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Soit une succession des rythmes les plus petits

Fig. 82

Dans l'analyse que nous avons sous les yeux, chaque thésis (2) marque la fin d'un rythme; il y a donc autant de rythmes simples qu'il y a de thésis, c'est-à-dire trois.

Chacun de ces petits motifs ou mots rythmiques, tout en ayant sa Aie personnelle, son sens musical individuel, est isolé de son voisin, comme précédemment l'étaient nos ictus individuels (47). Le rythme doit agir sur eux, afm de les unir et d'en faire une nouvelle unité rythmique, d'un degré supérieur soit comme longueur, soit comme sens musical. Ce sera \ incise et le membre de phrase.

138. — De fait, l'exécution pratique et naturelle de cette série ne répond pas du tout à la distinction rythme par rythme, figurée ci-dessus : cette analvse élémentaire est fictive.

RYTHMES COMPOSÉS. 8l

Voici ce qui se passe en réalité :

Après l'appui du premier groupe sur la thésis, la voix n'attend pas l'arsis suivante pour reprendre son vol. Elle repart du point même sur lequel elle vient de se poser :

Ainsi la balle qui, après avoir frappé la terre, remonte immé- " diatement, sous l'impulsion du coup qui la rejette en l'air ; ainsi le pied, dans la marche de l'homme ; ainsi l'oiseau, se berçant dans les hauteurs, prend son point d'appui sur la résistance de l'air, chaque coup d'aile coïncidant exactement avec le mouvement de remontée ; ainsi la pile centrale d'un pont supporte à la fois les deux arches qui, à gauche et à droite, s'appuient sur elle.

Telle est la formation d'un rythme composé par la fusion de plusieurs rythmes simples.

1 39. — Précisons. Lorsque nous analysons un seul rythme simple, tout est facile : la marche se fait naturellement de l'arsis à la thésis.

Th. a. Th. A. Th.

__^! — , etc.

-Jl p!__ ou — Jj ^ — ou ^

Fi£^- 83

et, après que celle-ci a été déposée, le mouvement est terminé. Elle est le lieu de l'arrêt et du repos.

Au contraire, si après ce premier pas rythmique, il faut aller plus loin, qu'arrive-t-il ?

La thésis qui, tout à l'heure, était un repos défijtitif^ n'est plus que le lieu d'un appui provisoire et fugitif, d'où part le nouvel élan qui devra, à son tour, aboutir à la seconde thésis.

Au lieu d'avoir deux rythmes distincts :

jer Rythme 2e Rythme

nous sommes en présence d'une seule entité ou incise rythmique

qui est le résultat de l'enchaînement de deux petits r}i:hmes simples. Il faudra donc noter :

NcisE Rythmique

C'est le plus petit rythme composé.

La note B, relativement à l'élan qui précède, conserve son rôle à! arrivée et de toiichenient thétique ; mais, relativement à ce qui suit, elle est le point de départ d'un nouvel élan aboutissant à une nouvelle thésis C, repos définitif de cette petite incise.

Le touchement central B est donc à la fois, selon le point de vue où l'on se place, soit la fin d'un rythme, soit le point de départ d'un autre. C'est sur cette note, soutenant à la fois deux rythmes, que s'opère leur enchaînement.

Ainsi s'enchaînent par fusion les rythmes simples, égaux ou inégaux, pour former un rythme composé.

140. — Cette fusion s'opère également entre les rythmes simples développés, formés de temps composés binaires ou ternaires ;

Rythme composé Rythme composa

n n n 1 rn

-fi-é — ^-0 — p-«- — f ^-v-

ABBC ABBC

rn nn i f-0-0 — ^^-» — f-

par conséquent les appuis B, au centre des incises, peuvent se multiplier, tout comme les piles intermédiaires d'un pont.

141. — Quel nom doit-on donner à l'ictus central B : arsis ou thésis ^

Théoriquement l'un ou l'autre nom lui conviennent également puisque cet ictus joue ce double rôle ;

Pratiquement, dans les rythmes fusionnés, le premier temps A coïncide ordinairement avec l'arsis, et le dernier avec la thésis ; quant aux groupes B du centre, ils reçoivent de la mélodie ellemême leur caractère arsique ou thétique, comme nous le verrons lorsque nous aborderons l'étude des formes mélodiques. Il y a des cas où incontestablement ils sont arsis, d'autres où ils sont certainement thésis, parfois il y a indécision et liberté.

142. — Voici les schémas rythmiques qui peuvent se présenter pour un rythme-incise composé de trois groupes métriques.

Arsis Arsis Thésis

-f-* — f-J f = 2 élans, une thésis.

Fig. 87

Thésis Thésis

-f-^ f* — f = I élan, deux thésis.

ABC

Fig. 88

Arsis Thésis Arsis Thésis

I n n I = I thésis, I élan, i thésis.

ABC

Fig. 8g

Dans ce dernier cas, la première arsis est sous-entendue.

(i) Pour bien comprendre le sens et l'emploi de ces courbes, consulter la chironomie rythmique. — Gestes composés, (181).

§ 2. — Formation des rythmes-incises par simple juxtaposition de rythmes élémentaires.

143. — Souvent les rythmes-incises sont formés par le seul rapprochement des rythmes simples conservant chacun leur arsis

et leur thésis.

a) Ces rythmes simples peuvent être semblables, et se terminer

avec cadence masculine :

Arsis Thésis Arsis Thésis

Fig. go ou avec cadence féminine au premier d'entre eux :

Arsis Thésis Arsis Thésis

b) Ils peuvent être dissemblables :

Arsis Thésis

Fig. g2

Dans tous ces cas, la succession des arsis et des thésis se fait réguhèrement, une arsis, une thésis ; une autre arsis suivie d'une autre thésis.

Tout en demeurant distincts, ces rythmes doivent être très unis dans la pratique. Les éléments d'union sont : le sens mélodique, la dynamie et les paroles.

144. — Forme variable des mêmes groupements métriques. Rien n'empêche, bien entendu, que ces schémas rythmiques, par exemple celui-ci :

Pig93

ne puissent être englobés dans un rythme unique fusionné, au lieu de former deux rythmes juxtaposés.

Fig. Ç4

En effet, le deuxième groupe ne remplit pas nécessairement le rôle d'une thésis, ni le troisième celui d'une arsis. Par exemple les deux et même les trois premiers temps composés peuvent être arsiques. (Cf plus loin, Exercices XV, XVI).

Çans la pratique, c'est la forme mélodique, ce sont les paroles, qui déterminent le caractère rythmique de chacun des temps composés, et indiquent, sans hésitation possible, quand il convient d'employer soit \3i forme distincte, soit \di forme fusionnée.

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