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ENCHAINEMENT DES MOTS PAR LE RYTHME, SIMPLE OU COMPOSÉ

431 . — Cet enchaînement s'opère, non plus à r intérieur des temps composés, comme dans Spécu- \ lumjus- \ tùiae, mais à P intérieur du rythme lui-même, qui, s'installant sur deux mots — l'arsis sur le premier, la thésis sur le second — établit entre eux une profonde intimité et les réunit dans l'unité d'un même mouvement rythmique :

Kythme simple relÈuit detxx mots

Sân-cta Dé- i Gé- ni- trix Fig. 162.

l'incise. — ENCHAINEMENT DES MOTS. 303

En voici l'analyse :

1- rythme f ^«"<^{« = arsis 1 temps composé binaire ^ ^ ^^^^^^^

simple |z)e7 = thésisfémimne > > > /simples

S'' rythme l^^''^'- = ^"^^ > > y ] .^

P I /r/x = thésis masculine > > z J

432. — Profitons de ce petit rythme simple — Sdncta Déi — pour constater ce que nous avons dit plus haut de l'indépendance de la mélodie dans ses rapports avec le texte.

Cette simple mélodie syllabique, adaptée aux deux mots Sdncta Déi, suffit pour modifier entièrement leur physionomie naturelle, au point de A^ue a) rythmique, b) quantitatif, c) mélodique et même d) intensif.

a) Rythmique. Considéré isolément, chacun de ces mots est un rythme élémentaire, avec ictus rythmique sur la dernière syllabe :

Sdn-cta Dé- t

Fig. /6j.

Or, dans notre membre, ces deux mots se transforment chacun en un seul temps composé binaire, le premier arsique, le second thétique.

b) La quantité, nous voulons dire le poids naturel des syllabes, n'est pas moins modifiée. L'émission normale des mots isolés assigne la longueur ou thésis à la dernière syllabe; or, ici, la thésis de ces mêmes mots disparaît dans le mouvement de la phrase; et même, la syllabe cta, bien loin d'être thésis, se trouve entraînée dans l'élan du temps arsique formé par le mot entier Sdncta. La syllabe i de Déi se trouve, elle, englobée dans le temps thétique Déi, sans porter toutefois le touchement thétique qui affecte uniquement la syllabe Dé.

Mais ces syllabes cta, i, ne conservent-elles pas néanmoins un léger ictus, une légère thésis rythmique? Non, elles sont entièrement dépouillées du caractère propre à

l'ictus OU touchement rythmique, qui toujours est placé au début d'un temps composé. Elles avaient ce caractère dans leur rythme naturel de mot isolé : ici elles l'ont perdu.

c) La physionomie mélodique de ces deux mots est aussi complètement changée. L'accent de Sâncta a perdu son acuité : les deux syllabes se chantent à l'unisson. Le mot Déi est encore plus modifié: il est l'objet d'une interversion mélodique, son accent aigu .étant chanté sur une note plus grave que la syllabe iinale.

d) Enfin Vintensité naturelle de Déi est légèrement affaiblie par sa place à la thésis, et par la dépression mélodique de Taccent aigu.

433. — C'est ainsi que, malgré toutes ces modifications, ou plutôt grâce à elles, les deux mots Sâncta Déi se trouvent intimement unis dans Punité d'un même mouvement xs^^wÀo^wt, composé d'une arsis et d'une thésis binaires ; ils sont enveloppés dans un même rythme, et comme fondus dans une même unité.

434. — Un rythme composé produirait les mêmes résultats; on l'a déjà constaté dans l'incise : >

Can- ta- te D6- nxi- no Fig. 164.

Inutile d'insister.

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