‹ Le nombre musical grégorienChapitre 305 sur 534 · Quelques exemples · texte numérisé non relu

Quelques exemples

Mots-rythraes reliant les temps co

mposés

item

tem

item

it—^

ccD ' <•

Me- mén-

to vér-

bi tû-

sér-

vo

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Temps composés reliant les mots

em

it.

it.

it.

Hz

tû-

0 Dô-

mi-

ne

FiK- 155-

Chantez d'abord ce membre de phrase; pourquoi est-il si coulant, si Ué, si agréable? Parce que tous les mots sont rythmés,

LINCISE.

ENCHAINEMENT DES MOTS

parce que tous chevauchent sur les mesures ou temps composés, et les relient entre elles ; et parce que les mots eux-mêmes sont reliés entre eux à l'intérieur des mesures.

La phrase est ainsi indissoluble, et la voix n'est pas tentée de s'arrêter avant d'être parvenue au bout.

Chantez au contraire la même incise, rythmée à la manière moderne, avec tous les temps forts ou accents au frappé, et vous aurez une phrase décousue, morcelée, incohérente, au moins pour les cinq mesures marquées d'un astérisque :

Mauvais '■

EÈ

le

Me-

to

vér- bi

tii-

ser- vo

tu-

Do- mi-

•zâiÉi

Fig. 156.

Parce que les mots ne sont pas liés les uns aux autres par le rythme, parce que cette phrase est comparable à une chaîne dont les anneaux — ici ce sont les mots-temps — sont juxtaposés au lieu d'être pris l'un dans l'autre par le rythme.

Qui ne sent, en chantant, que cette phrase tombe à chaque mot, et s'en va par morceaux?

425. — Dans l'incise précédente, tous les mots, sauf le premier, commençaient par la syllabe tonique. Voici un nouvel exemple dans lequel le mot jusHHae débute par une syllabe antétonique :

Spé- eu- lum ju- sti- ti- ae

Comment s'opère la liaison de ces deux vocables? Ce petit membre, analysé mot par mot, donne deux rythmes très distincts :

n) Spé- eu- lum : rythme simple ; arsis et thésis.

b) *" ju-sti- ti- ae : rythme composé, deux arsis et une thésis.

Le second de ces rythmes est favorisé d'une syllabe antétonique (ju) qui est comme la pierre d'attente dont la saillie doit se relier, dans la phrase, avec ce qui précède, ut in structura saxorum. Et en effet l'analyse réelle de ce membre révèle deux rythmes simples :

?i r«.. .u r arsis : spé- eu- = 1 temps composé binaire i 2 temps -S P". rythme J ^ -composés

S I sif^Pl^ I thésis : lum ju- = > .^ ^ J binaires

2« rythme i ""'''' ' ^^'^'- = ' ' ' 1 id

^''"P'^ I thésis :ae = > > > I

Le pomt de jojiction de ces rythmes s'opère à l'extrémité des deux mots (lum ju), l'un finissant, l'autre commençant, dans la pénombre thétique du deuxième temps composé qui relie entre elles les deux syllabes lumju.

426. — La mora vocis qui se fait naturellement sentir sur la syllabe finale des mots, placée à la thésis, pourrait être prolongée, doublée même sur la syllabe lum, sans nuire à cette intime union des deux rythmes simples.

Si l'on chantait par exemple :

Spé- cii- lum ju»- sti- ti- ae

Fig. 158.

la thésis lumju de binaire deviendrait ternaire; mais la jonction des mots à l'intérieur des temps composés ne souffrirait aucun dommage.

LINCISE.

ENCHAINEMENT DES MOTS

427. — Voici quelques exemples où tous les mots sont rythmés et enjambent d'une mesure sur l'autre; la liaison des mots et l'unité de la pièce sont parfaites :

Ant.

-■ — "^—^ — - - — —- ■ nw

Qiiod uni. Quod û- ni * ex mi- ni-mis mé- is fe- ci-stis, mi- hi

-Pg % % ^

fe- ci-stis, di- cit Dô-mi-nus.

Cùtnm.

Lux aetérna. Lux ae-tér- na li'i- ce- at é- is Dô-mi- ne : * Ciim

sàn-ctis tû- is in ae-térnum qui- a pi- us es.

Fig. ijç.

Telle est l'importance de l'enjambement des mots dans la mélodie grégorienne. Cependant il ne faut rien exagérer.

B. Enveloppement des mots-temps par le rythme.

428. — En poésie, a dit plus haut M. Plessis, « des fins de mots ne doivent pas en général coïncider avec des fins de pieds ».

De fait, pas plus dans la mélodie que dans les vers, il ne faut « entendre la règle de l'enjambement d'une manière absolue ^ (i). Assez souvent, dans le cours d'une phrase grégorienne, les mots peuvent et doi^'ent être traités viétriquement, comme mots-temps, c'est-à-dire que des fins de mots peuvent coïncider avec la dernière note d'un temps composé, comme ci-dessous le mot Ca?itdte :

Can- ta- te Dô- mi- no

Ftg. 160,

(i) VlkssiS. Métrique, n° 25.

429, — « Dans un vers un peu long, a dit encore M. Plessis, il suffit qu'il n'y ait pas majorité de fins de mots coïncidant avec des fins de pieds ».

Une règle analogue peut-elle être formulée pour le chant grégorien? Nous en doutons: il est certain qu'en pratique le mélange des mots rythmés et des mots non-rythmés donne à la phrase une gracieuse variété. Voici un membre de trois n^ots : deux — Sàticta Déi — sont enfermés chacun dans l'espace d'une mesure binaire, le dernier seul est rythmé; tous les accents toniques correspondent aux touchements de chaque temps composé :

Sàn-cta Dé- i Gé- ni- trix Fig. i6i.

Ce rythme très légitime prouve bien que des règles trop rigoureuses sur la proportion entre l'emploi rythmique Dé- \ us ou victriquc \ Déus \ des mots ne sont pas acceptables.

430. — Comment, dans ce dernier cas, c'est-à-dire sans enjambement, se produit l'enchaînement des mots?

Par le rythme : soit par l'action du rythme, simple ou composé, soit par l'action plus large du grand rythme de la phrase.

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