INFIRMIERS, SURVEILLANTS
seulement tout ce que j’avais jusqu’alors observé, mais encore tout cê que j’avais conçu possible. Et, après s’être étonné de la quantité et de la variété des produits du travail mécanique, il reste encore à admirer leur perfection... Le même honorable auteur nous donne des détails fort intéressants sur une foule de métiers exercés dans les asiles anglais, y compris la typographie. Dans l’asile d’Édimbourg, on imprime des états, des circulaires. Le rapport médical de 1846 est sorti de cette presse, qui sert aussi à imprimer un journal rédigé par les malades de l’établissement, sous le titre de Morning Side-mirror , qui paraît tous les mois, contient une demi-feuille et comptait deux années de publication à l’époque où l’ancien médecin de Saint-Yon visitait les asiles anglais. »
Nous trouvons en France dans la classe des internes, des auxiliaires très-utiles, lorsque surtout ces jeunes gens veulent se livrer spécialement à l’étude de l’aliénation. Ajoutons enfin, qu’en l’absence si regrettable de tout enseignement officiel concernant les affections nerveuses, nos asiles sont les milieux où se recrutent les chefs de service pour les besoins ultérieurs du service des aliénés.
Infirmiers, surveillants. — Quant aux infirmiers et aux gens de service, j’ai entendu émettre en Angleterre les mêmes plaintes que chez nous sur la difficulté de s’attacher d’une manière plus permanente ces auxiliaires indispensables et si utiles. Et cependant il existe entre ces deux pays une bien grande différence pour les émoluments qui leur sont alloués, et conséquemment une facilité plus grande pour les choix qu’il est possible de faire. En 1834, M. Ferrus faisait déjà ressortir cette différence en constatant qu’un premier surveillant en Angleterre recevait de 1,000 à 1 ,200 francs, et les' infirmiers inférieurs de 500 à 600 francs, tandis que chez nous la moyenne des rétributions était de 200 francs. Même aujourd’hui, quoiqu’ils aient été progressivement augmentés, les gages des infirmiers et infirmières sont au-dessous de ce que peuvent gagner dans les maisons bourgeoises des individus qui font les fonctions de valets de chambre, ou de garçons de labour ou d’écurie dans les fermes.
Toutefois, sans vouloir déprécier les serviteurs laïques de nos asiles en France, je suis tenté de croire que cette même classe est supérieure en Angleterre comme niveau intellectuel et moral.