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ORGANISATION DES CELLULES DANS LES ASILES ANGLAIS

d’épaisseur. Les plaques elles-mêmes paraissent avoir été fixées aux murs et au sol au moyen d’un enduit Irès-résistant et sans emploi de clous et de chevilles. Entre les plaques qui lambrissent les murs, il existe des interstices de 2 à 3 millimètres.

Ce revêtement est très-solide, assez compressible pour que les coups n’occasionnent pas de retentissement et pour préserver à peu près complètement de la violence des chocs le malade qui chercherait à se heurter contre les murs. Cependant on a cru devoir mieux faire encore à Devizes, en garnissant le plancher de pareilles lames de caoutchouc et de liège, et rembourrant toute la surface de la cellule, y compris la porte et le volet intérieur de la croisée, d’une épaisse couche de crin, revêtu d’une étoffe blanche très-résistante et imperméable à l’eau. Enfin, à Colney Hatch, quelques cellules ainsi matelassées sur une hauteur de 2 mètres ou 2m,20 ont aussi leur pavé rembourré de la même manière. De plus, un tabouret percé, fixé à la porte de la cellule et contenant un vase de nuit que l’on enlève extérieurement par un guichet au bas de la porte et fermé à clef, est garni de tous ,e&tés avec le même soin. (Debouteville, Rapport sur la visite aux asiles anglais , p. 25) (i).

Voilà quel est le système cellulaire des Anglais, qui n’offre rien de bien effrayant, lorsque surtout les cellules sont bien aérées , bien ventilées, ainsi que cela a eu lieu en Angleterre (2). La nécessité d’avoir des cellules d’isolement pour quelques malades plus agités et plus turbulents que d’autres, n’est niée aujourd’hui par aucun praticien. J’ai pu, il y a dix ans, dans un autre asile,

(1) Depuis mon retour d’Angleterre, nous avons pu organiser quelques cellules de ce genre. Elles remplissent le même but, qui est d’isoler pendant quelques instants des aliénées qui, dans leur aveugle fureur, brisent et déchirent, frappent leurs compagnes et cherchent à se faire du mal à elles-mêmes. Ces cellules ont été organisées avec bien moins de frais qu’en Angleterre. Il suffit de garnir les parois d’une chambre avec de la zostère maintenue [entre une double enveloppe de toile à voile. La partie extérieure est enduite d’un vernis qui augmente la résistance de l’étoffe et permet de la laver lorsque les malades l’ont souillée. L’autre partie est fixée au mur et se rattache à une cloison que l’on établit préalablement. C’est un véritable matelas, ayant 5 à 6 centimètres d’épaisseur et bien suffisant pour empêcher les malades de se faire du mal en se frappant la tête.

(2) On comprend seulement qu’en raison du vaste développement architectural que comporte un établissement de 1,000 ou 1,200 malades, logés dans leurs chambres, les cellules ne présentent pas toujours des proportions bien étendues. Mais les Anglais comprennent maintenant la grande économie qu’il y a de faire coucher les aliénés dans des dortoirs communs.

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