‹ Le nombre musical grégorienChapitre 6 sur 534 · LE SON ET LE MOUVEMENT SONORE · texte numérisé non relu

LE SON ET LE MOUVEMENT SONORE

. , , sons lonefs

i^ la durée OU quantité \ , ^

' sons brefs

„..,,. ( sons forts

2° ïtntenstte ou dynainie l

sons faibles

, , ,, j. ( sons aigus

30 la hauteur ou mélodie {

( sons graves

,.,, , ,,. ( Les timbres

Ap le timbre ou qualité phonétique ^ . . , ,

( sont innombrables.

De là quatre ordres de phénomènes.

14. — Nous appelons ordres l'ensemble des lois qui règlent l'emploi de la durée, de la dynamie, de la mélodie et du timbre.

\° L ordre quantitatif Q,ç>m}^x^wdi tous les phénomènes de durée, longueur ou brièveté ; c'est le plus important ;

2° L'ordre dynamique comprend tous les faits, toutes les manifestations d'intensité, force ou faiblesse, qui sont perçus principalement par le crescendo ou le decrescendo de la phrase ;

30 L ordre mélodique concerne les intervalles des sons, acuité ou gravité ; les gammes, les systèmes mélodiques ou modes ;

40 L ordre phonétique embrasse, dans la musique instrumentale, toutes les différences de timbre des instruments ; dans la musique vocale, les différences de timbre des voyelles, dont les combinaisons, les retours (v. g. les rimes) peuvent apporter au rythme un accroissement de charme et de beauté.

15. — L acuité ou la gravité des sons vient de la vitesse des vibrations. Plus les vibrations des corps sonores sont lentes, plus le son est grave; au contraire, plus les vibrations sont rapides, plus le son est aigu.

L intensité croît ou décroît avec l'amplitude des vibrations.

Le timbre dépend de la forme des vibrations ; chaque timbre donnant à la vibration un contour, une forme particulière.

Quant à la durée, elle n'est que la prolongation plus ou moins longue d'un son donné.

16. — L'union intime et harmonieuse de tous ces phénomènes sonores : sons brefs et longs, forts et faibles, aigus et graves, timbres de toutes sortes, successifs ou simultanés, engendre la Mélodie, la Parole, l'Harmonie et enfin le Rythme sans lequel

toute Mélodie, toute Parole, toute Harmonie demeure matière inerte et morte.

17. — Nous venons de nommer le Rythme, c'est qu'en effet, nous devons le dire au risque d'anticiper, il existe, en dehors des quatre ordres énumérés, une série de phénomènes très importants qui constituent un nouvel ordre.

Les sons, en tant qu'employés dans le rythme, se distinguent par le rôle qu'ils remplissent dans le mouvement sonore rythmique; car bien différente est l'impression qu'ils communiquent selon qu'ils sont placés à Xélan, au début du mouvement, ou à sa fin, à son expiration. On doit donc ajouter aux quatre ordres précédents un cinquième ordre.

50 U ordre rythmique proprement dit. Nous l'appellerions volontiers cinématique (x.tvy;(7t;, mouvement) ou ordre du mouvement rythmique. Ce mot xtv/;o-t; entrait presque toujours dans la définition, grecque ou latine, du rythme. Il comprend en effet tous les élans, tous les repos, toutes les ondulations sonores si variées, si vivantes, si expressives de \? phrase rythmique.

18. — Compénétration des cinq crdres de phénojuènes ; leur distinction est un pur instrument cCanalyse. — Ces divers phénomènes ne sont pas toujours appelés à participer tous ensemble à la formation du rythme; mais quel que soit le nombre de ceux qui entrent dans sa composition, ils s'unissent entre eux, se compénètrent, se perfectionnent mutuellement pour obtenir le but commun : l'œuvre d'art. Seule une analyse de raison peut autoriser la séparation de ce qui, in concrète, est inséparable. Ces distinctions sont cependant nécessaires pour le rythmicien : elles nous aideront puissamment dans notre exposition, et, à mesure que les faits quantitatifs.^ dynamiques, mélodiques, etc., se présenteront, nous assignerons à chacun sa place dans X ordre qui lui convient et sa part active dans le travail commun.

Nous espérons ainsi présenter avec clarté un sujet très complexe en lui-même. C'est du reste à la confusion de ces ordres que sont dues principalement les obscurités, les inexactitudes de terminologie, les erreurs qui encombrent les travaux faits sur ce sujet. Les distinctions d'ordre seront au lecteur comme un fil conducteur à travers nos recherches sur la genèse du rythme.

Page 1