‹ Le nombre musical grégorienChapitre 55 sur 534 · VoriscuSy lui aussi, n'est qu'une apostrophe apposée · texte numérisé non relu

VoriscuSy lui aussi, n'est qu'une apostrophe apposée

33. — Toutefois les diverses écoles de calligraphie neumatique n'ont pas conservé avec une égale persévérance, ni avec une égale fidélité, la forme primitive de X apostrophe. Le trait recourbé, — circuli pars dextera {J) — qui la caractérise a été soumis à des vicissitudes identiques à celles qui ont modifié l'accent grave et l'accent aigu. De très bonne heure, la stropha a subi des altérations, ici légères, là importantes, qui la défigurent diversement tout en retenant quelque chose du type primitif. Ailleurs, on a été plus loin : on l'a purement et simplement remplacée par le pun- 6luin ou la virga. Quoi qu'il en soit de ces altérations ou substitu-

tions, il reste toujours possible, par la comparaison des manuscrits, de reconnaître Xapostrophe dans les trois emplois principaux qu'elle a dans les mélodies grégoriennes : strophicus, pressus, oriscus.

§ 2. ~ Strophicus.

34. — Sous ce nom générique, on comprend la stroplia seule, la distropha et la tristropha.

V apostrophe {Fig.54) — V— (i) ne s'emploie jamais seule; eUe s'appuie toujours sur une note ou sur un groupe. Elle ne s'emploie pas non plus sur une simple syllabe.

Fig.sà

Mais la stropha qui termine ainsi les groupes se trouve souvent transformée en oriscus dans les manuscrits sur lignes :

iP^

Fig. 57

On en reparlera plus loin.

35.— Distropha {Fig. 38) —S\-. La stropha peut se doubler; elle reçoit alors le nom de distropha ou bistrop/m :

licpc

itt

Fig- 59

(1) Ordinairement les livres modernes de chant grégorien ne distinguent pas la forme de Vapostrophe de celle d'une simple note carrée : {Fig. 55) — ■ —

Les éditions de Solesmes, depuis 1903, lui donnent la forme ci-dessus (fig. 54) qui rappelle la forme primitive.

La distropJia est rarement employée seule sur une même syllabe ( 1 ). C'est la bivirga qui est alors en usage.

36. — Tristropha {Fig. 61) SSS ■ La stropha peut se ré^oéter jusqu'à trois fois. Le groupe ainsi formé reçoit le nom de tristropn\a.

:wtp-

Fig. 62

Ce groupe est la formule préférée pour signifier trois notes sur le même degré; la tristropha, contrairement à la distropha, se rencontre très souvent sur une seule syllabe.

rê-

In mé- di- o Ecclé- si- ae

a- pé- ru- it

à âââ é—É — w—*^

^ig- à 3

La tristropha se rencontre encore sous cette forme :

Fig. 64

37. — Répétition de la distropha et de la tristropha. Ces deux groupes peuvent se répéter eux-mêmes : — ♦^ — ^ — ^^ ^ ^ ^

fig- as (i) On en trouve cependant quelques exemples :

mi- se- ri- cor- di- am.

Mi- se- ri-

l^^^^g^^^yTO

Fig. 60

Ils peuvent être joints et mélangés à des notes et à des groupes :

:lt=^

:3é=é.-#jé:;

iz.

Pressus.

38. — En dehors des signes rythmiques dont nous parlerons plus loin, la notation neumatique pure n'avait, pour représenter le doublement d'un son, d'autres moyens que sa répétition graphique.

39. — Dans les manuscrits neumatiques, la virga se posait devant la clivis, le porreâîus et le climacus, pour doubler la première note de ces groupes.

Les neumes ainsi notés ont été rangés sous le nom générique de pressus, et ont fini par être assimilés à ce groupe.

Pressus-clivis : //] = ] ^

Pressus-correctus : I (\j ■= |^B

PRESSUS-CLIMACUS : //-^ = | | ^A

Ft^. 67

■fl

40. — Mais là n'est pas la véritable origine du pressus. Pour doubler une note, on posait à sa suite un signe graphique qui variait un peu de forme selon les pays, les écoles et les copistes, mais qui n'était, en somme, qu'une apostrophe.

Ainsi le pressus-clivis {Fig- 6S) //] se notait souvent ainsi {Ftg. 6g) / ' ou p La transcription exacte sur lignes serait :

Ftc

Rythme Grég. — 10

C'est l'équivalence exacte de

Fig. 71

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