‹ Le non-restraintChapitre 10 sur 53 · STATISTIQUE DES ALIÉNÉS EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

STATISTIQUE DES ALIÉNÉS EN ANGLETERRE

serait pas légitime en présence des chiffres irrécusables de la statistique, en présence même de l’étude générale qu’il m’a été donné de faire, quoique d’une manière très-incomplète, des causes perturbatrices de l’ordre physique et de l’ordre moral dans le Royaume Uni. Là, comme en France, ces causes sévissent avec une intensité très-grande et produisent pareillement la folie ainsi que toutes les dégradations de la nature humaine qui en sont la conséquence, et que, dans mon Traité des dégénérescences, j’ai signalées sous le nom de variétés maladives dans l’espèce humaine. Voici du reste, quant au nombre des aliénés en Angleterre, ce que nous apprend la statistique. Je n’en dirai qu’un mot, ne pouvant m’occuper, dans un travail aussi restreint et aussi spécial, d’une étude comparée des causes physiques et morales de la folie pour ce qui regarde deux pays, tels que la France et l’Angleterre, qui ont entre eux eux tant de points de contact et néanmoins tant de points de dissemblance.

Statistique des aliénés en Angleterre. — En 1843 On comptait dans les asiles de l’Angleterre et du pays de Galles, exception faite de l’Irlande et de l’Écosse, 11,272 aliénés. En 1833 ce chiffre atteignit 17,112, et 23,310 en 1858. Mais ce dernier nombre, quoique singulièrement augmenté depuis 1843, était bien loin encore de la réalité, ainsi que le constate la sérieuse enquête publiée au 1er janvier 1858. On voulut savoir, à cette époque, le chiffre des aliénés renfermés dans les Work-houses et dans les prisons, et de ceux qui étaient isolés dans les établissements privés ou maintenus chez eux. On n’oublia pas enfin de compter, d’une manière aussi approximative que possible, les insensés de toutes les catégories, aliénés proprement dits et imbéciles [lunatics and idiots ) vivant dans leurs familles. Or voici les chiffres nouveaux qui doivent s’ajouter aux chiffres préliminairement établis.

Dans les Work-houses , on trouva 6,947 aliénés, 4,738 dans les établissements plus spécialement destinés à la classe riche. Le nombre des aliénés maintenus dans leurs familles ne s’élevait pas à moins de 8,000 pour la classe pauvre, et 2,000 pour la classe riche. Enfin les prisons et les lieux de détention pour les vagabonds ( vagrants ) ont donné 300 individus. C’est donc un chiffre de 17,247 qu’il faut ajouter au chiffre primitif, ce qui fait monter la proportion des aliénés en Angleterre et Galles, pour janvier 1858, à 36,557. M. le docteur Arlidge, auteur d’un excellent tra-

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