C. — rythmiques
D. — quantitatives.
A. Modifications ou interversions mélodiques.
396. — On rencontre fréquemment dans les mélodies grégoriennes des mots dont l'accent tonique est plus bas que la dernière syllabe :
Can-tâ- te An- cil- la
au lieu de
Can-tâ- te An- cil- la
fig' ^37-
Cette modification dans l'allure mélodique" des mots, nous l'appellerons iiitci-cersion ou renversement mélodique (i).
397. — Ces sortes d'interversion se justifient par des raisons de phraséologie. Ainsi l'antienne Cantate Domino^ dont le premier mot est noté ci-dessus, se poursuit ainsi :
Can-tà- te 1)6- mi- no Fig. 13S.
Oui ne voit la raison du renversement mélodique au mot Cantate? Sa mélodie naturelle est sacrifiée à la mélodie de l'incise qui, d'un jet, s'élève jusqu'à l'accent principal de ce petit membre. Aussi bien, ces deux mots ainsi enlacés par la mélodie, par la dynamie, n'en forment en réalité qu'un seul : les adapta-
(l) Cette question des renversementsmélbdiques a déjà été traitée au chap. v. Nous y revenons ici brièvement pour étudier à la fois les modifications apportées à la physionomie naturelle des mots dans tous les ordres: mélodique, dynamique, quantitatif et rythmique.
l'incise. — ENCHAINEMENT DES MOTS. 285
tions verbales à ce tjpe musical — elles sont nombreuses — le prouvent avec évidence :
Can- ta- te Dé- mi- no
Vx- ce as- cén- di- mus
Qui me di- gnâ- tus est
Si man- se- ri- tis in me
O- eu- lis ac ma- ni- bus, c/c.
Nous aurons d'ailleurs à revenir sur cet exemple, pour en tirer plus loin d'autres enseignements.
398. — Une autre légère modification mélodique se remarque au mot Domino. La forme naturelle est descendante, avec accent moyen sur la syllabe pénultième faible :
Dû- mi- no /•/>. 140.
Or, dans l'exemple cité, cette syllabe se chante plus haut que 1 accent aigu :
D6- mi- no /•7c- r4T.
C'est encore l'entraînement phraséologique qui explique cette infraction à la loi ordinaire : la syllabe en question appartient à Xarsis ryfitmiquc ; la mélodie veut s'associer à cet élan en poursuivant l'élévation musicale jusqu'au moment où elle fléchira sur la svllabe de thésis no.
399. — Quant à l'exemple Ancllla, voici, en son entier, l'incise dont ce mot fait partie, et avec des adaptations qui en éclairent la valeur musicale :
An-
la di- cit
Pé-
tro
Ma-
jô-
rem châ- ri-
tâ-
te m
Dô-
mi-
ne Dé- us
ster
Lâ-
pi-
des pré- ti- Fig. 142.
Sur les mots ancilla et majore m se fait un renversement tnclodiqiic, car la syllabe aiguë est chantée plus bas que les syllabes qui l'entourent. Mais il suffit d'être musicien pour sentir que la courbe musicale ;r do ré n'est qu'une préparation à l'accent principal du membre, placé sur le mot d/dt, ou à l'accent secondaire c/ia du mot thàritâtcni dans le second texte.
Il est d'ailleurs fort possible que cette mélodie ait été faite sur le type verbal Lapides pretiôsl ou Domine Deus noster, et alors tout est dans l'ordre.
Les exemples de ce genre pourraient être multipliés sans fin.
B. Modifications dynamiques.
400. — Un renversement mélodique entraîne parfois diverses modifications dans la dynamie naturelle des mots.
On peut les classer sous deux chefs :
1° affaiblissement de l'accent tonique,
2° renforcement d'accents secondaires ou même de syllabes atones.
Les exemples précédents vont encore nous servir.
1° Affaibli sseuient de F accent tonique.