HISTORIQUE DU NON— RESTRAINT
De l’origine du non-restraint en Angleterre. — Des moyens employés par M. le docteur Conolly à Hanwell pour arriver à abolir les anciens procédés de coercition.
Historique du non-restraint. — C’est en 4839 que M. le docteur Conolly, le principal instigateur de la réforme qui a si heureusement été accomplie en Angleterre, fut nommé médecin en chef à l’asile de Hanwell dans le Middlesex. Cet asile, qui ne contenait pas moins de huit cents malades des deux sexes, était le plus important établissement d’aliénés en Angleterre, et le docteur Ellis, qui en avait été le médecin en chef, lui avait donné par ses travaux scientifiques une grande notoriété.
Toutefois le zèle et l’activité du médecin Ellis n’étaient pas parvenus à placer Hanwell dans une situation morale parfaitement satisfaisante, et là, comme dans tous les asiles anglais, du reste, régnait, au sein de l’agitation générale, le déploiement le plus extraordinaire qui se puisse imaginer de moyens coercitifs.
Une seule exception existait néanmoins en Angleterre, et c’était l’asile des aliénés de Lincoln qui en donnait l’exemple. Il n’était question alors chez nos voisins que des moyens employés par le docteur Gardiner Hill, médecin de l’établissement de Lincoln, pour substituer d’autres moyens de traitement aux chaînes, aux camisoles, et autres engins de coercition que l’on peut désigner sous le nom de mechanical-restraint , par opposition à no-restraint. Dans ce même asile de Lincoln, il paraîtrait qu’un médecin, M. le docteur Charlesworth, avait préparé les voies pour l’inauguration d’un régime plus humain, et conséquemment plus en rapport avec le véritable traitement moral des aliénés. Les efforts du docteur Charlesworth s’étaient portés vers la diminution progressive des moyens restrictifs, et un accident malheureux arrivé à Lincoln hâta encore la réussite des réformes qui existaient en germe. En 4829, un aliéné camisolé et abandonné sans surveillance dans son dortoir, mourait asphyxié, par l’effet même du moyen employé pour contenir ses mouvements. Cet événement nécessita une disposition réglementaire spéciale, et il fut arrêté que lorsque la camisole serait prescrite pour la nuit, un infirmier veillerait dans la chambre du malade afin d’empêcher des malheurs pareils à celui que l’on avait eu à déplorer. Cette mesure eut