Les mêmes exemples vont encore nous servir
a) Can- ta- te Dô- mi- no
b) Ec- ce as- cén- di- mus (•) O- eu- lis ac ma- ni- bus
d) Si m an- se- ri- Us in me
e) Gà- bri- cl An- ge- lus
Fig. 14.6.
L'exécution de l'exemple a est indiquée plus haut, pp. 286-287.
Sans aucun doute, cette formule Cantate Domino est le type verbal sur lequel a été composée cette mélodie : nous n'en voulons pour preuve que les nombreux textes d'antiennes accentuées de la même manière — 20 sur 28 — qui s'y adaptent avec exactitude.
Il y a pourtant des exceptions :
Des syllabes finales sont attribuées en b et en c à la note d'accent 3, et en d (ce qui est plus grave) à la note d'accent principal 5.
Il y a plus : dans l'exemple t\ c'est une pénultième non accentuée qui est chantée sur une note d'accent; il faut remarquer cependant que cette antienne est de composition plus récente que les précédentes.
Comment exécuter ces incises? Nous y reviendrons plus loin. Mais, dès maintenant, on peut dire que ces diverses syllabes atones devront probablement se prêter à un léger renforcement en raison de leur rencontre avec une note habituellement forte, et surtout en raison de leur place dans la phrase et de leur fonction dans le grand rythme.
l'incise. — ENCHAINEMENT DES MOTS. 289
404. — L'autre incise mélodique Andlla, déjà citée, donne lieu à des constatations analogues :
lï
cïj 1)6- mi- ne Dé- us né- ster
/') An- cil- la di- cil Pé- tro
c) La- pi- des pré- ti- ô- si
d) Ma- jô- rem chà~ ri- ta- tem
La note la plus élevée est le /^/ 4: elle est aussi la plus forte, car elle correspond dans les deux premiers exemples à un accent tonique. En c et en d, elle ne s'appuie que sur un accent secondaire. Si l'on veut conserver à l'incise mélodique sa forme intensive primitive — ce qui est bon, croyons-nous — il sera nécessaire de renforcer légèrement ces accents secondaires et de les élever au rang d'accents primaires, même au détriment des accents toniques qui se trouvent à la déposition de ces incises,
La mobilité de la place de l'accent dans toutes ces incises justifie merveilleusement ce que nous avons dit plus haut du caractère discret, tout relatif, de l'intensité de l'accent tonique latin. Qui ne voit que frapper matériellement et uniformément l'accent, où qu'il se trouve, serait bouleverser l'économie de la mélodie grégorienne?
405, — Ces affaiblissements d'accents et ces renforcements de syllabes atones se présentent fréquemment, et avec une nécessité plus impérieuse, dans les chants plus ornés et mélismatiques,
406. — Il ne faut pas confondre ces sortes d'incises — Cantate, Andi/a, — très arrêtées, très fermes dans leurs lignes mélodique et dynamique, avec un grand nombre d'autres, assez stables aussi musicalement, mais qui, au point de vue intensité, sont plus malléables et plus souples : elles s'abandonnent aux diflérents textes et se laissent informer par les accents toniques, en sorte que l'intensité passe d'une note à l'autre, d'un groupe à l'autre, selon les impressions dynamiques des paroles.
Rythme Grég. T. II. - 10