‹ Le nombre musical grégorienChapitre 457 sur 534 · O pâu-pe- rum re- fù- gi- ura, Remé- di- um langue- ris · texte numérisé non relu

O pâu-pe- rum re- fù- gi- ura, Remé- di- um langue- ris

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3. Spôn- si re- cli- na- tô- ri- um, Tu spôn- sa Cre-* a- tô- ris.

4. Di- gnum Dé- i sa- crâ- ri- um, Vas ae- ter- ni splen-dô- ris.

(i) Revue du chant gre'gorie?!^ Décembre 1899, pp. 65 et 70.

985. — Dom J. Pothier n'a transcrit que la première strophe; nous y ajoutons les trois suivantes, mises en musique conformément à son système, afin que l'on puisse étudier la place des accents. Cette fois, les rythmes sont plus longs, ils ont huit et sept syllabes. A l'intérieur des rythmes, les procédés déjà exposés relativement à l'accent sont les mêmes; nous n'avons rien à ajouter aux précédentes explications.

B) Enseignement théorique de Dom Pothier sur le rythme du mot latin.

986. — Toutes les pièces qui précèdent sont mesurées. Dom J. Pothier professe-t-il la théorie de l'accent au levé dans le rythme libre du chant grégorien ?

Nous l'avons déjà dit : pour l'auteur des Mélodies grégoriennes., la place naturelle de l'accent latin est à l'élan, à l'arsis du rythme; au levé de la mesure comme nous disons maintenant.

987. — Nous avons essayé autrefois d'exposer la théorie du maître et la marche progressive de ses idées sur ce point dans la Paléographie musicale, tome VU, pp. 133 et suivantes; nous renvoyons à ce travail. Nous avons d'ailleurs reproduit plus haut, au début de notre ch. vi, p. 233, comme base de notre étude du mot latin isolé, une page célèbre des Mélodies grégoriennes, « contenant en germe toute la théorie solesmienne » .

En 1891, dans ses Principes pour la bonne exécution du chant grégorien, Dom Pothier précisait son enseignement et l'exposait sous forme plus didactique; nous citerons seulement quelques lignes, à cause de la lumière qu'elles projettent sur sa véritable pensée :

988. — « Chaque mot doit former un tout. La règle de la lecture et du chant syllabique est que le mot soit proféré d'un seul mouvement ». C'est ce que nous avaient dit les Mélodies grégorietmes .

Mais voici qui est en progrès : « Ce mouvement se compose de deux parties : la partie forte, appelée arsis, la partie faible, appelée thé sis. . .

» Le mouvement qui, dans la lecture et dans le chant syllabique, entraîne toutes les svllabes d'un même mot, doit être ménagé de

telle sorte qu'il wienneyimr avec le mot, en tombant doucement sutla dernière syllabe. Pour cela l'impulsion ne prend sa complète extension et n'arrive au point culminant de sa force qu'un peu avant la fm du mot, c'est-à-dire à la pénultième ou à l'antépénultième syllabe : celle-ci est ainsi mise en x^xti pour servir de point de départ ou d'arsis à la cadence du mot; le point â.' arrivée de cette cadence est la tJiésis, qui coïncide avec la dernière syllabe.

» Dans la marche du chant, par Varsis on lève le pied, par la thésis on le pose ; ce qui fait un pas, un seul mouvement.

» Il est nécessaire à l'unité du mouvement rythmique et à l'unité du mot que ces deux parties, l'arsis et la thésis, s'appellent toujours l'une l'autre, conduisent la voix de l'une sur l'autre, en sorte que la seconde arrive comme la suite de la première.

» L'accentuation latine consiste à bien observer dans le mot l'arsis et la thésis.

» L'arsis, dans un mot, porte sur la syllabe dite accentuée; la thésis, sur la finale « (i).

989. — Parlant ensuite de la manière de relier les mots entre eux dans la phrase, Dom Pothier ajoute : « Les mots se distinguent les uns des autres dans la phrase par le seul fait que V accentuation amène la thésis ou la fin du ^nouvement sur la fin du mot...

» Dans le courant de la phrase, lorsque deux mots sont intimement unis par le sens,... le mouvement, qui de la syllabe accentuée est tornbé sur la finale, se relève aussitôt, une fois cette syllabe prononcée, pour se reproduire de la même sorte, par arsis et thésis, sur le mot suivant » (2).

990. — Tel est, d'après Dom Pothier,' le rythme vrai du mot latin, et la clarté de ces textes dispense de tout commentaire.

Sans doute, le rythme du mot, tel qu'il est parfaitement décrit ici, est le rythme du mot isolé, le rythme normal du mot pris individuellement. Nous savons, et peut-être y aurait-il là quelques éclaircissements à apporter dans la page que nous venons de citer, que le mot peut perdre parfois sa physionomie propre en vue de l'unité supérieure de Tincise et de la phrase. Peut-être y

(i) Principes, p. 7-8.

(2) Ibid., p. 9-10. Nous soulignons.

aurait-il aussi une petite réserve à faire sur le traitement des syllabes antétoniques dans les longs mots. Mais ce qui nous intéresse ici, c'est la place assignée à l'accent et à la finale dans le rythme verbal naturel : sur ce point, renseignement de Dom Pothier est très net et parfait.

991. — Un texte musical, commenté et rythmé en 1895 par Dom J. Pothier (i), va achever de nous fixer sur sa pensée, et nous montrer comment celle-ci est toujours restée conforme à elle-même. Il s'agit de VAve maris Stella :

A- ve ma- ris stél- la, Dé- i Ma- ter âl-nia

— ^if^

Atque seni-per Vir-go Fé- lix caé- li pôr- ta.

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