LÉGERS RENVERSEMENTS MÉLODIQUES
635. — Les renversements mélodiques ne sont pas toujours aussi hardis. Très souvent la cantilène semble jouer avec les paroles ; elle en suit la forme naturelle ou la quitte tour à tour avec un art exquis et des ménagements merveilleux. Parfois, en effet, les renversements mélodiques se font comme à la dérobée, et au moyen d'intervalles très restreints, seconde ou tierce.
636. — Pratiquement, il est mieux, dans ces sortes de cas, de négliger la règle générale : « r intensité suit le dessin mélodique » , pour s'en tenir à l'intensité naturelle des mots.
Il ne faut pas abuser de cette loi si précieuse en l'employant à tout propos : son caractère est plutôt phraséologiqzie ; elle trouve son emploi surtout dans les larges mouvements mélodiques ou rythmiques, ou même dans les membres et les incises les plus importants; mais vouloir s'en servir dans les plus petits détail'^ ascendants ou descendants de la mélodie serait aller droit à l'erreur.