‹ Le non-restraintChapitre 26 sur 53 · CONTENTION PAR LES INFIRMIERS (OBJECTIONS · texte numérisé non relu

CONTENTION PAR LES INFIRMIERS (OBJECTIONS

la thérapeutique dans les établissements où le restraint est regardé comme une nécessité. »

Des objections faites au non-restraint. • — Les observations que je viens de citer, font naître involontairement dans l’esprit des objections dont je ne puis amoindrir l’importance ; j’ai hâte de les reproduire et d’y répondre. Tout est possible, me dira-t-on, dans l’application d’un système si excessif qu’on le puisse imaginer. Vous ne voulez ni de la camisole ni des entraves ; il vous répugne de fixer les malades récalcitrants dans leur lit, et de les placer dans des baignoires fermées qui les maintiennent, et les empêchent soit de se sauver du bain, soit de se plonger la tête dans l’eau au risquede se noyer.

Mais de deux choses l’une : si vous ne mettez pas un frein aux mouvements incoercibles de certains aliénés, à leurs impulsions désordonnées, dangereuses et irrésistibles, vous êtes obligé d’employer les mains des infirmiers ( ministrantium maniis, potius quara vincula ), ainsi que le disait Cœlius Aurelianus, et de changer ces derniers en camisoles vivantes; ou bien encore vo.us n’avez d’autre ressource que de renfermer les aliénés furieux dans leur cellule , et, dans ces deux cas, voyez les inconvénients. Est-il rien qui irrite davantage les hommes que de se voir contenus par d’autres, et dans les efforts qu’ils font pour s’échapper, n’avez-vous pas à craindre les luttes et tous les dangers qui en sont la conséquence? Dans le deuxième cas, vous privez les malades d’air et de lumière et de mouvements, toutes choses qui leur sont indispensables. Vous ne camisolez pas les malades avec un vêtement de toile, cela est vrai, mais vous les environnez d’un mur à travers lequel vous ne pouvez plus voir ce qu’ils font, ni vous assurer si, dans leur désespoir, ils ne vont pas attenter à leurs jours. Sans doute nous admettons avec vous que la camisole est un moyen humiliant, dégradant jusqu’à un certain point; mais, encore une fois, de deux maux il faut choisir le moindre. Et d’ailleurs, l’application de ce moyen de contrainte ne doit être que momentanée. Quand on a revêtu de la camisole l’aliéné furieux, méchant ou dangereux, il est libre de ses mouvements ; il peut prendre de l’exercice, se promener dans les cours et les jardins. L’hygiène est sauvegardée, et votre malade n’est pas soustrait à votre observation.

Quoique j’aie déjà en partie répondu à ces objections en faisant ressortir une foule de procédés à l’aide desquels on pourrait se passer de la camisole, sans priver le malade du bénéfice qu’il re-

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