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CHAPITRE XIII

LA CHIRONOMIE GRÉGORIENNE.

LES CHIRONOMIES FONDAMENTALES.

1135. — Au chapitre ix du Premier volume de cet ouvrage, p. 103-115, le sujet de la chironomie a été déjà amorcé. Ce premier travail ne pouvait guère être qu'une esquisse des lois chironomiques propres à nos chants liturgiques ; car, alors, les mélodies et les textes grégoriens nous manquaient encore.

Nous les avons maintenant à notre disposition ; nous en connaissons les lois rythmiques. Le moment est donc venu de compléter les premières données de cette science, de cet art, et d'exposer théoriquement, méthodiquement, les principes qui nous ont guidés à tracer les gestes manuels directeurs, dans tout le cours de ce Second volume.

Le lecteur est, par là-même, invité à relire avec attention le chapitre ix de la première partie; il doit le posséder à fond, s'il veut profiter des pages qui vont suivre.

1136. — Le chef de chœur devra surtout se pénétrer de l'existence de chironomies variées (i), adaptées à la force des différents chœurs, et, en dépit des règles ci-données, se réserver la plus grande liberté dans le choix de ces chironomies dont il doit user selon le besoin de ses chanteurs.

1137. — L'enseignement qui va suivre suppose un chœur solide, bien formé, avide de la perfection; aussi qu'il soit bien entendu que nous chercherons toujours à exprimer, par les gestes, et de la manière la plus parfaite, la plus artistique, la plus idéale, le vol léger de la mélodie liturgique. Il ne s'agit plus de marquer pas à pas tous les temps ictiqucs, tous les temps binaires ou ternaires qui sont à la base du r}i;hme grégorien ; nous visons plus haut : à la reproduction du grand r3'thme. On voudra bien ne jamais perdre de vue cette fin élevée que nous nous proposons.

(ij/. c.,n° 177-184-

LA CHIRONOMIE GREGORIENNE. 683

1138. — La chironomie dont nous nous occupons ici a donc pour but de reproduire, par les lignes et les gestes, non seulement la marche rythmique et mélodique de la phrase grégorienne, mais aussi ses nuances dynamiques.

Elle doit, autant que possible, figurer tous les ordres qui entrent dans la composition musicale :

ordre mélodique : hauteur et gravité des sons, » quantitatif : longueur et brièveté des sons, » intensif : force et faiblesse des sons, » rythmique : élan et retombée (arsis et thésis), » verbal : syllabes accentuées et atones, » agogique : mouvements divers de la mélodie.

1139. — Naturellement, dans un état de choses si complexe, la chironomie aura souvent à faire son choix ; car tous ces ordres, tous ces éléments ne s'accordent pas toujours entre eux; l'altière mélodie surtout en prend sans cesse à son aise avec le matériel du texte dont elle modifie, bouleverse fréquemment l'ordonnance naturelle. Qu'advient-il de la chironomie dans ces cas troublants et embarrassants?

Ils sont si nombreux, si variés, si ténus, ces cas, et les solutions possibles en sont si diverses, qu'il est impossible de poser des règles générales précises, chaque cas demandant, pour ainsi dire, une étude particulière. Il faut alors essayer, comparer, peser, délibérer et choisir, tout en laissant aux directeurs pleine liberté de prendre telle décision qui leur agrée davantage.

1140. — Pour donner une idée générale de notre chironomie, voici une pièce grégorienne où se trouvent dessinées les principales figures; c'est le Sanctus XV, infestis simplicibus .

1141. — Nous employons la notation musicale moderne, afin de pouvoir donner plus d'ampleur et d'élégance aux dessins linéaires et, par suite, aux gestes manuels qui doivent les traduire. Il y aura aussi, par là même, plus de facilité à traduire les nuances multiples de la mélopée grégorienne.

Nous entrelaçons sur la portée musicale notes et chironomie, afin de réunir dans une même étreinte, mélodie, texte, rythme et gestes. D'ailleurs, la chironomie tracée au-dessus de la portée en

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