CHAPITRE XII
Sân-cto ;Spi- ri-
ju-
tu m di- câet ùqui pro- pter.
* Dé-
s:lô- ri-
nam san-
* cumPâ-
mâ-gnam
lus et
* pâ-
us
det ad bôin lù-
de-
* Dé-
Fig. 56c.
* a Dé-
vos et ctam ca-
tre et
* glô- ri-
spés in-
ter o-
déx- te-
* S pi- ri-
men de
scén-dit
um de
* Dé- um
etc.
i Pâ-
inôrtu-
thô-li-
* Fi- li-
am tu-
* fir- mô-
* mni-po-
* ram pâ-
lun- tâ-
* tumSân-
lu- mi-
* de caé-
Dé-
de De-
tris... (i) os... (2) cam... (3) o... (4) am.., (5) rum... (6) tens... (7) tris... (8) tis... (9) ctum...(io) ne... (11) lis... (12) o... (13) o... (14)
(i) Palestrina. Messe Ascettdo ad Pâtre m.
(2) > Missa brevis.
(3) GOUDIMEL. Messe Le bien que j\iy.
(4) B RUM EL. iMissa festival.
(5) Palestrina. Missa brevis.
(6) JOSQUIN de Près. Ave Christe immolaie.
(7) Pierre de la Rue. Messe Ave Maria.
(8) Christophe Morales. Messe. Qiiaeramus cum pastoribus.
(9) IT. ibid.
(10) Brumel. Messe De Beata Virgine.
(11) Palestrina. Messe Ascendo ad Pâtre m. > JOSQUIN DE Près. Messe Pangc lingua.
(12) Roland de Lassus. Messe Douce mémoire.
(13) JoSQUiN de Près. Messe Pange lingua.
(14) Brumel, De Beata Virgine.
» Palestrina. Messe Dies sanctificatus.
Le savant éditeur de Vittoria, le maître F. Pedrell, atteste que les poly[)honistes espagnols des XiV et xV siècles, eux aussi, et particulièrement le plus grand d'entre eux, Vittoria, ont traité l'accent avec la plus grande liberté. « En résumé, dit-il, la pratique des maîtres... démontre que la loi toute moderne de l'accent au frappé leur était totalement inconnue ». Daccent tonique dans la polvp/ionie espagnole {Revue Grégorienne, vu, 1922, p. 45-5 1)-
CONFIRMATION DE QUELQUES PRINCIPES. 6t,7
1021. — Tels sont les faits; ils confirment avec une précision indéniable les rythmes appliqués aux mots latins dans les chapitres qui précèdent.
B) Raison de cette variété de traitement.
1022. — Mais il faut aller plus loin et trouver la raison fondamentale de ces diverses dispositions d'accents et de touchements.
Ces sortes de promenades à l'aventure que fait l'accent, surtout dans les derniers exemples cités, ne sont-elles pas un peu fantaisistes? Nullement. Le hasard ici n'est pour rien. L'art du compositeur a tout réglé. Voyons plutôt.
1023. — Il est un fait qui domine toutes ces phrases : elles viennent aboutir toutes, sur la syllabe finale, au premier temps de la mesure. Pourquoi? Parce que chacun de ces membres de phrase est un rythme, et que tout rythme complet se repose sur un premier temps de mesure, toujours fin de rythme. Sans doute, cette loi a ses exceptions, mais non dans la musique religieuse où tout doit être calme, achevé, naturel.
La dernière syllabe de chaque membre et de chaque incise, étant ainsi placée, régit à son tour toute la phrase, comme on peut le vérifier sur les exemples précédents. Si le dernier mot est
dactylique — Fili- \ a — l'accent est naturellement au frappé ;
s'il est spondaïque — Pâ- \ tris — l'accent se trouve au levé. Cela déterminé, les syllabes se placent de deux en deux dans le cadre des mesures, binaires puisque le rythme est binaire, et sans tenir aucun compte des accents, qui tombent, selon les cas, soit au début soit à la fin des mesures.
C'est donc Va. fin du membre de phrase, de l'incise, qui détermine la place des accents dans le rythme binaire.
