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ARTICLE 2. ~ DEUX SYLLABES ISOLEES ENTRE DEUX GROUPES

718. — Ici encore nous pouvons formuler une règle unique : RÈGLE. — Deux notes isolées entre deux groupes ou deux temps composés, binaires ou ternaires, forment ordinairement à elles deux un groupe binaire^ quelle que soit la qualité de ces syllabes. L'ictus se place donc sur la première de ces deux syllabes.

A. Exemple tiré d'une intonation du P' mode.

4nf.

" ni

Eu-ge

sér-

ve

bo-

ne

Vé-

ni e-

lé-

cta

ni é-

» Ecce

véni-

et de-

sf-

de-

rà-

tus

He-rô-

des

râ-

tus

Cla-

ri- fi-

ca

me

Pâ-

ter

Na-ti-

tas

tù-

Ad-mô-

ni-

ti

Mà-

.Çi

it

lâ- tro

ad

la-

trô-

nem

etc.

fi'tS^. 401.

719. — Voici un premier exemple dans lequel nous trouvons l'application nécessaire de notre règle. Il suffit d'être musicien pour être entraîné à rythmer d'une même manière les deux syllabes marquées d'une croix, en dépit des valeurs intensives différentes de ces syllabes à chaque ligne. L'ictus rythmique se place donc : lignes 1-2, sur une syllabe accentuée : .s/rve, e/rt:ta;

■n ,3, sur un accent secondaire : dej-/derâtus ;

4-5, sur une linale de mots : W^xàdes, clarîlim me ; 6-7, sur une pénultième faible : Natîz/ztas, admô«/ti ; 8, sur une syllabe atone : ad.

11 est vrai de dire qu'on .se trouve ici en face d'un type mélodique qui, avec les textes ci-dessus, est invariable; mais il en sera de même dans tous les exemples suivants.

720. — Le texte d'ailleurs perd peu de chose à cet arrangement : il reprend ses avantages en maintenant V intensité naturelle de

ses syllabes. La même chironomie, c'est-à-dire la même distribution des groupes en arsis et en thésis, peut, si l'on veut, être employée dans toutes ces incises; seule r/«/^«^7V<? sera légèrement modifiée, en accord avec la valeur intensive de chaque syllabe ; c'est ainsi que cette mélodie, toujours la même, recevra, de ce fait, une variété, une souplesse vraiment artistique.

Pour bien nous faire comprendre, il suflira de donner les deux incises les plus dissemblables avec leur intensité respective :

A =zzz=— -izzîzza:

1) Eu- ge, sér- ve bô- ne

7) Admo- ni- ti Ma- gi

Fig. 402.

721. — N'y aurait-il pas moyen de marquer dans le geste chironomique lui-même la diftérence d'intensité qui existe entre ces incises?

Oui, nous le croyons, et plus la chironomie retracera avec exactitude le caractère rythmique intime de chaque temps composé, son rôle arsique ou thétique, fort ou faible, plus elle sera parfaite, plus, surtout, elle sera apte à indiquer aux exécutants les nuances les plus délicates des mélodies :

Voici un essai :

7) Adϙ- ni- ti Ma- gi

722. — On voudra bien remarquer que la seule différence entre ces deux incises, au point de vue du mouvement chironomique, se trouve sur la troisième et la quatrième syllabes.

En A, le mot serve forme la première arsis d'un rythme composé de deux arsis et d'une thésis :

sér- ve bô- ne Fig. 404.

En B, les syllabes niti, chantées sur la même mélodie, sont indiquées par une simple ondulation (thétique) qui fait suite au rythme simple :

Adixîo- ni- ti Ma- gi

Fig. 405.

11?>. — Cette variante chironomique se justifie facilement, par le seul examen du texte :

A. — Eîige, serve bône.

Une légère distinction — mora vocis — se fait naturellement sentir après le mot Euge, et des éditions excellentes la marquent par une virgule : le premier mot est fini; le premier rvlhme musical l'est aussi.

Ensuite, reprise du texte : séi-ve bône; ces deux mots sont intimement unis entre eux, dès lors ils ne forment qu'un rythme composé : deux arsis et une thésis. Les trois accents toniques de cette petite incise iront crescendo, en trois degrés, comme nous l'avons marqué au dessus de la portée, fig. 402.

B. — Adniôniti Mdgi.

Même mélodie, même groupement vtétriqne des notes, mais groupement rytJuniqîie différent des syllabes : Deux mots au lieu de trois, et différence de construction.

Après la 2^ syllabe (admô) le mot n'est pas tini, il continue; la 3e syllabe, forte en A (sér-), est, ici, aussi faible que possible (ni-); de plus le second accent tonique ne se présente que sur la 5^ syllabe.

724. — Il est facile d'indiquer, dans l'exécution rythmique et chironomique, cette nuance délicate delà deuxième incise. Il suffit

1° d'englober dans: un même rythme composé tout le mot admôniti : arsis légère, thésis forte et ondulation thétique légère aussi;

et 2° de donner au mot Mag-i un rythme simple.

L'intensité n'aura que deux étapes croissantes.

Et ainsi sera marquée la variante délicate qui existe entre ces deux incises.

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