Ces nouvelles caden- k
ces sont apparentées aux pré- ~ ■
cédentes; mais au lieu d'être
suspensives, elles sont définitives, Ç . ■ ■ 1
grâce à l'adjonction de deux ~ I
notes (cadences redondantes).
Fig. 32^.
524. — Le tableau distingue trois iovx\\Q'& générales fondamentales :
je pornie^ pcntésyllabiqne. — C'est de beaucoup la forme la §.
plus ordinaire; elle s'adapte aux cadences spondaïques re- 1. J6- nae pro- phé- tae
dondantes : l^^g- 226.
Elle devient Jiéxasyllabtque si -
elle s'applique à une finale 7. vé- nam a- pé- ri- ul
daetyliq^lc : , Fig. 22/.
et tétrasyllabiqne si la finale
est un monosyllabe ou un mot 7-; ; : —
•^ i!2.cogno- sce- ret me
hébreu (cadence simple) : 31. "co- mé- dit me
Fig. 22S.
^f Forme, îétrasyll'abiqîie, — ■ Zj
par synérèse en podatns des
65 du tableau : ciamân- tes dd
Fig. 230,
?- Forme, trisyllctbiqice. — . 5-4^3 s
, , , 56. vir- tus Cliri- sti
notes la, ni :
Comme la précédente, cette '-^" ^~^' forme redondante s'allonge avec un dactyle et devient simple avec un monosyllabe, g « ^
On trouve cependant, texte '- —
Elle résulte d'une synérèse en torcidns des notes la, ut, si, '^ :;^^ '^ ^
et suit aussi les modifications 68. in Gi- lion,
imposées par le texte : Fig. sji.
Ces généralités nous préparent à l'étude du rythme. Reprenons chaque forme, l'une après l'autre.
525. — Première Forme. — Cinq syllabes. — Pour la facilité, les cadence sont été groupées en trois séries, d'après l'ordre des accents toniques :
Série A. — Accents toniques sur les s^-llabes 5 et 2 (Cad. 1 à 25);
» B. — ). „ 4 et 2 ( » 20 à 39);
(Accent tonique sur la syllabe 2 1 » C. — -^ . ^ A • . r ( « -10 à 55).
[Accent secondaire » ^ )
526. — Série A. — Les cadences 1 à 25 portent l'accent sur les syllabes 5 et 2. Avec cette accentuation le rythme suivant s'impose :
Jô- nae pro- phé- tae SNinl- li- ter ma- la
La concordance est parfaite entre paroles et mélodie ; elle donne à supposer que ce type verbal A a servi de modèle à la musique. La suite confirmera cette conjecture.
Il importe de remarquer la virga / du neume, colonne 5 ; elle est presque toujours surmontée d'un épisèrae rythmique. 'Lq punclutn qui la remplace quelquefois porte également cet épisème rythmique. Nous disons rythmique à dessein, parce que ces adjonctions ne sont pas seulement ici le signe d'un léger allongement, elles indiquent en outre la place de l'ictus rythmique, comme les synérèses nous le montreront bientôt.
527. — Série B. — Dans ces quatorze cadences — 26 à 39 — l'accent tonique de la colonne 5 se déplace et glisse dans la colonne 4 :
res- pé- xit Dé- us
l'incise. — LES INCISES SYLLABIQUES. 365
Ce changement ne modifie pas le rythme de cette cadence : la virga et \t punctnui de la col. 5 sont toujours munis de l'épisème rythmique. Si le copiste l'oublie parfois, ses distractions ne sont pas plus nombreuses que dans la série A.
Si l'on doutait de cette interprétation, les formes 2 et 3 de cette même cadence sont de nature à dissiper toute hésitation.
528. — Série C. — Cadences 40 à 5.j. — Ici, l'accent tonique de la colonne 4 se transforme en accent secondaire, conformément aux lois de la psalmodie :
a) ace. secondaire réel du mot : dif/siônem, cad. 43.
b) fin de mots dactyliques : longitûdi//^'//-; diérum, » 51.
c) mot inaccentué qui devient accentué par suite de sa position
dans la mélodie : in aetérnum, » 54.
La présence de l'épisème rythmique sur la virga (col. 5), huit fois sur seize, indique bien que le rythme préétabli demeure (i).
(i) La cadence 45, filia Si'on, demande une explication spéciale. On reniarciuera que la version vaticane ne correspond pas à la notation neumatique de Hartker. Les variantes des manuscrits sont assez nombreuses, mais la version choisie est loin d'être la plus ordinaire. Il est cependant facile de trouver dans les manuscrits sur lignes la transcription certaine de Hartker; on la trouve même en Italie :
7 ri ■•
Fi- li- a Si- on.
Quelquefois la clivis est réduite à un seul la
ou même à un sol
c'est alors la forme redondante ordinaire de la cadence que nous étudions.
529. — Deuxième Forme. — Le texte n'a plus que quatre syllabes fondamentales pour la même cadence musicale. Onze cadences (56 à 66).
