorum, Chrîstus lûx est électôrum Quôs illustrât grâtia.
« Dans les proses authentiques d'Adam de St Victor, le mot AUelûia est toujours accentué sur la pénultième, et jamais sur la dernière » (i). De môme le mot Maria, sauf une seule fois.
L'étude des cursus rythmiques nous amènerait à la môme
constatation. Dans le cursus t ardu s, les cadences suivantes étaient
équivalentes :
incamati- ônem cognovijnus
vo- care à\gndtus est
tûus rex Israël
quôque ac SérapJiim
Lévi eléctus est
164. — Conciusion. — Suivre docilement, dans les lectures et le chant, l'accentuation du Missel et du Bréviaire romains pour les mots hébreux, c'est se mettre à l'école de l'antiquité, de la tradition vraie, non dégénérée; c'est aussi faire œuvre de beauté, ainsi que nous le verrons plus clairement, lorsque nous étudierons les cadences musicales des psaumes.
L'étude des mélodies grégoriennes anciennes, au point de vue de l'accentuation des mots hébreux, amène au même résultat. Nous aurons â en parler lorsque nous aborderons la question des médiantes rompues pratiquées au ^loyen-Age.
(i) Op. cit., p. 34, en note.