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9) » Laudate Deuiu. Tj
cae- 16- rum,
et
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10) » Levâbit.
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11) J> Omnes qui.
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et
sa- na-
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12) » A porta inferi. ^
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Dô- mi- ne
ni- mam
mé-
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13) » Cuni facis.
quid fâ- ci- at
déx-
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H) » In patiéntia.
pos- si- dé- bi- tis
ni- mas
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15) )> Qui non côlliRÏt.
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16) » Apértisthesâuris.-
Aji
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myr-rham al-
Fig. 4Sj.
le-
lû-
ia
823. — Le rendement rythmique spontané de ce dessin ne peut pas être autre.
Sans doute, sur ce même matériel mélodique, vous pouvez librement distribuer les ictus rythmiques, la force, la durée au gré de vos caprices, en faire une suite de mesures à trois temps, à cinq temps, avec agrément de syncopes, de brisures rythmiques, etc.
Mais, ce faisant, vous forcerez la nature de cette mélodie, vous la torturerez, vous la mettrez sur le chevalet pour lui faire dire ce qu'elle ne dit pas naturellement.
Or, le cœur de cette cantilène bat le mouvement rythmique que nous avons indiqué; la douce mélopée grégorienne, « onmino naturalis » dit un ancien, ne prend jamais ces violents moyens d'expression ; son r\-thme se conforme à son inclination, à son tempérament, et lui obéit sans hésitation; entre la mélodie et son r3i;hme, jamais de secousse, jamais de heurt : l'harmonie la plus parfaite règne entre les deux ordres.
§ 2. — Nécessité pour le rythmicien de bien connaître le répertoire g-rég-orien.
824. — L'incise mélodique que nous venons d'étudier nous donne l'occasion de faire, en finissant, pour la dernière fois, une remarque très importante, et dont nous avons vu maintes fois la preuve au cours des chapitres précédents : c'est la nécessité, pour bien r3'thmer, d'avoir la science parfaite de la mélodie grégorienne, et pour bien chanter, de posséder une édition pratique pourvue de toutes les indications nécessaires.
825. — Il est bon, il est légitime d'appliquer le plus souvent possible l'une ou l'autre des grandes règles rythmiques exposées ci-dessus :
a) rythme de la mélodie elle-même,
b) rythme des mots,
c) coïncidence de l'accent et de rictus,
d) rythme de l'incise.
Mais nous ne saurions trop le répéter : une science foncière de tout le répertoire grégorien est absolument nécessaire au r3'thmicien, à cause des types mélodiques qui imposeiit leurs formes rytlniiiqiies arrêtées, en dépit des textes et de leur accentuation.
Ces types ont un rythme objectif, parfaitement défini, musical et non plus strictement verbal, quon ne saurait transgresser sans aller contre la pensée des vieux maîtres ; les synérèses des texto trop courts, toujours aux mêmes places de la mélodie, révèlent
l'ossature rythmique fixe de ces incises, qui s'impose naturellement aussi dans les cas syllabiques.
Mais ces types, il faut les connaître. Dès lors, sans la science parfaite du répertoire grégorien, des erreurs graves sont inévitables; ou du moins on s'empêtre dans des difficultés qui paraissent insolubles, inextricables.
Qu'on en juge par ce dernier exemple :
Antiennes du 4^ mode en A. — Deuxième incise.
ut
sé-
de-
at'
cuin
prin-
pi-
bus
cd-
put Jo-
ân-
nis
Ba-
pti-
stae
quin- que
nifl-
hô-
mi-
num
per te
nô-
bis
pér-
tae
sunt
de-
scen-
bat
de •
caé-
lo
ad
câu-
sam
ânum
ni-
mae
méspi-
ae
Do- mi-
ad-
am
dô- mum
tû-
am
Dô-
mi-
ne
du ni
in-
ve-
ni-
ri
pôt-
est
in
ju-
bi-
la-
ti-
ne
éx-
ta
pot-
én-
ti-
am
qua-
si
ni-
gé-
ni-
tum
sal-
va-
tô-
rem
nié-
um
et
nô-
tar-
dâ-
re
lô)
in-
qui-
tas
tér-
rae
su r-
ré-
xit
nô-
bis
in
mu-
ri-
bus
5ro-
phé-
mâ-
gnus
Fij^. 4S6.
