ORGANISATION MÉDICALE DES ASILES ANGLAIS
autre, tel ou tel système, telle ou telle méthode, si incontestable que soit le bénéfice que l’on en retire ailleurs.
Organisation médicale. — Parmi les questions que je me suis posées, en voyant le calme et la tranquillité qui existent dans les asiles anglais que j’ai visités, il en est une très-délicate, et qui se rapporte à l’organisation même de ces établissements, tant au point de vue médical qu’au point de vue administratif. Je me suis demandé si le service médical était mieux organisé en Angleterre.
Je ne pense pas que sous ce rapport nous ayons rien à envier à ce pays. Les médecins aliénistes anglais sont très-instruits, très-zélés ; la position qui leur est faite est généralement bien supérieure à la nôtre ; mais je ne crains pas de dire qu’ils succombent à une tâche au-dessus de leurs forces.
A Colney-Hatch, où il y a 1,400 malades, deux seuls médecins sont en fonctions, et ils n’ont ni élèves internes, ni médecins adjoints, ni pharmacien. Pareille chose existe à Hanwell, où MM. Begley et Sankey, dont tout le monde, en Angleterre, apprécie la science et le zèle, doivent suffire aux soins à donner à 1,200 malades. L’un de ces estimables médecins a le service exclusif des hommes et l’autre celui des femmes. Ils n’ont l’un et l’autre ni médecin adjoint, ni élèves pour les aider dans leur tâche, recueillir les observations, faire les autopsies et devenir les soutiens permanents et les continuateurs des bonnes traditions médicales dans ces vastes établissements. Ils n’ont pas même de pharmacien et sont obligés de surveiller eux-mêmes la confection et la distribution des médicaments. A Derby, il n’y a qu’un seul médecin pour 400 malades, et la simplicité du service administratif n’implique pas, comme chez nous, la résidence d’un directeur, d’un économe, d’un receveur.
Je suis fondé à croire que tout ce qui tient au traitement médical proprement dit, à l’observation scientifique des malades, ainsi qu’à la conservation des bonnes traditions médicales dans un asile, reçoit en notre pays une impulsion plus large. Il est cependant juste de faire remarquer que l’application à des travaux manuels et industriels divers a peut-être en Angleterre une extension plus grande qu’en France. « Le nombre des meubles et des ouvrages de construction exécutés dans l’asile de Glascow, par exemple, dépasse, ditM . l’inspecteur général Parchappe, non-