‹ Le nombre musical grégorienChapitre 287 sur 534 · MOTS-RYTHMES DE TROIS SYLLABES · texte numérisé non relu

MOTS-RYTHMES DE TROIS SYLLABES

Quat?c temps simples.

340. — Les rythmes purs typiques de trois sons fournissent trois formes qui ne varient que par la place de F intensité ( i ) :

a) intensité au début, rythme simple, arsis binaire, chute ictique faible :

Fig. loç.

(i) i"^ partie, p. 75.

b) intensité au viilicu, rythme simple, arsis binaire avec 2»"^ temps de l'arsis fort, chute ictique faible :

Fig. iio.

c) intensité à \2ifin, rythme simple, arsis binaire, chute ictique forte :

Fig. III.

341 , — De son côté, la langue latine ne présente que deux types trisyllabiques de cadences verbales :

1° le type dactylique : Dôminus, acuité et intensité sur la ire syllabe ;

2° le type spondaïque : redéinptor, acuité et intensité sur la 2me syllabe.

Le premier, dactylique, s'adapte de lui-même à la forme rythmique a ci-dessus :

Dô- mi- nus nâ- tus est nâ- tus est

Fig. 112.

Le second, spondeiïque, trouve dans la forme b son modèle parfait :

re- démptor a- ma- vi

re- dém-ptor a- ma- vj

Fig. iij.

La forme c n'a pas d'équivalent syllabiqne en latin dans le mot isolé.

342. — Dans le motif verbal iidtus est, le monosyllabe est, grammaticalanent accentué, perd son accent. L'étude des cursus toniques en donnera plus loin des preuves abondantes.

REMARQUE SUR LA SÉPARATION DE l'iCTUS ET DE l'accent TONIQUE.

343. — La séparation de l'ictus rythmique et de l'accent tonique dans l'exemple redéruptor n'a rien qui puisse surprendre ceux qui nous ont suivi jusqu'ici.

Ces applications en effet sont strictement conformes aux principes généraux du rythme simple.

344. — 11 faut le répéter : ce qui détermine la place des touchements et le rythme, ce n'est ni Vacuitc de l'accent, ni son i)itcnsitc; c'est le -mouvement, fondé sur la valeur qiia7ititativc des notes et des syllabes.

Dans la métrique classique, grecque ou latine, par brèves {y) et longues (-), les syllabes longues portaient les temps marqués^ comme l'on dit aujourd'hui : le poète n'avait cure ni de l'accentuation mélodique verbale, ni de l'intensité des syllabes.

Il en va de même dans notre rythmique tonique grégorienne : c'est toujours la syllabe longue qui porte le touchement rythmique. Si deux notes ou deux syllabes distinctement exprimées forment un temps cojnposé binaire, la première de ces notes ou syllabes est affectée d'un touchement, quelle que soit l'intensité ou l'acuité de ces syllabes.

Page 1