Une nouvelle transcription à | ne sera pas inutile
Mu
ÊÉ^:^S;5Éi
Sâncta Ma- ri- a, Te dé- eus ô-mne Caé- li- tus ôr- nat,
Mû- ne- re di- vo Sô- la fu- i- sti Né-sci- a cùl-pae,
Quod ré- a môr- tis, eic.
t-jài
Té- que su-pér-na Grâ- ti- a ré- plet. y. O pi- a Vir- go, é-Zc. Fig. 554-
a) Tous les rythmes-incises se terminent sur la finale des mots; et, en remontant vers le début de la phrase, les accents toniques sont placés tantôt au levé, tantôt au frappé, selon le besoin. Il est vrai que « la facture régulière de cette composition en fait nécessairement un chant mesuré » (i) ; mais il importe peu que ces mélodies soient ou ne soient pas mesurées : la loi rythmique qui autorise l'accent fort au levé trouve son application dans la musique libre comme dans la musiqtie mesurée.
b) A rifitérieur des rythmes, les mots tantôt sont renfermés dans les mesures ou temps composés — sdncta, téque — tantôt ils les débordent ; c'est le cas le plus fréquent :
Te dé-j eus — eaéli-| tus, etc.
On verra ci-dessous que la disposition des mots, des accents sous la musique est exactement celle des anciens maîtres de la polyphonie.
981. — Ces deux manières de traiter l'accent, qui paraissent contradictoires, peuvent se produire, avec des textes différents,
(i) DOM J. POTHIER, Revue du chant grégorien, l. c, p. 35.
6l6 TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE XII.
dans la même incise musicale, comme on peut le remarquer dans la première incise où les textes Sâncta Maria, Mûnere dïvo, Quod réa môrtis, sont rythmés de la même manière, malgré leur accentuation différente ; tant il est vrai que l'unité rythmique principale est celle de l'incise, du membre, et que parfois le mot lui-même, tout en possédant son rythme propre, est soumis et doit obéir à cette unité puissante qui lui est supérieure.
2° MOTET Tota pulchra es.
982. — Voici un autre morceau transcrit en musique par Dom J. Pothier (i). Afin de permettre d'étudier les mêmes faits, nous transcrivons ici toutes les strophes rythmiques de cette pièce, et nous marquons d'un astérisque les accents au levé.
a) Tous ces rythmes-incises de phrase de quatre, de cinq syllabes, en réalité pas plus longs que des mots, ont leur rythme propre, individuel, distinct, terminé atc baissé, premier temps de la mesure, sur la dernière syllabe. En cela, ils ne font que suivre la loi rythmique : « Tout rythme complet se repose sur un début de temps composé ».
b) A Vintérieur de ces rythmes, la place de l'intensité, fixée par les accents, peut varier; mais rien ne change dans la marche ^w. rjrthme. Voici trois textes de la première incise ; les trois* accentuations sont bien différentes, et cependant le mouvement rythmique ne subit aucune modification :
Tô- ta 1
pûl-
chra
1 es
Hôr- tus !
con-
clù-
j sus
In ter- 1 ra nô- | stra
Toujours l'élan, l'impulsion, part de la première syllabe, s'appuie sur la troisième, et se repose sur la cinquième. Les différences d'accentuation, d'intensité, les mots avec leur forme variée, demeurent; mais tout cela est comme englobé et fondu
(i) Revue du chant grégorien. Octobre 1899, pp. 33 et 37.
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