1024. — Mais le compositeur n'est pas tenu au syllabisme, il s'en affranchit souvent; et il a mille moyens pour cela; par exemple il double le dernier accent des cadences spondaïques.
Nous avions ci-dessus le rythme excellent :
• « Dé- um
de Dé- '• o.
Fig. 570.
mais voici qu'il plaît à Palestrina d'allonger le dernier accent
um
de
Fig- 571-
Aussitôt toutes les syllabes rétrogradent d'un temps, et l'accent de Déum, naguère au frappé, se trouve au levé. Ce n'est plus à partir de la syllabe finale, mais à partir de la syllabe longue que se placent les autres syllabes. Une vocalise à la place d'une blanche produirait le même effet de recul des syllabes d'accent.
1025. — Autres exemples du même procédé :
Au lieu de
Nous
trouvons
fa- clo-
rem
caé-
fa-
ctô- rem
caé-
mi-
se- ré-
: re
nô-
bis
mi- se-
ré- re
nô-
bis
bô-
nae v6-
: lun-
tâ-
tis
bô- nae
v6- lun-
tâ-
tis
et a-
scéndit
: in etc.
caé-
lum
et
a- scén-
dit in
caé-
lum
Fig- 572.
Il est facile de reconnaître la doctrine exposée ci-dessus, ch. vi, p. 268 et suiv.
On remarquera que, dans ces nouveaux exemples, le rythme se repose, comme dans les précédents, sur le premier temps de la mesure.
1026. — Mais il y a plus. Si nous entrons jusque dans le plus intime détail des phrases de la musique polyphonique, en dépit de la marche binaire du r\'thme, de la variété et de la longueur des mots, et aussi de cette apparence de hasard qui sème les syllabes sur la trame mélodique, /r^i-^w^ toutes les finales des mots tombent également au premier temps de la mesure ; comme si chaque mot était lui-même un petit r}^hme élémentaire, avec ses organes complets, sa vie propre, et voulait s'affirmer tel, en suivant la grande loi rythmique des membres de phrase.
Et, de fait, c'est bien l'impression que nous ressentons à l'audition ; lorsque la fm des mots se pose sur le premier temps de
la mesure, nous avons la sensation d'une fin provisoire. Voyez : le grand rythme du membre de phrase suivant :
Rythme-membre Rythme-mot Rythme-mot Rythme-mot
in I glô- ri- | a Dé- | i Pâ- | tris
Fig- 573englobe trois petits rythmes-mots bien distincts, qui vivent et se meuvent dans son orbite.
On dirait que, dans la pensée des anciens, le rythme de la phrase, de l'incise et du mot n'était parfait que lorsque la dernière syllabe coïncidait avec ce que nous appelons aujourd'hui le premier temps de la mesure.
1027. — A la vérité, les anciens auteurs n'estiment pas qu'il soit toujours besoin de rythmer ainsi tous les mots à l'intérieur des membres, comme ils rythment toutes leurs phrases; mais on sent que leur attrait et un instinct secret les portent à asseoir la fin des mots sur deux mesures, sans craindre, pour arriver à ce but, de mettre au levé l'accent des mots spondaïques.
Cet attrait se trouve réalisé dans leurs œuvres en proportion de l'importance du rythme : plus un rythme a d'étendue, plus il est tenu de se conformer à la loi rythmique dont nous parlons ; on conçoit dès lors comment les petits rythmes-mots, à cause de leur subordination au rythme phraséologique, y échappent plus aisément.
Cependant, malgré ces réserves, après avoir analysé mot par mot un grand nombre de messes et de motets de nos vieux maîtres, nous pouvons affirmer que les mots traités rythm,iquement (c'est-à-dire avec finale sur le premier temps) sont en immense majorité sur les mots renfermés dans l'étroite enceinte de la mesure.
1028. — Il va sans dire que dans une telle statistique nous n'avons pas compris les auteurs plus modernes qui, oubliant les règles de leurs devanciers et obéissant aux principes erronés des xvF et xviF siècles sur l'accentuation latine, s'obstinent à allonger des accents qu'ils placent tous sur les « temps forts » de la mesure. Tout cède devant cette prétendue nécessité ; aussi à quelle récitation heurtée n'arrivent-ils pas? Au lieu du rythme