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EN FAVEUR DE L'ACUITÉ, DE L'INTENSITÉ ET DE LA LONGUEUR

R. — Anonyme Cistepeien.

Montpellier, 322. xii= siècle. — Cf. Thurot : lYotices... p. 25 et p. 392-393.

« Omnis dictio, quotcumque sit sillabarum, uno regitur accentu, et unus accentus in ea dominatur. Illa ergo sillaba in lectione iemlnhir et elevabitiir que habuerit dominantem accentum ; cetere omnes deprimentur et sine viora pronunciabuntur. \"erbi gratia : cum dico doinimis, hec sillaba do elevatur et accentatur; cum dico patcrfainilias^ sola ultima sillaba accentatur, cetere deprimuntiir; cum dico triùulatioîies xçX ùibulafiottibus^ hec sWXdih'A 0 sola tenetur et accentatur, omnes autem alie deprimuntur et instanter proferuntur. Quicumque igitur convenienter vult légère, hoc observare débet, ut in omni dictione sillabam illam que accentari débet, euro aliqtia ni07-ula teneat, alias autem cursira et rotunde pronunciet >>.

\d\x ci-dessus, ch. v, p. 151, le rapide commentaire de Thurot sur ces paroles.

Il n'y a guère que ce texte un peu net en fa\"eur de Pallongcmeitt de l'accent. Nous signalerons pointant encore deux ou trois Traités de cette époque, qui permettent de constater ce que les auteurs pensaient de la nature de l'accent, aux Xll% Xlll^ et XIV« siècles.

S. — Pierre Hélie.

Commentateur de Priscien, du xiF siècle. Cf. Thurot, Notices..^ pages 18 et suiv.

Les textes de Pierre Hélie cités par Thurot {pp. cit.., p. 393) ne disent rien de la lofigueur de l'accent, mais seulement de sa mélodie. A ce titre, ils sont intéressants à citer.

i'' TEXTE DE Pierre Hélie.

« Accentus est elevatio vocis acuta, que dicitur arsis, vel depressio gravis, que dicitur thesis, vel circumflexa inter utrumque vocis modulatio. Tempus autem est mora pronunciationis ipsi accentui adjacens >.

(Cf. Gfaviiiiatica Pétri Heliac, 7'eri Frisciani iinitatoris., Strasbourg, 1499;.

Ainsi, dit Thurot, <' Pierre Hélie distingue très nettement entre l'accentuation et la quantité >, et il reste de la sorte fidèle à l'accentuation musicale de l'antiquité.

ArPENDICE AU CHAr. V, 775

« Ailleurs, ajoute Thurot, il définit autrement que les anciens les trois espèces d'accents, mais il ne perd pas de vue leur caractère musical » :

2'- TEXTE DE Pierre Hélie.

« Accentus est modulatio vocis in communi sermone usuque loquendi. Hoc autem dicitur propter cantilenas, ubi accentum non servamus (')... Tribus vero modis fit modulatio vocis. Aut enim a gravi voce incipimus et in acutum tendentes ibidem desinimus, et accentus hic dicitur acutus. Aut ab acuto incipimus, et in gravem tendentes ibidem perseveramus, et est gravis accentus. Aut a gravi in acutum tendentes ad gravem revertimur, et accentus hic circumflexus dicitur ».

T. — Grammaire latine, du XIII<= s.

Editée par Fierville.

Auteur anonyme dans les deux mss. : Laon 465 (xiv^ s.) et Biblioth. Nat. 15462 (xiiF s.) — Le ms. 537 de Bruges donne le nom de l'auteur : César. — Provenance italienne.

Le chapitre xiii est consacré aux accents : « De accentibus ». Voici ce que dit Fierville, p. xxiil, dans sa préface sur ce chapitre :

« L'auteur suit les règles données au vi^ siècle par Priscien, et au xii'= par Pierre Hélie. Il s'écarte complètement du système adopté par Ale.xandre de Villedieu et donne franchement les règles de l'accent circonflexe, sans dire un mot de l'accent modéré, qu'il ne semble pas connaître. C'est, à ce point de vue, un vrai classique, étranger aux innovations qui tendaient à remplacer des usages longtemps pratiqués ».

Nous n'en citons rien, parce cju'il ne parle pas de la longueur. César répète Priscien : acuité, aigu, grave, circonflexe, modulatio vocis, etc..

U. — Alexandre de Villedieu, XIIP s.

Nous avons donné ci-dessus, p. 757, dans l'Appendice au ch. iv, quelques renseignements bibliographiques sur cet auteur.

Voici ce que dit Thurot, Notices,,., p. 394, de sa théorie de l'accentuation :

€ Alexandre expose une théorie de l'accentuation assez différente de celle

des anciens. Il distingue et expose séparément les règles de l'accent suivies par

les anciens et celles qui étaient suivies de son temps :

" Accentus normas legitur posuisse vetustas. Non tamen has credo servandas tempore nostro ".

» Il dit après les avoir exposées :

" Noster non penitus has normas approbat usus ".

(') Cf. ci-dessus, p. 163, note i.

» Il admet trois accents, acutus, grains, nioderatus (qui est intermédiaire entre les deux premiers), et il définit l'aigu et le grave comme Pierre Hélie. Quant à l'accent circonflexe, il déclare qu'il est tombé en désuétude : « cessit ab

usa >.

Stephen Morelot résume cette nouvelle théorie, d'après la thèse de Thurot. \''oici ce qu'il dit sur la valeur et \a. place des accents : << Outre l'accent grave, qui appartient à toutes les syllabes qui n'en ont point d'autre, Alexandre en distingue deux qu'il appelle modéré et aigu. Le premier (jnoderatus), qui est l'accent par excellence, se place partout où les anciens employaient soit l'accent aigu, soit le circonflexe. L'autre {acutus) est réservé pour les monosyllabes et la syllabe finale des oxytons. Ces mots sont d'abord ceux que Priscien et les autres grammairiens de l'antiquité recommandaient de marquer d'un accent final, par exception à la règle, afin de prévenir les équivoques qui auraient résulté de l'homonymie (') ; puis les mots hébreux indéclinables, que le chant ecclésiastique affectait d'une modulation particuhère ("j...; enfin la dernière syllabe du mot qui clôt une phrase interrogative >.

De Faccetit latiri {Revue de l' Enseignemetif cltréft'f)}, t. I, 185 1, p. 232).

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