Le compositeur en maintient néanmoins le rythme au moyen d'une synérèse des notes 5 et 4, qu'il réunit ^n podatns :
Jô- nae
Pro-phé-
tae
vir-
tus Chri-
sti
A ce dernier groupe correspondent des accents, toniques ou secondaires, voire des finales de mots spondaïques {plcbem, cad. 64) et même des pénultièmes faibles {Angcbmi, cad. 66). Malgré la valeur différente de ces syllabes, iQpod'ûtas carré, long, appuyé, v^. demeure, attestant par sa présence la stabilité du rythme musical.
Ainsi se trouve confirmé le rythme attribué plus haut aux 55 cadences de la première forme.
Ce n'e.st pas tout.
530. — Troisième Forme. — Le compositeur n'a plus à sa disposition que tfots syllabes. Il n'importe ; pour conserver mélodie et rythme, il a de nouveau recours au procédé de la synérèse ; mais, cette fois, il est obligé d'enclaver dans un même groupe, un torcnliis, jusqu'à trois notes, celles qui, dans les cadences précédentes, formaient un temps composé ternaire :
vc- ri- ta- tis
Les cas sont rares, deux cadences seulement, 67 et 68; mais ils suffisent pour prouver la ferme résolution des compositeurs de ne pas entamer le rythme de cette clausule.
l'incise. — LES INCISES SYLLABIQUES.
531. — Avant de laisser cette cadence, il faut, dans un même tableau réduit, réunir les différentes formes musicales avec leurs différentes accentuations. Aucun argument ne sera plus éloquent et plus probant :
l'e FOR-ME.
5 syllabes.
2« Forme.
4 syllabes.
3^ Forme.
3 syllabes.
/. I. Jô- nae pro-
re- spé- xit
di-
> 64. plé- » 66. An-
virclabein ge- 5-1-3 =^
tus riperlum
25 fois.
phé- tae.
14 fois.
Dé- us.
c- ne m.
Chrt- sti.
ta- te.
fé- ctam.
Dô- mi- ni.
ta- tis.
I ï fois.
II fois.
2 fois.
Que les musiciens modernes ne s'effraient pas en face de ces « nouveautés », si antiques pourtant! Qu'ils s'essaient ci les chanter, que souvent ils les répètent, et bientôt ils en découvriront et en goûteront toute la beauté. A mesure que se développe et s'affme le sens grégorien, ces rythmes, à la fois stables de forme et ftiobi/vs d'intensité, se révèlent à l'intelligence et à l'oreille; et ceux-là mêmes qui, de prime abord, les méprisaient, finissent par les apprécier à l'égal des plus belles œuvres poétiques ou oratoires de Tantiquité.
Quatrième exemple.
Intonation d'antiennes du VII«= mode.
Type Cnntate Domino.
532. — Après une cadence, voici une intonation musicale non moins instructive. Nous l'avons déjà rencontrée souvent. Elle s'étend de quatre à sept syllabes, et comprend, dans le tableau ci-dessous, neuf séries (A à I), réglées d'après le nombre des syllabes et la forme spondaïque ou dactylique des cadences. Un regard sur le tableau permettra de se rendre compte immédiatement de toute l'ordonnance.
Tableau K.
SÉRIE A. 4 syllabes il Cad. spondaïque.
SÉRIE B. 5 étvUabes E Cad. dactylique.
SÉRIE C. 5 syllabes g- Cad. spondaïque. —
Ma-
[Lù- Mul-
Stél- la Di- ves
Di- xit Quid me Mi- sit Vi- vit Au- xit
ne no- /f / ci- a
ti- pli-
Dô- miquaé-ri- Dô- mi- Dô- mi- Dô- mi-
spi- ri-
bis-
J vir-
câ-
sta le
tis
tus
sti
{i} Les antiennes marquées d'une astérisque sont tirées du Responsorial romain.
l'incise.
LES INXISES SVLLABIQUES.
Si RIE D. 6 syllabes il Cad. dactylique
SÉRIE E. 6 syllabes - Cad. spondaique.-
SÉRIE F. 7 syllabes r Cad. dactylique.
SÉHiE G. 7 syllabes f^
Cad.spoiidaïque.
SÉRIE H. S syllabes T Cad. spondaïque.
SÉRIE I. Variations |^ du même type.
Can-:
De
Ec-
Non
Qui
Ser-
Lau-
In
Sâncti
Si man- Di-xé- O- cu-
Su- sci-
dt-n-tes
La- pi- Prae ti-
Qui per-
tâ- te
caé-lo ce a- 16- tis mé divî- te dâ- te 16- co
Dé- i
se- nrunt dilis ac ta- vit
stél- lam
Dû- mivé- niscéndimâ- nignâ- tus.
Dû- mi- Dô- mipâ- scu-
tis in sci- puma- ni- D5- mi-
Ma-
il o
et
mus
bus
no *
num
ae
me
bus
nus'
des torren- tes mô-re au- tem
seque-bân- tur
jù-
stum
DLxit pa-
ter fa-
mi- li-
as .
In caelé-
sti- bus
ré-
gnis
F^l-. .-jS.
Le rythme adopté pour toutes les cadences est uniforme : il sera facile de le justifier.