‹ Le non-restraintChapitre 24 sur 53 · DÉCHIREURS, DESTRUCTEURS, ÉPILEPTIQUES · texte numérisé non relu

DÉCHIREURS, DESTRUCTEURS, ÉPILEPTIQUES

vent être exposés. C’est à quoi l’on a voulu pourvoir en Angleterre en confectionnant pour les malades qui ont l’habitude de se déshabiller, des vêtements qui se ferment par derrière, soit avec des crochets, soit avec des lacets. II en est qui déchirent avec leurs dents les parements et les manches de leurs vêtements. On s’est bien trouvé de substituer en ces parties le cuir aux étoffes ordinaires, Beaucoup de malades ont la manie de se déchausser et de marcher pieds nus ; on est parvenu à leur faire garder leurs souliers en les convertissant en espèces de demi-bottines dépassant les malléoles, et fixées autour de la jambe par une lanière en cuir vissée ou simplement fermée avec un bouton (1). Aux malades qui se lacèrent la figure, déchirent les couvertures de leurs lits, il a suffi, pour les corriger de leurs mauvaises habitudes, de leur conserver un vêtement supérieur qui se terminait en forme de gant uni-digitaire. Mais on évita soigneusement de recourir à aucun des moyens autrefois employés pour fixer les mains aux rebords du litou les coudes à une ceinture en cuir attachée autour des reins.

Épileptiques. — II était d’usage en Angleterre et autres lieux de maintenir les épileptiques par un bras à un des rebords du lit. Il en résultait des inconvénients de plus d’une sorte, et entre autres que ces infortunés ne pouvaient alterner de côté et prendre une position favorable au sommeil. Antérieurement au docteur Conolly, plus de cent épileptiques étaient ainsi fixés dans leurs couches à Hanwell (2). Depuis la suppression du restraint nocturne à l’égard de ces malades, on observa bien moins de chutes ou accès épileptiques, d’exacerbations dans leur état, et de morts par asphyxie.

Aliénés suicides. — Mais que faire des infortunés qui sont dominés par la fatale tendance au suicide? Car voilà bien, de

O) A plusieurs de nos femmes de l’asile de Saint-Yon on appliquait la camisole parce qu’elles se déchaussaient et se déshabillaient ; nous sommes parvenus, au moyen des souliers et des vêtements fermés par derrière, à leur épargner ce moyen de contrainte, dont le principal inconvénient, en ces circonstances, est de les rendre gâteuses.

(2J En Angleterre, les épileptiques couchent sur des lits peu élevés, et des matelas posés par terre sont destinés à amortir le danger des chutes. Il est possible de maintenir les épileptiques et les paralysés généraux dans leurs lits au moyen de rebords mobiles et matelassés qui, se vissant aux parties supérieure et inférieure du lit, peuvent se relever la nuit et être maintenus avec des crochets.

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