DES INDICATIONS SUPÉRIEURES DU NON-RESTRAINT
faire courir la réunion de plus de mille aliénés. L’influence salutaire exercée par la nouvelle méthode sur les malades entrants, même sur les plus violents, a été telle que le spectacle des terribles formes de la manie et de la mélancolie a formé une bien rare exception, et que l’ordre de l’établissement n’en a pas été troublé, ni l’aspect riant qu’il offre nullement contristé. »
Si donc, malgré toutes les explications données, on me demandait encore, comment cela est possible, je répondrais avec cet infirmier de Saint-Luke dont j’ai déjà cité les paroles : Le désordre appelle le désordre, la violence provoque la violence... Et c’est là ce que savent bien les médecins d’aliénés. L’expérience qu’ils acquièrent dans leurs propres asiles leur apprend, en effet, que rien n’est plus favorable pour calmer les nouveaux arrivants que l’impression exercée sur des esprits agités par l’ordre et la tranquillité qui régnent dans un asile. Mais que ces mêmes agités soient immédiatement placés au milieu des turbulents, ainsi que cela a malheureusement lieu lorsque les locaux sont exigus et mal appropriés, alors il est bien évident que l’agitation des nouveaux venus se mettra bien vite à l’unisson de celle des malades anciens. C’est là malheureusement ce qui n’arrive que trop souvent à Saint-Yon, où le défaut d’espace ne nous permet pas toujours de classer nos malades arrivantes comme nous le voudrions. C’est là l’inconvénient qui existe dans beaucoup d’autres asiles et qui désespère les médecins. Les conséquences de cet état de choses sont faciles à prévoir. L’asile d’aliénés au lieu de devenir un lieu de sédation, un instrument de traitement, ne sera qu’un réceptacle de cris et de fureur, de désordre et d’instincts dépravés, contre lesquels lutteront en vain le zèle et la science des médecins.
Des indications supérieures qui doivent concourir à l’abolition des moyens
coërcitifs.
Je suis entré dans de grands détails pour faire ressortir les inconvénients des moyens de restriction, et indiquer les procédés divers à l’aide desquels on peut, dans une infinité de circonstances, remplacer la camisole et se dispenser de fixer les malades dans leur lit ou sur les chaises de force. Mais je m’aperçois que je n’ai pour ainsi dire abordé que le côté matériel de la question. La méthode qui consiste à faire régner le calme et la tranquillité au sein d’un asile est fondée sur des indications d’un or-