Essayons de n^thmer cette mélodie :
82G. — D'abord que dit-elle, que « sonne «-t-elle rythmiquement?
Tout ce qu'on veut.
De fait, elle n'est pas du genre de ces mélodies qui s'imposent nettement avec leur rythme, comme celle qui a été décrite ci-dessus :
. - ' fr^— L
scit e- nim Pâ- ter vés- ter cae- les- tis Fig. 488.
et que les paroles encadrent avec tant de bonheur. En eflet, je puis rythmer :
Fig. 489.
et cet enroulement de la mélodie autour de la corde récitative ré n'est pas sans grâce, je puis encore rythmer :
Fig. 4Ç0.
ce qui est fort joli.
Et encore :
Fio. 4ÇI.
ce qui n'est pas sans attrait.
Bref, assez d'essais; cette mélodie, par elle-même, ne réclame aucun rythme précis, décisif : souple, malléable, elle se prête à toutes sortes de combinaisons rythmiques.
827. — Sans doute, le texte viendra au secours du rythmicien, qui sera plus heureux qu'avec la mélodie pure?
Soit le premier texte du tableau ci-dessus, fig. 486.
Appliquez à cette mélodie le plus fécond, le plus artistique de nos principes rythmiques : rythmer, les mots; vous obtenez les résultats suivants, ictus sur les syllabes 2, 4, 7 et 9 : + + + +
Ut sé- de- at cum prin- ci- pi- bus
Fig. 4Q2.
En soi, rien ne s'oppose à cette disposition, bien qu'elle ne soit pas merveilleuse comme résultat musical.
Prenez maintenant le deuxième texte du même tableau, et appliquez le même principe : rythmera les mots :
câ- put Jo- an- nis Ba- pti- stae
^^4'"- -/PSet vous avez les ictus sur les syllabes 2, 5, 9. Le troisième texte, traité de même,
quin-que mil- li- a hô- mi- num
Fig. 4g4.
amène les ictus sur les syllabes 3, G, 9.
Trois textes, trois rythmes ; un quatrième, un cinquième texte vous conduirait à de nouveaux rythmes.
Si, abandonnant le principe de rythmer les mots., vous avez recours à la règle de la coïncidence des accents et des ictus, vous arrivez également à des divergences de rythme pour chaque texte.
Si vous mélangez les deux principes, passant de l'un à l'autre selon la variété des textes, même résultat : confusion, bariolage ridicule de rythmes contradictoires pour une même mélodie !
828. — Le texte n'est-il donc pas toujours un guide infaillible, sur lequel le rythmicien est en droit de compter pour établir la marche de sa mélodie?
Nous en doutons très fort : une telle liberté des textes sur une même mélodie en dit long- sur la théorie du rythme oratoire pur. Mais comment se tirer d'affaire en pareille impéisse?
829. — Rien de plus facile de rythmer ces mélodies syllabiques, à l'aide de la mênic viclodic, appliquée à des textes plus coîirts, exigeant des synérèses musicales sur des S3ilabes fixes, toujours les mêmes.
La section B de notre tableau, p. 537, donne un premier "renseignement : les notes 5 et G sont réunies en clivis sur une seule S3'llabe : donc, dans les textes syllabiques, la note ô portera toujours un ictus rythmique, quelle que soit la syllabe qui lui correspond. De plus, un ictus rythmique ne peut pas trouver place sur la note 4, puisque deux appuis rythmiques ne peuvent pas naturellement se suivre.
La section C du même tableau confirme d'abord la réunion des notes ô et 0 et ensuite nous montre celle des notes 2 et 3, Nous voilà définitivement fixés sur le rythme de toutes nos incises syllabiques :
Ut sé-
de-
at
cum prin-
• ci-
pi-
iJ
ad Dô-
ni-
num
ad-
spi-
am
i- qui- tas ter- rae
pro- phé- ta ma- gnus
Fk- 4-95-
Il n'y a pas à hésiter, il n'y a qu'à se laisser conduire par la musique et par les manuscrits.
