‹ Le non-restraintChapitre 12 sur 53 · ASILE SPÉCIAL POUR LES IMBÉCILES ET LES IDIOTS · texte numérisé non relu

ASILE SPÉCIAL POUR LES IMBÉCILES ET LES IDIOTS

Ce que je dis de la tendance à établir des catégories, qui est observée en Angleterre, n’est pas une appréciation vague, contestable même en quelques points ; c’est une réalité qui se révèle dans la pratique. J’ai fait observer que les Anglais avaient une répugnance excessive à placer dans les asiles d’indigents ( poor lunatics asylums), les aliénés de la classe riche; aussi le nombre des établissements privés est-il très-considérable. Cette circonstance seule donne à leurs institutions publiques d’aliénés plus d’homogénéité, et leur évite probablement bien des difficultés qui nous incombent. D’un autre côté, la disposition à isoler, dans des établissements spéciaux les idiots et les imbéciles, se montre pareillement dans la pratique. A l’époque où j’étais en Angleterre, on achevait les dispositions nécessaires pour faire un établissement d’idiots et d’imbéciles à Surray. M. le docteur Billod, médecin directeur de l’asile d’Angers, qui a visité l’Angleterre depuis moi, m’écrit, à Ja date du 11 avril 1860, qu’il a assisté à l’installation de ce magnifique établissement de 300 idiots, et il y joint cette observation, qui confirme les réflexions qui précèdent. « Une condition qui paraît être requise pour l’admission, dit M. le docteur Billod, c'est que l’idiotisme et l’imbécillité ne s’accompagnent d’aucune tendance agressive ou autre qui rende le sujet dangereux. J’y ai remarqué, ajoute ce savant médecin, des types de microcéphales et d’êtres dégénérés, qui feraient votre admiration. J’ai constaté chez ces jeunes gens déshérités la fréquence du strabisme et d’une habitude en quelque sorte convulsive, se traduisant dans les mouvements et les attitudes, » etc.

M. le docteur Billod doit publier, du reste, la relation de son voyage ; mais l’on voit, par cette simple citation, qu’un choix préside même à l’admission des idiots, qui sont cependant de tous les êtres dégénérés les plus impulsifs, et ceux chez lesquels il est le plus difficile de prévoir à l’avance les dangers qu’ils peuvent faire courir par l’explosion subite et imprévue de leurs mauvaises tendances instinctives. Il est facile maintenant, en se reportant à ce qui se passe en France, de voir qu’il n’existe pas la même homogénéité dans nos asiles eu égard aux individus qui y sont séquestrés, et, partant, la même facilité de classification.

Je ne sache pas non plus qu’il y ait en Angleterre de ces asiles régionaux, où l’on reçoit les aliénés de quatre ou cinq départements. Cette circonstance est éminemment favorable à la concentration sur un point donné des cas les plus difficiles et les plus irréduc-

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