Prenons un exemple
Jnt.
Puer.
ifr
Pli- er nâ- tus est nô- bis, et Fi- li- us dâ- tus est nô- bis.
L'intonation du second membre, et Fîlius, reproduit presque note pour note celle du premier, P74er nâtus est. Il semble donc que le podatus liquescent sol-ré de et devrait être arsique comme celui àQpuer; et il est certain que cet élan mélodique incontestable de quinte s'accommoderait à merveille de ce traitement. Mais il n'est pas défendu de remarquer que ce podatus liquescent, s'il est nettement arsique du second membre considéré isolément, se trouve aussi à la quinte au-dessous du ré précédent. La mélodie, qui évoluait autour de la dominante ré, attaque encore sur la même corde l'accent de Filius; le podatus liquescent et n'est en somme qu'une simple formule de transition entre les deux incises, et l'ondulation thétique traduit beaucoup mieux cette nuance de phrasé :
(i) Ch. VII, p. 301-306.
it^^^' '-"li^Wf^-
Pu- er nâ- tus est nô- bis, et Fi- li- us...
Du même coup, les deux incises sont beaucoup plus nouées, et l'unité de la phrase plus évidente.
953, — On pourrait faire les mêmes réflexions pour l'exemple suivant :
In médio. / j \J^^\^*J^ ■ ^-UV. ,1 ■" 1^^' VJ>. ' "T
a-pé- ru- it os
jus
In mé- di- o Ecclé- si- ae
Essayez de chanter en arsis, dans les deux exemples précédents, les deux podatus marqués d'une croix, vous aurez l'impression très nette d'un recommencement, alors que la thésis indique le développeine7it d'un mouvement déjà commencé.
954. — Il n'est pas nécessaire d'ailleurs que, comme ci-dessus, le début de la nouvelle incise soit une imitation mélodique de l'incise précédente. Il suffit que la ligne mélodique continue à onduler avant de reprendre un nouvel essor.
Voici quelques nouveaux exemples qui montreront mieux notre pensée :
Offert.
Ad te Dne levâvi.
Dé- us mé- us in te con-fi- do...
Intr
Galilaéi
Vi-ri Ga- li-laé- i, quid ad-mi- râ- mi- ni a-spi- ci- entes.
Qv\aérite primum.
Quaé-ri- te pri-mum ré-gnum Dé- 1, et ju-sti- ti- am é-jus
et haec ô-mni- a ad-ji- ci- én-tur vô- bis, al-le- lu- ia.
955. — On remarquera que, dans les deux derniers exemples, sur les mots quid xinniràinini, ;-<?gnum et ad}\ciéntiir, se réalisent les deux procédés de liaison dont nous venons de parler : l'union à la fois par le temps composé et par le rytJune composé.
956. — Sans doute, ce procédé d'union par le rythme composé n'est pas toujours possible, et, dans bien des cas de ligne mélodique montante ou d'accent tonique sur la première note d'ictus, une arsis s'impose nettement, comme dans l'exemple Catitdte Déinino cK^ticuvi nôvuin si souvent cité. Il ne faut jamais violenter les textes et vouloir leur faire dire de force ce qu'ils ne disent pas, mais se laisser toujours guider par la ligne musicale.
Nous voulons dire seulement que lorsque la mélodie s'y prête, notamment dans le cas de mélodie descendante ou ondulante et de départ sur une syllabe atone, le procédé que nous suggérons est excellent pour unir étroitement les membres et assurer ainsi l'unité de la phrase, but suprême du rythmicien.