‹ Le non-restraintChapitre 3 sur 53 · DE L ETAT ANCIEN DES ASILES ANGLAIS · texte numérisé non relu

DE L ETAT ANCIEN DES ASILES ANGLAIS

Coup d’œil général sur l’état ancien et sur la position actuelle des asiles anglais.

— Considérations particulières sur le calme et la tranquillité qui régnent dans

les établissements d’aliénés en Angleterre.

Pour bien apprécier l’état moral des asiles d’aliénés en Angleterre, il n’est pas sans intérêt de se reporter un instant en arrière, et d’examiner ce qu’étaient ces établissements il n’y a pas encore un demi-siècle. Cette courte revue rétrospective nous aidera à comprendre la réaction extraordinaire qui s’est organisée contre les moyens de coercition en ce qui regarde le traitement des aliénés, réaction qui se résume aujourd’hui dans un mot trèspopulaire en Angleterre, le non-restraint. Il a valu au principal propagateur de ce système, à M. le docteur Conolly, ancien médecin en chef de l’asile de Hanwell, une réputation immense et justement méritée. Au reste la manière de voir de cet homme éminent est exposée dans un ouvrage répandu dans toute l’Europe et qui a pour titre : On the Treatment of the Insane , du traitement des aliénés.

Un autre enseignement ressort encore de cette étude, qui nous démontre que les essais tentés dans le but d’améliorer l’état intellectuel et moral de l’homme ont pour résultat de comprendre la guérison des diverses plaies de l’ordre social. L’impulsion est donnée aujourd’hui non-seulement en Angleterre, mais l’on peut dire dans toute l’Europe. Ce ne sont pas seulement, en effets les asiles où l’on renferme les êtres privés de leur raison qui se perfectionnent sous l’influence moralisatrice de la science, ce sont encore les prisons et les établissements destinés à recueillir les malheureux atteints d’infirmités physiques ou intellectuelles congénitales. Toutes ces institutions, encore une fois, se ressentent des progrès de cette science dont le but est d’arriver à la moralisation de l’espèce humaine. C’est là ce que j’ai pu observer en Angleterre pour les maisons de détention, pour les asiles destinés aux enfants des vagabonds et repris de justice ( ragged schools ), pour les institutions si nombreuses fondées dans ce pays en faveur des sourds-muets, aveugles de naissance et vieillards infirmes.

Je ne veux pas dire que tous ces établissements soient également parfaits et qu’ils ne laissent rien à désirer. Mais leur histoire et leur critique n’étaient pas le but de ma mission. Je

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