‹ Le nombre musical grégorienChapitre 395 sur 534 · fm · texte numérisé non relu

fm

Dô-

mi-

ne

qui'n-que

la-

lén- ta

Pourquoi ? Parce que la mélodie avec synérèse se chante comme il suit, et que la discipline mélodique et r\iJîmique demande l'appui sur le sz\> dans toutes les incises :

A»t. Joânnes.

ï> Dabit ei.

> Ecce véniel.

» Tradélur.

s )> Antequam.

:» Domine.

vo- cà- bi- tur Dô- mi- nus

de- si- de- râ- tus

gén- ti- bus H

conve-ni- rent in-

Dô- rai- ne

no- ni en

rr r

se- dem

cûn-ctis

Tf - /

ad il-lu-

vén-ta est Ma-

quin-que taetc.

e- jus bâ- vid

eén-ti- bus

dén-dum

ri- a

/* rr

lén- ta

Fig. 420.

740. — 11 faut reconnaître pourtant, et les exemples donnés le montrent clairement, que cette incise n'a pas la rigidité de la cadence précédente, elle est bien plus variée. A la faveur de cette souplesse de la mélodie, on pourrait, si on le préférait, suivre dans l'antienne Domine la règle habituelle de la finale du mot, et rythmer le mot quînque, en plaçant l'ictus sur le la.

§ 3. — Finale de mot sur la troisième note.

741 . — On a dit plus haut que la troisième note ne pouvait supporter un ictus rythmique; alors, lorsque c'est sur elle que tombe la finale du mot, laquelle des deux premières portera l'appui?

742. — Le recours aux accents toniques s'impose alors. Deux cas peuvent se présenter, suivant que les trois notes isolées sont adaptées : à un mot dactylique : ut \ JÂCERENT | in eum.

ou à un mot spondaïque : ad me \ CUIl4re ( viilnera mea.

1" cas. Mot dactylique.

743. — Nous n'oserions pas, pour cette circonstance, formuler une règle générale ; car tous les cas sont loin de se ressembler mélodiquement. Il faut ici une grande largeur, une grande prudence, et surtout beaucoup de sens artistique : une décision ne saurait être prise qu'après un examen attentif de chaque mélodie.

Pratiquement, l'ictus rythmique peut s'appuyer parfois sur la syllabe accentuée, d'autres fois sur la syllabe pénultième faible. On ne voit vraiment pas pourquoi une syllabe de cette qualité ne saurait porter, dans certaines conditions, une note ictique faible, fugitive, alors qu'à chaque ligne de nos cantilènes, elle supporte allègrement des groupes de 3, 4, 6 notes et davantage!

lo Ictus sur la première syllabe, accentuée, du dactyle.

744. — C'est peut-être le r3rthme le plus naturel. On se rappelle que le dactyle isolé forme un rythme simple (cf. ch. vi, nos 323, 366), c'est-à-dire qu'il comporte naturellement deux ictus : l'un, arsique, sur l'accent, et l'autre, thétique, sur la finale :

Dô- mi- nus.

L'impossibilité, créée par le groupement neumatique, de poser un appui sur la finale n'empêche pas de conserver celui de l'accent. Ainsi, le mot dactylique, devenant temps composé, garde l'essentiel de sa physionomie normale, et l'accent tonique son élan connaturel :

Ant. Tulérunt.

y> Principes.

lr O crux.

)t Domine Re\'.

Ut

tu-tnùl- tus

dùl- ces clâ-vos

» Ffliae Jérusalem.

» Dixit Dôminus.

» Ave Maria.

Di- xit

A-ve Ma- ri- a

jâ- ce- rent

fi- e- ret

dûl- ci- a

Dô-mi- ne

Fi- li- ae

Dô- mi- nus

grâ- ti- a

m e- ura

in pô- pu- lo.

fé- rens pôn-de-ra

Rex omni- po- tens

Je- rû- sa- lem

pa- ra- ly- ti- co : f

plé- na

; D6- mi- nus

té- cum

be- ne- ■. die- ta tu

Ftg. 421.

745. — C'est surtout lorsque la marche mélodique correspond à îine descente très marquée sur la syllabe accentuée du dactyle que nous serions disposé volontiers à placer l'appui rythmique sur cette dernière.

C'est le cas des trois premiers exemples du tableau précédent. Cette chute de la mélodie appelle, ce nous semble, un appui sur la syllabe marquée d'une croix.

