‹ Le nombre musical grégorienChapitre 83 sur 534 · Uambitus des mélodies est extrêmement variable · texte numérisé non relu

Uambitus des mélodies est extrêmement variable

a) Les unes remplissent exactement l'échelle complète des modes (huit ou neuf notes) ;

b) D'autres restent en deçà et se développent dans l'espace de quatre, cinq ou six notes ;

c) Il y en a, au contraire, qui dépassent les limites de l'échelle régulière, tantôt à l'aigu, tantôt au grave ;

d) Enfin quelques mélodies emploient toutes les notes de l'authentique et du plagal (onze notes), et, quelquefois même, l'étendue entière de ces deux modes ne suffit pas.

e) Remarque. — Les mélodies grégoriennes repoussent comme une imperfection et une faute tout ce qui peut ressembler à la note sensible de la musique moderne et spécialement au demi-ton au-dessous de la finale des modes authentiques. L'ambitus des modes authentiques, disaient les théoriciens, s'étend, en montant, de leur finale à l'octave : premier mode de ré à ré; troisième mode de 7ni à mi; cinquième mode Atfakfa; septième mode de sol à sol Ils descendent seulement d'une note au-dessous de la finale, excepté le cinquième mode {excepto tritd) (i) qui n'a pas un ton plein au-dessous de sa finale {fa\ mais seulement un demi-ton {mi). Pourquoi cela? Propter subjectam semitonii imperfectiotiem, dit Guy d'Arezzo (2) ; qjiia semitonii imperfectio non patitur fieri descejisum competentem, dit un autre (3). Pour éviter le mi on descendait plutôt jusqu'au ré, ainsi que le fait remarquer un autre auteur : Sed si descendit, potest ad D grave (ré), ut dictum est, attingere (4).

Les exercices de solfège doivent être composés soigneusement d'après cette règle, dont l'observation habitue l'oreille de l'élève à la gravité et à la noblesse de la modalité grégorienne.

(i) Gerb. Script. II, p. 50; it, III, p. loi.

(2) Memineris quod... toni authenti vix a suo fine plus una voce descendunt. Ex quibus autentus tritirs (cinquième mode) rarissime id facere propter subjectam semitonii imperfectionem videtur. Gerb. Scripi. II, p. 13.

(3) COUSSEMAKER. Script. II, p. 438.

(4) Gerb. Script. III, p. 112. — Les textes des anciens sont abondants et clairs sur cette théorie, à laquelle les mélodies grégoriennes bien authentiques se conforment pleinement.

199. — Transposition des modes. — Mélodies avec finales sur a = la, t^ = si, c = do.

Les notes r/, mi, fa, sol, ne sont pas les seules qui terminent les pièces grégoriennes; on trouve aussi les finales la, si, do, en sorte que les sept notes de la gamme peuvent servir de finales. Toutefois les gammes qui s'appuient sur ces trois notes n'étaient pas regardées par les anciens théoriciens dont nous exposons la doctrine comme de nouveaux modes. Elles contiennent, dans le même ordre, les mêmes intervalles que les modes finissant sur ré, mi, fa, lorsque ces modes sont affectés du si b .

Quarte grave Finale Quinte commune Quarte aiguë

protus: [Normal: la si do ré mi fa sol la si do re

1er et 2e \ ^ ^

MODES. [Transposé : mi fa sol la si do ré mi fa sol la

Quarte grave Finale Quinte commune Quarte aiguë Je t. %u

tritus: (Normal: si do ré mi fa sol la si do ré mi

5e et 6e -J ? \f

modes. I^ Transposé : fa sol la si do ré mi fa sol la si

Quarte grave Finale Quinte commune Quarte aiguë K t. K t. , K t.

deuterus : {Normal : do re mi y« sol la si do ré mi fa

3e ET 4e -^ V

MODES, y Transposé : sol la si do ré mi fa sol la si do

Cette théorie permet de considérer ces trois échelles transposées comme équivalentes aux échelles normales; il faut cependant bien savoir que les faits ne correspondent pas toujours à cet enseignement : nos connaissances sont assez limitées sur ce point.

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