ARTICLE 3. - TROIS SYLLABES ISOLÉES ENTRE DEUX GROUPES
729. — Le problème rythmique devient un peu plus compliqué avec trois syllabes entre deux groupes ; cependant il est aisé de le résoudre dans presque tous les cas.
Où doit-on placer les ictus rythmiques dans les incises de cette sorte?
Voici deux exemples :
Ant. Qui verbum Dei.
> Inclinâvit se.
fs
côr-de
per-
fé-cto
ôp- ti- mo
si
quis
si- ne
pec-
cà- to est
Fig. 472.
730. — Il faut d'abord éliminer la troisième note; les deux premières seulement peuvent recevoir un appui rythmique : la troisième, en effet, précède immédiatement un groupe dont la première note porte un ictus, et deux ictus ne peuvent se suivre.
Sur laquelle des deux autres se placera l'appui?
731. — RÈGLE. — Autant que possible, et à moins d'indications précises contraires dans la mélodie, l'appui se place sur la note qui correspond à la finale du mot.
Telle est la règle générale qui préside à l'ordonnance du rythme dans ce cas particulier. On sait, par tout ce qui précède, que les appuis r3'thmiques ^•ont, de préférence et tîomme naturellement, se placer sur la finale du mot.
Distinguons les cas où la finale tombe sur la première, la deuxième ou la troisième des notes isolées^.
§ 1. — Finale de mot sur la deuxième note.
732. — Les deux antiennes citées plus haut appartiennent à cette catégorie, en voici quelques autres :
A Ht. Beâta es.
> Medidnam.
)î> Iste est Johânnes.
» Amen dico vobis.
> Ecce in nùbibus.
Be- â- ta es
Vfr-
go Ma-
ri-
Me- di-
nam car-
nâ-
lem
re- ve- lâ-
ta
sunt se-
cré-
ta
ac-cép-
tus
est in
pâ-
tri- a sii- a
nus vé-
ni-
et
Fig. 413.
Pour tous ceux qui ont compris et accepté notre enseignement, aucune hésitation n'est possible dans toutes ces incises; aussi il n'y a pas lieu d'insister.
§ 2. — Finale de mot sur la ppemière note.
Ant. Inclinâvit Dfius.
» Magnus Dnus.
Domine.
» Medicînain.
Pi
In-cli- nâ
- ■ vit
Dô- mi-
nu5
Ma
- ignus
Dô- mi-
pi
Dô- m
- : ne
bô- nu m
est nos
hic \
és-se
qui sô
- ; lo
ser-mô-
ne
Fio^. 414.
783. — Dans les trois premiers exemples, deux syllabes entrent, pour ainsi dire, en conflit : une finale de mots (note 1 ) et une syllabe accentuée de dactyle (note 2), toutes les deux susceptibles de porter un appui rythmique. Il faut choisir, il faut peser ces syllabes : la plus lourde devra recevoir l'appui. Or la plus lourde est bien certainement, selon nous, la finale : le mouvement du mot, le mouvement oratoire, la récitation l'emportent ici sur tout le reste ; rien n'arrêtera, après cet appui, l'envolée de l'accent (2e syllabe), même avec une intensité plus forte, si la montée mélodique le demande comme dans Inclinâvit Dôuiinus et Mdgnus Dôminus.
Bien entendu, il n'y aurait aucune faute à préférer, pour l'appui rythmique, la syllabe accentuée du dactyle, et nous ne voulons pas imposer notre interprétation. Le choix reste libre. Mais ici la lourdeur de la finale, qui s'accommoderait d'ailleurs volontiers d'un très léger retard, nous paraît l'emporter sur tout le reste.
734. — L'incise qui solo sermône ne présente plus ce conflit, et le rythme indiqué s'impose de lui-même.
Exceptions a la règle de l'ictus sur la fin.\le du mot.
735. — Ces exceptions proviennent de la mélodie qui fait Vcdoir ses droits et les applique.
736. — Premier exemple. — Au premier article de ce même chapitre x, nous avons étudié la cadence suivante du premier mode :
in pâ- tri- a su- a
di-é- i et aé- stus
ad- jù- tor raé- us etc.
Fig. 415.
Nous la retrouvons ici, non plus avec une seule note entre deux groupes, mais avec trois notes entre deux groupes, et les finales des mots correspondant tantôt à la première note, tantôt à la deuxième.
Finale de mot sur la deuxième note.
Ant. Libéra me Due.
» Inclinâvit Dns.
> Convértere Dne.
'i Isti sunl duae.
tTU
mâ-
nus
pû-gnet
côn-
tra
me.
pi
■• Il
mi-
nus
âu-
rem
sû-
am
mi-
hi.
és-
to
sû-
per
sér-
vos
tû-
os.
■PTb"'*!
pi
. -• Il