Quant au no 7 du tableau, Ave Maria, la similitude mélodique des. trois incises entraîne une similitude rythmique.

746. — Bien que dans ce chapitre x nous laissions volontairement de côté la question du grand rythme pour ne nous occuper que de la place des ictus, on nous permettra d'ouvrir ici encore une parenthèse, suggérée par les trois premières incises du tableau. Grâce à la chute sensible de la mélodie, ces dactyles prennent, dans l'ensemble du grand rj^thme, le caractère d'une thésis.

Au contraire, dans les deux incises suivantes, Ant. Démine Rex et Filiae Jérusalem, le même motif mélodique ascendant, ut ré fa, doit être traité plutôt en arsis : ce motif est ici au début d'une antienne ; cette place même lui donne une tout autre physionomie, et entraîne un élan rythmique très déterminé.

Sans doute, la similitude mélodique réclame très souvent un même traitement rythmique, mais non toujours. Dans les cas concrets ci-dessus, la similitude rythmique va jusqu'au groupement ternaire des trois notes 7it ré fa, pas plus loin; car ce temps ternaire prend une couleur bien différente si, dans les trois premiers exemples, on le traite en thésis et, dans les deux suivants, en arsis,

747. — Il y a un autre avantage à traiter ces groupes en thésis dans les exemples cités : c'est que la liaison entre les deux incises est bien plus profonde.

C'est un principe de rythmique que deux thésis de suite :

5op

réunissent plus étroitement les temps composés qu'elles informent, qu'une thésis finissant un rvthme, et une arsis en commençant un autre :

lef ryth. 2^ ryth.

Pourquoi? parce que ces deiix thésis successives appartientient au même rythme.

748. — En effet, une liaison intime doit exister non seulement entre les groupes appartenant à une même incise, mais entre les incises elles-mêmes; cette union des incises entre elles est requise pour l'obtention du grand rythme; elle en est même une des conditions, et l'une de ses beautés.

Comment l'obtenir? Il y a bien des moyens, tous les ordres peuvent y concourir ; mais, pour ne parler ici que de l'ordre rythmique, on peut dire que cette union s'obtient surtout par la soudure rythmique, qu'on nous passe cette expression, c'est-à-dire par l'union dans un même rythme d'une incise finissante et d'une incise commençante, pourvu que la mélodie se prête à cette disposition.

749. — Voici la phrase entière de la petite incise citée plus haut, antienne O crux splendidior :

mùndi : dûl-ce !i-gnum dùl-ces clà-vos dùl-ci- a fé- rens pô.vde-ra

un rythme un rylhme

Fig. 422

Point n'est besoin d'être grand artiste pour reconnaître que la liaison des incises b) et c) est plus intime a^'ec le rythme ci-dessus dessiné qu'avec le rythme suivant :

ciâ- vos

I" ryth.. simple

- ci- a fé- re!«s

2* rytli. . composé

Fig- 4^3

L'affaissement subit et profond de la mélodie au début de l'incise c) invite non seulement à une dépression rythmique correspondante, mais encore à un affaiblissement très marqué de l'accent tonique du mot diUcia. Ainsi le flot rythmique continue son ondulation sans reprise, sans secousse, en unissant intimement les deux incises.

750. — Nous sommes très heureux d'avoir l'occasion d'exposer ces délicatesses rythmiques. Tout le monde ne les comprendra pas; peu importe; le vrai artiste, le vrai musicien les appréciera, les sentira, cela sutTit. Il s'efforcera de les enseigner à son chœur par une chironomie intelligente, expressive; et, peu à peu, ces fines nuances pénétreront l'âme des masses elles-mêmes, qui goûteront l'inimitable beauté des chants grégoriens.

B. Ictus sur la deuxièxme syllabe, faible, non accentuée.

751. — Si, dans le cas qui nous occupe, la forme dactylique du mot appelle plutôt l'appui sur la syllabe accentuée, rien pourtant ne défend, comme nous le remarquions ci-dessus, de le placer parfois sur la pénultième faible.

C'est surtout lorsque la syllabe tonique du dactyle est chantée sur une note plus élevée que le groîipe précédent, ou bien dans le cas d'un type mélodique, que nous conseillerions volontiers ce rythme :

Ant.

Vere languôres.

Ant.

Sanctificâvi.

pu-

per-mâ- ne- ant

^ — HtA

ta- VI- mus

ô- eu- li

et cor me-

Fig. 434.

e- utn

ifvz^

i- bi

La note élevée se trouve alors au troisième temps d'un temps composé ternaire, ce qui permet d'enlever vivement l'accent tonique : ex, putdvimus.

