‹ Le nombre musical grégorienChapitre 37 sur 534 · ARTICLE 3. — TERMINOLOGIE DU MOUVEMENT VOCAL · texte numérisé non relu

ARTICLE 3. — TERMINOLOGIE DU MOUVEMENT VOCAL

169. — Ce n'est donc pas une pure métaphore que de parler du mouvement du rythme, du mouvement de la phrase soit musicale, soit parlée. Ce n'est pas un mot figuré, symbolisé par le mouvement vocal ; ce mouvement, bien qu'impondérable, est cependant réel.

Toutefois comme le mouvement local, par ce fait qu'il est matériel et s'adresse à la vue, est plus saisissable et partant plus facile à décrire, il est naturel de le prendre pour exemple, si l'on veut expliquer le mouvement vocal.

Or, c'est précisément ce qu'ont fait les Grecs. L'emploi souvent simultané des trois arts du mouvement — poésie, musique, danse — les conduisit à ne faire usage que d'une seule terminologie rythmique. Ils empruntèrent au mouvement rythmique local de la danse deux expressions claires, lumineuses, qu'ils appliquèrent au mouvement rythmique sonore, vocal ou instrumental.

170. — Dans la danse, ils appelaient elevatio (arsis), le mouvement ascensionnel, l'élan du corps, et positio, depositio (thésis), la déposition, le repos du corps au point terminus de son mouvement.

En conséquence, dans la musique (vocale ou instrumentale) et dans la poésie, ils appelaient arsis, élévation, élan, les sons et les syllabes qui concordaient avec l'élan du corps, et thésis, déposition, repos, les sons et les syllabes qui se chantaient au moment même où les danseurs touchaient le sol, soit pour prendre un simple appui et s'élever de nouveau, soit pour achever leur marche par un repos définitif. C'est du mouvement des danseurs que nous sont venus les termes d^ arsis et de thésis. On appelle arsis le commencement, thésis la fin d'un mouvement orchestique.

Lorsque la poésie et la musique se produisaient sans la danse, les termes di arsis et de thésis n'étaient nullement modifiés ; mais là même, ils correspondaient encore à des mouvements corporels d'élévation et d'abaissement, faits par le choryphée, le maître de chœur qui, avec le pied ou la main, indiquait les ondulations rythmiques.

171. — Nous nous trouvons là à l'origine, à la création de ces deux expressions dont la fortune a été considérable. Nous devons

Rythme Grég. — 7

y rester, sans nous embarrasser des acceptions contradictoires qui, par la suite, leur furent attribuées. 11 faut surtout, pour conserver fidèlement leur sens primitif, les dégager de toute idée de force ou de faiblesse. Elles signifient seulement : arsis, élévation ; thésis, abaissement, rien de plus.

172. — C'est ce qui a permis de les appliquer plus tard à la mélodie avec une grande exactitude de langage. Uarsis mélodique est une élévation de la voix dans l'échelle des sons; la thésis, un abaissement. Et, là aussi, l'idée de force ou de faiblesse du son est complètement absente.

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