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EN FAVEUR DE L'ACUITÉ ET DE L'INTENSITÉ

K. — Pompeius.

Fin du V^ siècle.

i^' Ti'.KTE DE Pompeius.

€ Et quid est ipse accentus.-' ita definitus est : acce7ttus est quasi anifna vocis, id est accentus est anima verborum et anima vocis uniuscujusque. Quemadmodum corpus nostrum non potest esse sine anima, sic nec uUum verbum nec uUus sermo sine accentu potest esse. Et quemadmodum anima nostra in toto corpore ipsa plus potest, sic etiam * illa syllaba plus sonat in toto verbo, quae accentum habet *. Ergo illa syllaba quae accentum habet plus sonat, quasi ipsa habet majorem potestatem ».

Cotnvientutn. De accetitibus (Keil, vol. v, 126, 27. — Schoell,

Du texte précédent Vendryes, p. 29, ne cite que ce que nous avons mis entre deux "*, et cela suffit pour prouver l'intensité.

Pompeius parle encore, en deux endroits, de l'accent qui « plus sonat ». Il faut reproduire ici ces deux textes; en voici un, auquel Vendryes ajoute des observations qui ne sont pas entièrement exactes :

2^ TEXTE DE Pompeius.

<l Et quo modo invenimus ipsum accentum? Et hoc traditum est. Sunt plerique qui naturaliter non habent acutas aures ad capiendos hos accentus, et inducitur hac arte. Finge tibi quasi vocem clamantis ad longe aliquem positum. Ut puta finge tibi aliquem illo loco contra stare et clama ad ipsum ; cum coeperis clamare, naturalis ratio exigit, ut unam syllabam plus dicas a reliquis illius verbi ; et quam videris plus sonare a ceteris, ipsa habet accentum. Ut puta si dicas orator, quae plus sonat? ra; ipsa habet accentum. Optiinus^ quae plus sonat? illa quae prior est. Numquid sic sonat ti et mus^ quemadmodum op ? Ergo necesse est, ut illa syllaba habeat accentum, quae plus sonat a reliquis, quando clamorem fingimus ».

Op. cit. (Keil, Ibid.., 127, i. — Schoell, ici, lv^).

Vendryes ajoute ce commentaire, p. 30 : ^ Ce texte a été souvent cité pour établir la nature intensive de l'accent latin; l'enseignement qu'il contient est donné par Pompeius comme traditionnel et se retrouve effectivement presque dans les mêmes termes chez Servius {Comment, in Donat.; Keil, iv, 426, 16) ('); mais Servius est également du V s., et cet enseignement pourrait avoir été transmis par deux ou trois générations de grammairiens sans être pour cela très ancien ; on n'en trouve aucune trace à une époque anté-

(') <î II est également dans le Codex Bernensis, ix* s. (Keil-Hagen, Anecd. Helv., XLV) » (Note de Vendryes). Cf. ci-dessous, texte P.

Rythme Grég. T. II. — 25

rieure ('). En tout cas, les mots « plus sonare » et la recette bizarre donnée par Servius et Pompeius pour découvrir la syllabe accentuée s'accordent mal avec un accent musical et impliquent un accent d'intensité î>.

Tout cela est bien, sauf les deux dernières lignes ; car on ne voit pas du tout comment un accent d'intensité ne pourrait pas s'accorder avec un accent musical d'acuité.

Vendryes continue : « Mais cela est loin d'être contredit par les faits. On a vu plus haut que l'accent roman était intensif; il n'y a rien d'extraordinaire à ce que des grammairiens du V"' et peut-être déjà du iv<= siècle aient senti ce caractère nouveau de l'accent, sans d'ailleurs s'en rendre un compte exact, et sans cesser d'employer la vieille terminologie issue du grec ; mais sous les mêmes termes, ils commençaient à substituer (!) la notion d'un accent d'intensité à celle d'un accent musical. On peut donc admettre le témoignage de Servius et de Pompeius sans révoquer en doute celui de Varron ; les deux se concilient fort bien ; ils supposent que l'accent latin a changé de nature, ce qui n'a rien d'invraisemblable, a priori, dans une période de sept siècles >.

Et c'est tout. Au lieu du « substituer » de Vendryes, il faut dire : ils commençaient à joindre la notion d'intensité à celle d'un accent musical. Les deux « se concilient fort bien » en effet, non pour la raison donnée par Vendryes : « substitution », mais parce que ces deux caractères intensité et acuité peuvent sans aucun inconvénient se rencontrer sur la même syllabe. Aujourd'hui en italien. Vacuité, Vintensité et même la langueur s'installent sans se gêner sur la syllabe accentuée. Et ce n'est pas par habitude, routine, pour copier les Grecs, que les auteurs de l'époque postclassique parlent toujours d'accent ; mais parce que, réellement, dans la langue qu'ils parlaient, dans la musique qu'ils entendaient, leurs oreilles percevaient Vacuité A& la syllabe accentuée, en même temps que le phénomène de Vintensité. Cf. ci-dessus, ch. v, p. 1 16.

^c TEXTE DE Pompeius.

Ce texte est long, il peut servir à trois preuves :

a) à la brièveté * cursini syllabam proferimus »,

b) à l'intensité « plus sonat »,

c) à l'acuité « acutus ».

« Accentus, qui necessarii nobis sunt duo sunt tantummodo apud Latinos : acutus et circumflexus. Acutus dicitur accentus, quotiens cursim syllabam proferimus, ut si dicas arma., àrcus : non possumus dicere Arma, non possumus dicere ârcus. Acutus ergo dicitur, quando cursim syllabam proferimus. Circumflexus dicitur, quando tractim syllabam proferimus, ut mita, Mûsa : , non possumus dicere meta, non possumus dicere Mûsa. 'Exgo circumflexum dicimus qui tractim profertur, acutum ' illum qui cursim. Est etiam gravis, sed iste paene superfluus est apud Latinos. Qua ratione? nec acutus nec circumflexus est. Omnis

(') « Cledonius qui est également du v<= siècle indique aussi un accent d'intensité quand il parle de '< cursim profertur » et « excusso sono » (Keii., v, 31, 32). Cf. Seei:ma"nn, p. 28». (Note de Vendryes).

sermo necesse est, ut aut acutum habeat aut circumflexum : nullus est sermo, qui sine istis sit : si non habet acutum, circumflexum habet; si non habet circumflexum, acutum habet. Et I , gravis ubi erit, si vel ille vel ille sibi sermonem vindicat? in

reliquis, ubi non est nec acutus nec circumflexus, in reliquis syllabis ipsius sermonis. Ut puta malesAnus : sa circumflexum habet, ma le mts istae très syllabae gravem habent accentum ; nam ideo dictus est gravis hac ratione, quod minus sonet, quam sonat ille légitimas. Ma le mis numquid sic sonant omnes istae syllabae, quemadmodum ■àon'AXsa? sa plus sonat; ideo dictae sunt .; illae habere gravem accentum, quod et pigrum et minus sonent.

Ergo scire debes quia nuUo loco gravis poni potest, quantum ad utilitatem pertinet, nisi ubi non fuerit acutus aut circumflexus ; in eadem tamen parte orationis, non sibi specialem vindicat partem, non habet propriam. Sed hoc apud Latinos tantum ». Op. cit. (Keil, ibid., 126, 4. — Schoell, 85, xxvi'').

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