DISPOSITIONS INTÉRIEURES DES ASILES ANGLAIS
ajoute cet honorable inspecteur général, qu’en Angleterre l’orgueil national et la fierté individuelle, quoique exagérés jusqu’à l’abus, même pour la charité, enfantent des prodiges. Les preuves de cette assertion ne sont que trop nombreuses ; elles se multiplient comme le nombre des établissements divers dans lesquels l’infortune trouve un asile ou des secours momentanés. »
Disposition s intérieures des asiles anglais. — Quant à la disposition intérieure des asiles, elle est tout autre en Angleterre qu’en France. On peut lire dans le rapport de M. Deboutteville avec quelle perfection est organisé le service intérieur sous le rapport du confortable. Tout ce qui tient à la distribution des eaux, à la ventilation, au chauffage, me semble mieux entendu qu’en France, pour la facilité surtout et la promptitude avec lesquelles s’accomplissent les services divers. Ceci ne veut pas dire que les plans deconstruction des asiles anglais soient parfaits, et la critique s’est exercée dans ce sens en Angleterre même, ainsi qu’on peut le voir dans les nombreux et volumineux rapports des inspecteurs, dans le récent travail du docteur Arlidge, et dans un ouvrage spécial de M. le docteur Gonolly : Construction and government of asylums. Mais il est un fait qui reste acquis, c’est qu’une observation attentive, dit M. Deboutteville, conduit bien vite à reconnaître que les asiles anglais sont administrés avec beaucoup d’ordre et d’intelligence ; que les malades y sont, de la part des employés de tout rang, l’objet des soins les plus vigilants et les plus bienveillants (1).
Cette dernière observation est une des conclusions du rapport de M. Deboutteville, et je ne puis que répéter encore que c’est là un précieux document qui sera consulté avec fruit par tous les administrateurs des asiles actuels, et par ceux surtout qui seront appelés à diriger les asiles nouveaux qu’il s’agit de construire dans notre pays. On ne saurait donc nier que ces perfectionnements ne concourent, avec la bonne nourriture et les bonnes conditions de vêtement, à tempérer l’irritabilité des malades et à maintenir le calme et l’harmonie dans des milieux aussi faciles à troubler que les asiles d’aliénés (2).
(1) Deboutteville, Rapport cité , p. 88.
(2) Il ressort du rapport de M. Deboutteville qu’après avoir fait la part de l’hygiène différente des deux nations, on ne pourrait en inférer cependant que le régime alimentaire des asiles anglais soit meilleur que le nôtre. Mais il est bon de