830. — Il y aurait beaucoup à dire sur l'application des différents textes à cette incise musicale; ce n'est pas le lieu : le petit tableau publié ici pourra servir de sujet de méditation aux lecteurs qui s'intéressent à nos études. Nous renvo5^ons à la Revue Grégorienne, 1924, pp. 41-57, où l'incise a été étudiée avec quelque détail (i). On y verra comment elle se raccourcit au besoin, lorsque le texte est décidément trop court; le compositeur, contraint par la pénurie de syllabes à modifier la mélodie, supprime alors une note, et groupe un peu différemment celles qui lui restent. Nous ne pouvons entrer ici dans toutes ces considérations. Il nous suffit de constater que les synérèses restent aux mômes places, et donc que l'incise garde son type rythmique^ tant que la mélodie conserve son intégrité, son t3'pe mélodique.
831. — Dans le cas particulier que nous étudions, les signes rj^thmiques des manuscrits ne sauraient-ils pas nous aider, sans le recours aux sjnérèses? ou du moins ne coniîrmeraient-ils pas ce que nous apprenons de ces synérèses?
Non. Voici la notation de Hartker pour la première incise du tableau :
ut se- de- at cum prin- ci- pi- bus Fig. 4ç6.
832. — On le voit, les notes ictiques, 2 et 5, les plus difficiles à trouver, ne sont surchargées d'aucun signe rythmique particulier : sans doute Hartker pensait que le rythme de ces antiennes était bien connu, ou que du moins les incises avec synérèses suffiraient aux chantres de son monastère pour se tirer d'affaire. Aujourd'hui il ne faut plus compter sur cette science du chant grégorien pour l'immense majorité de nos chanteurs et de nos chanteuses;... il est nécessaire de les guider par des indications supplémentaires.
(i) Cf. aussi, Mo/iograp/u'cs Grcgoj'icnncs, n° vu.
Les membres de nos scholae et maîtrises ne sont pas tenus de savoir où poser en principe tous les appuis rythmiques, surtout dans le chant syllabique ; mais ils sont tenus de chanter correctement. Comment le feront-ils sans indications spéciales?
La même nécessité s'impose a fortiori pour les accompagnateurs, car une édition vraiment pratique doit leur indiquer la place de leurs accords.
§ 3. — Objectivité de nos signes rythmiques.
833. — Une dernière remarque : c'est la sécurité qui naît de nos longues comparaisons et de nos analyses minutieuses, quant à la place des ictus rythmiques.
Sans doute, quelques-uns sont douteux; il y a liberté, nous l'avons dit; mais, même dans ce cas, nous n'avons pas manqué d'indiquer les raisons objectives sur lesquelles repose notre choix (i).
- Les autres, et c'est le très grand nombre, sont absolument certains pour quiconque est musicien. A la vérité, ces derniers ne sont pas tous formellement dans les manuscrits ; mais aucun des signes de ponctuation rythmique employés dans l'édition vaticane, y compris les « blancs » et toute la hiérarchie des barres, ne se voit non plus dans les manuscrits (2) î
On voudra bien reconnaître que nos appuis rythmiques découlent de façon certaine de la structure mélodique, du groupement neumatique, ou du rythme normal des mots latins. Tout cela est parfaitement objectif, et a le droit de faire loi.
Là encore, nous n'inventons rien ; tout notre travail consiste uniquement à reconnaître le rythme naturel des mélodies grégoriennes, et à l'indiquer, par des signes .spéciaux, à tous ceux — et ils sont légion — qui n'ont pas le loisir de se livrer à ces patientes et laborieuses recherches, mais qui ont le droit d'interpréter avec goût et intelligence, et dans leur forme authentique, les formules inspirées et si riches de vraie beauté, dans lesquelles l'Eglise a voulu envelopper sa prière officielle.
(i) Cf. Monographies Grégoriennes^ n" m, Le chant « authentique » du Credo ^ P- 27.
(2) Cf. Notre Causerie sur les signes rythtniques et leur utilité.