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ORGANISATION DES CELLULES DANS LES ASILES ANGLAIS

camisole était beaucoup plus usitée que de nos jours, je reste persuadé que beaucoup d’aliénés sont morts d’affections de la poitrine et autres organes, parce que l’usage constant de la camisole nous empêchait d’aborder le malade avec les éléments de diagnostic dont nous disposons, alors que nous pouvons librement l’ausculter, le percuter et nous rendre compte de l’état de la circulation et de la respiration. Ces considérations ne suffisent-elles pas à établir que le système du non-restraint n’est pas une simple utopie , un excès de sentimentalisme, mais qu’il repose tout entier sur des indications médicales nettes, précises, positives, dont les médecins doivent seuls, dans un asile, être les interprètes naturels.

Manière de comprendre la séclusion en Angleterre. — Examinons maintenant s’il est vrai de dire que l’abolition d’un moyen de contrainte n’est que son remplacement par un autre mode de restraint , et si en réalité, dans les asiles anglais, l’isolement cellulaire, autrement dit la séclusion, remplace la camisole de force.

Rappelons d’abord que, dans les asiles anglais, la plupart des malades couchent dans des chambres qui donnent sur de larges corridors. Ces longs et immenses couloirs, bien chauffés, du reste, et bien ventilés, ornés de tout ce qui peut flatter et réjouir les regards, servent d’habitation de jour. Il existe en outre, dans les grands établissements anglais, des salles de réunion où les malades viennent prendre le thé, et se livrent au plaisir de la musique, de la danse et d’autres divertissements.

Les cellules pour les aliénés tranquilles n’offrent rien de particulier, si ce n’est que les turbulents et les criards sont placés, la nuit, dans des endroits munis d’une double porte, qui a pour but d’amortir le son, et d’offrir plus de résistance aux violences du malade lorsqu’il est pris d’un état d’agitation.

Quant aux cellules préparées pour les aliénés violents à Bethlem, on en a revêtu les murs et les planches de plaques formées d’un mélange de caoutchouc et de liège. En examinant avec soin cette matière, il semble, dit M. Deboutteville dans son Rapport sur les asiles anglais, qu’elle a été obtenue par l’introduction d’une grande quantité de liège râpé dans du caoutchouc liquéfié, et que la masse, après avoir été coulée dans un moule, et s’y être coagulée, a été divisée par la scie en plaques de 2 mètres de longueur, sur 30 à 35 centimètres de largeur, et 3 à 4 centimètres

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