752. — Pour la seconde incise, ôadi, le rythme adopté — ictus sur la pénultième faible, — est confirmé par le contexte musical de cette même antienne : l'incise et cor meum renferme le même mouvement mélodique sur meum : cette similitude mélodique entraîne souvent la similitude rythmique.

753. — Il faut ajouter que, même avec l'élévation de l'accent, il y a bien des cas où l'ictus peut demeurer sur la première syllabe du dact}'le ; nous en avons donné des exemples plus haut, dans le tableau de la page 498. Parfois, il y a place à deux interprétations, et chacune d'elles peut s'appuyer sur d'excellentes raisons. Il faut se garder alors d'imposer l'une plutôt que l'autre, et laisser toute liberté; l'appréciation est laissée au goût du chef de chœur. Dans nos livres de chœur, nous avons bien été obligés de faire un choix ; on peut s'y tenir.

2^ cas. Mot spondaïque.

754. — On sait (ch. vu, n'^ 411) que, dans l'art grégorien, la syllabe du mot latin la plus apte à recevoir un développement musical, et par là-même la plus importante, c'est tout d'abord la finale, et ensuite celle qui porte l'accent.

Pour une raison analogue, lorsque dans le chant syllabique l'appui rythmique ne peut être placé sur la finale, il est préférable de le mettre sur l'accent, aussi bien dans le spondée que dans le dactyle. L'accent retrouve ainsi en quelque sorte, bien que d'une autre façon, son élan naturel; s'il n'est plus, comme dans le rythme normal du spondée isolé, au levé du rythme élémentaire^ il transforme par son propre élan l'ictus en ictus arsique, et se trouve ainsi à l'arsis du rythme composé.

On peut donc établir comme règle que, dans le cas présent, l'accent tonique et l'ictus coïncident ordinairement.

Voici quelques exemples :

Ant.

Quis es tu.

qui ve-

ni-sti ad me

cu-

râ-

re

vùlne-ra mé- a

Anf.

SecÛHdum magnam

se-

Clin

dum

mâ-gnam

Ant.

Venérunt.

Ve-

né-

runt

ad mo-numéntum ■ ■ 1

htt

Dum médium.

et nox

sû-

ciir- su

Corn.

Comédite.

ri-

Dô-

mi- ni est,

Fig. 425

no-

te

contri- stâ- ri

§ 4. — Absence de finale de mot sur les trois syllabes isolées.

755. — Si aucune des trois syllabes isolées n'est finale de mot, l'ictus se place ordinairement sur la deuxième, surtout lorsque cette deuxième note correspond

à l'accent d'un mot dactylique (rythme naturel du mot) :

Ant.

Convértere.

Ant.

Hôdie compléti sunt.

Ant.

Ex utero.

rk

Con- vér-

te-

qui

cre- di-

de-

rit

Ex ù-

te-

; ro

Fig. 426.

OU à l'accent secondaire d'un long mot, équivalent d'accent tonique :

Ant.

Obsecro Dne.

Cum accepi'sset.

fi 1

au- fer

qui-

ta- tem

consummâ-tum est

: et

in

nà- to câ- pi- te

etc.

Fig. 427.

756. — Toutes, ou presque toutes les dispositions possibles de ces trois syllabes isolées rentrent dans l'une ou l'autre de celles que nous venons d'étudier.

757. — On pourrait résumer toutes les règles données dans cet article 3 en quelques mots :

Dans le cas de trois syllabes isolées entre deux groupes, l'ictus se place, sauf exceptions motivées, sur la finale du mot, ou, à son défaut, sur lu syllabe accejituée.

758. — Exceptions en faveur d'un type mélodique. — Il n'y a plus qu'un mot à ajouter pour rappeler qu'un type mélodique a toujours le droit de modifier les règles qui viennent d'être établies, et de fixer la marche rythmique de la mélodie à sa guise ; c'est une sécurité pour le rythmicien.

Et ici revient notre type mélodique si connu, avec de nouvelles dispositions d'accents qui n'ont aucune influence sur le rythme :

A7it. Egrediétur.

)) Secùndum.

» D6mine, bonum est.

)) Lâzarus.

!(> Ductus est Jésus.

ca- ro dé- le in-

saet ex-

lu- taqui-tâ- E- liai- té-

re Dé- i tem mé- am ae ù- num musé- um

po- ste- a etc.

Fig. 428.

su- ri- it

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