membre
3' membre
Ant.
In tympano et chô-ro, in chôrdis et ôrgano laudâ-te Dé- uni. Fig. 4ÇÇ.
D) Phrase de quatre membres.
844. — Enfin ^roz's coupes au centre d'une phrase la divisent en quatre membres, ou, si l'on veut, en quatre incises et en deux membres. Nous n'examinons pas ici, nous le répétons, ce qui distingue l'incise du membre, mais bien plutôt leur caractère commun, à savoir l'existence propre, l'unité réelle conférée à chacune des divisions de la phrase par le seul fait de la coupe. C'est à ce point de vue spécial que nous nous plaçons en ce moment, sans nous attarder à discuter sur les mots.
Les antiennes de quatre membres ou incises sont très nombreuses; on en trouve à chaque page dans l'Antiphonaire.
(i) La version vaticane ne traduit pas Hartker, nous l'abandonnons ici.
l*^"^ membre !''<= incise 2^ incise
i Pr. I ^
Sé-men ce- ci- dit in tér-ram bô-nam, et ât-tu- lit frû-ctum, 2« membre 3<^ incise 4^ incise
à- li- ud centé- si-mum, et â- li- ud se-xa-gé- simum.
Fig. 300.
Ces périodes sont vraiment parfaites : « Pour être parfaite, dit Cicéron, une période doit se composer de quatre parties distinctes qu'on appelle membres. C'est cette période carrée qui remplit le mieux l'oreille. Cependant, il faut quelquefois ou franchir ces limites ou rester en deçà, suivant les besoins de l'oreille (i) ».
845. — Voici un autre exemple où les incises s'allongent et deviennent de vrais petits membres :
l'^"' membre V" incise 2° incise
Ant. ,«,a* ^ • 'l^
Qui me con-fés-sus fii- e- rit co-ram ho-mi- ni- bus, 3= incise 4"^ incise
con-fi- té- bor et é- go é- um co- ramPâ-tre mé- o.
Fig. SOI.
846. — Il existe des pièces musicales de plus de quatre membres; il suffit à notre but d'avoir montré comment les coupes divisent les phrases en sections distinctes.
(i) Or. Lxvi.
847. — Est-il besoin de rappeler que \a pause, considérée à ce point de vue restreint et extrinsèque, ne saurait à elle seule organiser et constituer le membre dans sa perfection. Il ne suffit pas, en effet, pour atteindre ce but, de chanter vaille que vaille chacun des membres d'une phrase et de bien détailler les pauses qui les limitent; non, en réalité, chaque membre, avant de parvenir à sa pause, doit, à mesure qu'il se déroule, se révéler dans son unité au moyen des liens animés intrinsèques, littéraires, mélodiques, intensifs, rythmiques, agogiques qui enchaînent et vivifient les mots, les groupes de notes. La pause, elle aussi, est mélodie, intensité, etc. ; elle est principe d'union aussi efficace que toutes les autres notes; elle n'est pas un poteau légalement planté entre deux propriétés pour les limiter. Bien comprise, elle servira de lien entre les membres d'une même phrase : tout en distinguant les membres, elle saura les tinir.
§ 2. — Nombre et valeur des pauses.
848. — La longueur des incises, des membres et des phrases est très variable ; dès lors on peut se demander si le nombre et la valeur des pauses correspond exactement à la variété des phrases, en d'autres termes s'il y a autant de sortes de pauses qu'il y a de sortes d'incises, de membres, de phrases.
Il faut répondre avec précision à ces questions en examinant,
a) combien il y a de sortes de pauses ou de morae vocis;
b) quelle est la valeur, la durée de ces diverses pauses.
A) Les diverses sortes de pauses.
849. — L'enseignement ordinaire énumère trois principales pauses :
après les mots,
après les incises et les membres de phrases, après \qs phrases.
Vo5^ons ce qu'il en est.
850. — Guy d'Arezzo, dans un texte très connu, nous donne le procédé au moyen duquel nous pouvons pratiquement distinguer les diverses sections de la phrase et par suite les pauses ou morae :
« Ténor vero, id est, mora ultimae vocis, qui in syllaba quantuluscumque est, amplior in parte, diutissimus vero in distinctione, signuin in his divisionibus existit (i). »
Le signe de ces divisions, d'après Guy, serait donc une tenue ou retard de la voix (2) sur les dernières syllabes :
a) des mots (3) = in syllaba,
b) des membres = in parte,
c) des phrases = in distinctione.