‹ Le nombre musical grégorienChapitre 97 sur 534 · PRINCIPES GÉNÉRAUX S' APPLIQUANT A TOUS LES GROUPES · texte numérisé non relu

PRINCIPES GÉNÉRAUX S' APPLIQUANT A TOUS LES GROUPES

§ I. — Le groupe grégorien, son individualité.

252. — Si l'on jette les yeux sur les pages d'un livre de musique grégorienne, on remarquera aussitôt que les groupes neumatiques tantôt s'appuient sur les paroles liturgiques, et tantôt, soutenus sur une seule voyelle, se déploient librement, en longues et riches vocalises de dix, vingt, trente, quarante notes. Sans aucun doute ces luxuriants mélismes ont un rythme ; d'où vient-il ?

De la distinction de tous ces groupes en phrases, en membres, en incises, et finalement en petits groupes de deux, trois ou quatre notes, qui, eux-mêmes, se réduisent en temps simples.

253. — C'est qu'en effet le groupe neumatique peut être comparé au mot du discours. Le mot considéré isolément, en dehors de la phrase, a sa forme spéciale, son individualité propre ; en dépit des syllabes plus ou moins nombreuses qui le composent, il a son unité ; de plus, il a un sens, il exprime une idée. On verra bientôt qu'il a sa mélodie et son rythme à lui.

Il en est de même du groupe neumatique. Lui aussi, en tant que groupe, jouit d'aine existence personnelle, d'une pleine autonomie, et ses deux, trois, quatre, cinq notes distinctes ne troublent en rien son unité; enfin, pour compléter l'analogie, il exprime, à sa manière, une idée musicale mélodique et rythmique qui n'est pas celle du groupe voisin.

254. — Il suit de là que pour dire, chanter, rythmer le groupe isolé, il y a des lois foncières qui découlent directement de ses diverses qualités. Ces lois lui appartiennent en propre, et restent tout à fait indépendantes du texte littéraire ou du texte mélisma-

tique dont le groupe est d'ordinaire enveloppé. Ce sont ces lois premières d'exécution des groupes qu'il faut exposer ici : la connaissance en est aussi nécessaire que l'est, pour la bonne et correcte émission des mots, celle des lois qui règlent la prononciation et l'accentuation des paroles dans le langage.

255. — Toutefois, pour être complet, il faut ajouter de suite que mots et groupes neumatiques sont des individus de caractère éminemment sociable : ils n'ont d'existence que pour se réunir, s'associer et former des membres de phrases littéraires ou musicales. Dans ce cas, les groupes, pour s'en tenir à eux, deviennent souples, malléables, et se prêtent à certaines transformations. Ces transformations, à la vérité plus superficielles que profondes, appartiennent surtout à l'ordre dynamique ; leur but est d'adapter plus aisément les groupes à l'ensemble de la construction mélodique et rythmique. On étudiera plus tard ces diverses modifications du groupe; pour le moment il ne s'agit que du groupe simple, du groupe isolé, et des règles qui président à son exécution.

256. — La connaissance théorique et pratique de ces règles nous permettra d'arriver aux exercices de pures vocalises pour la formation de la voix. Ces exercices sont ici à leur place, car, dans les méthodes bien graduées, ils viennent après le solfège, avant l'adaptation du texte aux mélodies. L'application des paroles aux groupes neumatiques réclame de l'élève une plus grande dépense de science et d'attention; il est préférable de ne pas exiger tout d'abord ce surcroît d'efforts. D'ailleurs, l'intelligence parfaite des qualités rythmiques des groupes particuliers le prépare à ce travail, en lui aplanissant les principales difficultés.

Afin de faciliter davantage encore la première rencontre de rélève avec le rythme des groupes grégoriens, on ne donnera ici que les premiers principes concernant leurs subdivisions rythmiques et la succession de ces groupes, limitant ces notions à ce qu'il est utile de savoir pour aborder, dans la troisième partie, l'alliance du texte et de la mélodie simple ou ornée.

§ 2. — Valeur quantitative des notes dans les groupes.

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