‹ Le nombre musical grégorienChapitre 446 sur 534 · Vï^j · texte numérisé non relu

Vï^j

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Salva nos. 'H"

Sâlva nos, D6-mi-ne, vi-gi- lântes, custô-di nos dormi- entes..

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'^^Cr-tiij^v

Ec-ce ad-vé- nit do-mi- nâ- tor Dô- mi- nus...

Nous ne donnons ici, bien entendu, que des indications générales ; il existe souvent, pour le choix de la nuance à faire, beaucoup de liberté. Au maître de chœur de décider dans chaque cas; il nous suffit d'avoir éveillé l'attention sur ce point.

945. — Ces nuances très délicates de crescendo et de decrescendo peuvent être comparées à l'huile qui atténue les frottements entre les rouages de la machine, ou encore à la synovie, cette huile vivante qui adoucit et favorise le jeu de nos membres : elles lubréfient les extrémités des membres mélodiques et leur permettent de glisser de l'un à l'autre avec naturel et douceur.

946. — Cette règle vaut principalement pour les niorae vocis sine respii'atione ; les membres plus importants ne l'admettent pas aussi facilement, et souvent les deux temps de la viora doivent être donnés tout entiers — sauf l'instant de la respiration — à la déposition du membre qui finit. Il en résulte que les nuances indiquées ci-dessus ne sont plus de mise.

La viora distingue alors plus qu'elle ne lie (dans le premier cas, elle liait plus qu'elle ne distinguait), bien que, là même, elle soit encore un moyen de liaison, mais moins puissant, moins efficace.

947. — L'antienne Cajitdte présente précisément les trois manières d'exécuter les viorac vocis :

Ant.

Can-tâ- te Dô- mi- no cân- ti- cum nô- vum laus

é- jus ab ex-tré-mis ter- rae. Fig-537-

A. Domino : niora sans respiration, avec très léger crescendo préparant l'accent de cdnticum;

B. Novum : cadence un peu plus importante avec respiration ; le temps composé binaire sera tout entier faible : respiration sur la valeur du point.

Si l'on voulait chanter cette antienne sans respiration à cet endroit, on pourrait très bien, sur la syllabe vum après la thésis, préparer Taccent de laus par un léger crescendo :

MEMBRES ET PHRASES. 6oi

... cân-ti- cum nô- vum : laus é- jus... Fig. 538.

C. Epis : mora sans respiration, avec decrescendo final, conduisant doucement à la syllabe faible ab du membre suivant.

B) Jonction de deux membres par le temps composé.

948. — On n'a pas oublié comment les mots, en prose et en poésie, s'enchaînent l'un à l'autre au moyen des temps composés et des rythmes (i). Il se passe quelque chose d'analogue au point de jonction des membres.

Sans doute, les rythmes-membres ne peuvent pas enjamber de l'un à l'autre, puisque le propre des membres est d'être un rythme complet, e/i tant que membre; mais ce qui arrive souvent, c'est que la fin d'un rythme et le commencement du suivant se trouvent réunis dans le même temps composé, la fin du premier se terminant sur les premiers temps, et le commencement du second débutant sur le dernier : le temps composé unit donc ici les rythmes et les membres. La chironomie indique parfaitement cette jonction :

Cum Sân-cto Spi- ri- tu in glô- ri- a Dé- i Pâ- tris.

Fig- 539-

A la jonction des deux rythmes (tu in), mouvement ternaire, les deux premiers temps, thétiques, appartiennent au premier rythme; le troisième temps, au levé du rythme élémentaire suivant, appartient au second membre.

Cette liaison de deux membres par le temps composé doit être recherchée, comme tout ce qui favorise F unité du grand rythme.

(i) Cf. ci-dessus, ch. vu, p. 298-306.

949. — Ainsi, lorsqu'aucune raison spéciale, mélodique ou verbale, n'appelle l'ictus sur la première note qui suit la demibarre ou le quart de barre, il est souvent excellent de placer cette première note au levé du rythme élémentaire et de reporter sur la suivante le touchement rythmique :

Infr.

Viri Galilaéi.

Vf- ri Ga- li- laé- i, quid ad-mi- râ- mi- ni Fig. S40.

Pour ne pas distraire l'attention du tcDips composé, nous n'indiquons pas ici, ni à l'exemple suivant, de chironomie.

950. — Il arrive d'ailleurs très souvent que sur cette seconde syllabe un neume ou, dans le chant syllabique, une finale de mot ou un accent de dactyle réclame impérieusement cet appui rythmique. Alors, il n'}' a pas d'hésitation possible, et la règle que nous exposons ici s'observe naturellement :

Ant.

Quaérite primum.

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