LES SILENCES
151. — Les silences existent dans la musique grégorienne, comme dans toute musique, bien que les notations neumatiques ne les indiquent jamais.
Comme ils se trouvent naturellement à la fm des membres et des phrases, c'est ici le lieu d'en dire un mot. Nous n'en parlerons ici que brièvement pour montrer que nous ne les oublions pas.
Qu'il suffise d'exposer deux principes :
1° « Les silences sont des éléments de composition rythmique au même titre que les sons dont ils tiennent la place ». (i)
2° Les silences ont exactement la même valeur quantitative que les notes ou syllabes exprimées.
C'est une loi qui s'applique à la musique de toutes les époques. Dans la musique grecque, il en est ainsi ; dans la musique mesurée et polyphonique, de même ; dans notre musique, nos pauses, nos soupirs, nos demi-soupirs, nos quarts de soupir, etc., équivalent aux blanches, aux noires, aux croches, double-croches, etc. (2)
Nous ferons plus loin l'application de ces deux principes aux mélodies grégoriennes.
(i) Gevaert. Musique de l'aniiquiie., Hj P- 66. (2) Paléographie Musicale, VII, p. 261 et ss.