‹ Le nombre musical grégorienChapitre 273 sur 534 · L.omm. E · texte numérisé non relu

L.omm. E

Vfdimusstel- , ■ ■ ii^A

domi- néntiir nô-bis

lam.

adorâ-re

Grad.

Dirigâtur. C 1 * fV*^

Di-riga-tur

in tabern;i-cu- lo

Grad.

Miserere mihi.

Qui operâtus est.

Mi-se-ré-re mi-hi

in aposto-lâ-tum

Off. I

E.KSultâbunt agi

sancti. — ■ — m* —

Grad.

Gloriôsus.

bapti- zâ-ti Domine prae- * " " Jli^ -

Exsultâbunt

glo-ri- ficâ-ta est

venisti.

in bene-dicti- ô-ni- bus

Fi^: S?. etc., etc., etc.

222 TROISIÈME l^'SRTIK. — CHAPITRE V.

269. — Tous ces exemples font ressortir la brièveté de ^'accent et aussi, disons-le en passant, la durée de la dernière syllabe, ou de la syllabe qui suit l'accent soit tonique soit secondaire.

C'est l'application d'une loi de rythmique naturelle, dont il sera parlé au chapitre suivant. Nous nous contentons d'exposer en ce moment lofait matériel dit la brièveté de l'accent, dont nous tirerons plus loin les conséquences r^-thmiques. On s'expliquera alors pourquoi nous donnons tant de développement à cette question. Nous retrouverons d'ailleurs, au ch. at. d'autres preuves de la brièveté de l'accent (i).

270. — Autre remarque : nous aAons dit que l'accent secondaire des mots latins se plaçait à partir de l'accent tonique de 2 en 2 syllabes; on voit dans tous ces exemples la preuve que la deuxième syllabe avant l'accent est traitée comme l'accent lui-même.

4" Substitution de l'accent tonique unaire à une pénultième faible.

271. — Nous sera-t-il permis de voir une autre preuve de la légèreté et de la brièveté de l'accent latin dans ce fait si irappant, si fréquent, de la substitution pure et simple de l'accent unaire à une pénultième faible, dans certains types mélodiques ?

Ps. Invit.

Vc-ni-tc exsultcmus

Quo-ni- ani Déus mâgnus

Hô-di- c si vôcem

Glô- ri- a Pàtri

Tonus

W-ni-te exsultéraus Qu6-ni- am Dé- us màgnus Hô-di- e si vôcem Glô- ri- a Pà-tri

Ve-ni-te exsultémus Quô-ni- am Dé- us mâgnus Hô-di- e si vôcem Glô- ri- a Pâtri

(i) Cf. Pa/. mus., t. vn, pp. 228 à 243.

LE MOT I.ATIN.

Intonation du I" mode.

A ri.

Ma- jô-rem ca-ri-tâ-tetn La- pides pre-ti- 6- si

Intonation du VII<^ mode.

Ant.

Dixé-runt di- sci-pu-li Ocu-lis ac mâ-ni-bus

Cadence du I^' mode.

Ant. Voie Pater.

» Haec est virgo sapiens.

X> Toânnes auteni.

sit et mi-ni- ster mé- us de nù-me-ro pru- déntuni vincu-lis ope- ra Chri-sti

> Euge serve bone.

ff Euge serve... in môdico.

» Natfvitas tua.

Intr. Rc'-quieTii

constitu-am di- cit Dôminus Dô- mi- ni tù- i Gé- ni- trix vir- go

dô-na é- is iù- ce- at

AU. Dominas dixit.

AU. Osténde...

l JË i-

^^TT

Fi-li- us mé- us es mise-ri- cor- di- am tù-

Fig. 83.

tu ara

Le Gloria XI de l'édition vaticane (x^ s.) présente les textes suivants sous un même groupement neumatique :

Lau-dâ- mus te

glô- ri- am tù- atn

Fi- //- us Pâ-tris

mise- ré- re nô- bis {bis)

pec- cà- ta mùndi

Fig. S4.

Ce fait est très fréquent dans les hymnes. Voir en particulier l'hymne de la Passion Pangc lingua gloj-iosi praclinui certaininis, au rythme très marqué, et si caractéristique à cet égard.

5° Adaptation des cadences dactyliques à certaines cadences spondaïques.

272. — Il y aurait encore un fait de composition grégorienne à faire valoir en faveur de la hncveté et de la légèreté de l 'accent ; on se contentera de le signaler; car il sera de nouveau examiné au point de vue rythmique.

Ce fait est celui-ci : Une cadence mélodique a été adaptée dans le cours d'un morceau à un texte se terminant par un mot paroxyton (iioete), celle-ci par exemple :

g 1^ lu S %

vi- si- tâsti no-cte

Or, un procédé de composition très goûté des anciens était de répéter les derniers groupes d'une cadence afm d'obtenir ainsi des rimes mélodiques analogues aux rimes littéraires de la poésie. L'oreille grégorienne, familiarisée avec ces rimes qui reparaissent fréquemment à la chute des phrases et des périodes, les demande impérieusement dans leur intégrité avec la même exigence qu'elle réclame le retour d'une rime, la chute régulière d'un vers dans la poésie, ou d'un cursus dans la prose rythmique. Un temps de plus, un temps de moins, dans la poésie ou la musique, heurte 1 "oreille, et des finales altérées ou tronquées lui sont insupportables. Nos anciens compositeurs connaissaient tout le prix de ces rimes; ils les respectaient avec un soin jaloux, et, lorsqu'il en était besoin, les préservaient contre les troubles que pouvaient amener les inégalités et les variations du texte (i).

Si donc ils veulent employer la cadence musicale ci-dessus (nàete), et l'adapter à un texte se terminant par un proparoxyton (inîquitas) afin d'obtenir une rime Diélodique, voici comment ils s'y prennent.

Ils veillent tout d'abord à conserver, sans a' rien changer, la rime musicale, c'est-à-dire le groupe ternaire, représenté par le

(i) Cf. Pal. Jiius.., t. VII, p. 228, et t. iv, p. 74-iiç.

torculus, et la dernière note, A ■ ; et pour cela ils adaptent les deux dernières S3ilabes du mot proparoxyton :

iniqui- tas

Fto- 86.

puis ils glissent l'accent sur une note survenante qu'ils placent entre les groupes 2 et 3. Ainsi restent sauvegardés et la rime musicale et l'accent (i). Voici le résultat :

i^nr

in me in- îqui- tas

Jamais un tel procédé ne serait venu à l'idée d'un compositeur grégorien, s'il n'avait eu le sentiment de la légèreté et de la brièveté de l'accent (2).

273. — Autre exemple, où l'épenthèse accentuée, brève, unaire, intervient encore pour consacrer la rime musicale :

lûceat é-

=S^i-fb-

dona éis Dômi- ne Fz£: 88.

Ce procédé est employé des milliers de fois dans les mélodies grégoriennes.

274. — On pourrait apporter en faveur de la théorie de r accent are/ des témoignages multiples, analogues à ceux que nous venons de produire ; il faut se limiter. Il va sans dire que dans tous ces cas la syllabe accentuée conserve sa/orce,et la pénultième sa faiblesse, l'intensité se jouant librement à travers le rythme. Rien n'est plus apte à prouver la brève durée de l'accent latin que sa mise en

(i) Cf. Pal. mus., t. m, p. 24; t. iv, p. 74 et suiv. (2) Op. cit. t. VII, p. 228-230.

Rythme Grég. T. II. - 8

balance, pour ainsi dire, à égal poids, avec la syllabe la plus légère du mot. Il y aura à tirer, de ces faits, des conclusions pratiques extrêmement précieuses, lorsqu'il sera traité du rj-thme grégorien au chapitre suivant.

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