PROGRÈS DU NON-RESTRAINT EN ANGLETERRE
et dont j’ai imploré la protection; je l’en remercie parce qu’il m’a soutenu. {Quia fuisti adjutor meus.) »
Le docteur Conolly n’habite plus l’asile de Hanwell, mais dans la retraite qu’il s’est créée près de cet établissement, auquel il a consacré dix années d’une vie si bien remplie, sa pensée ne cesse de se tourner vers ces malheureux, qui furent l’objet de ses affections. Il exprime en termes touchants la consolation qu’il éprouve lorsque les sons de la cloche qui lui arrivent à travers la vallée de la Brent, lui indiquent que les malades de l’asile de Hanwell se lèvent ou se couchent, ou qu’un repas confortable les convie à réparer leurs forces, ou bien encore que le chapelain les attend dans le lieu saint pour remercier avec eux l’auteur principal de tout ce qui nous arrive d’heureux ici-bas.
A l’époque où M. le docteur Conolly pouvait ainsi se féliciter d’avoir eu foi dans les nouvelles destinées de Hanwell (1849), il se trouvait amplement récompensé de ses efforts en pensant que le système dont il s’était fait le promoteur prenait droit de domicile dans les principaux asiles de la Grande-Bretagne, et que partout on constatait les résultats les plus consolants.
Des progrès du 11011-resiraint en Angleterre. — Aussitôt que le nouveau système de traitement eut fonctionné à Hanwell, dit M. le docteur Conolly, il fut bientôt adopté par tous les surintendants des asiles anglais qui se trouvaient dans le rayon de cet établissement. Les succès furent partout les mêmes. On reconnut invariablement que la détermination, une fois bien arrêtée, de traiter tous les cas de folie sans employer les moyens mécaniques, amenait dans la pratique des résultats inespérés. Les cas que l’on considérait d’abord comme des exceptions, vinrent bientôt augmenter la somme des faits accomplis, et le succès justifia la théorie. Les déceptions elles-mêmes ne prouvèrent qu’une chose : c’est qu’on avait fait fausse route en quelques points d’application du système.
« Dans n’importe quel asile, dit le docteur Conolly, où le nonrestraint trouva un accès favorable, il s’y impatronisa de telle sorte qu’il n’en sortit plus. Je dois ajouter (et j’appelle toute l’attention du lecteur sur cette citation de l’ouvrage de M. Conolly, qui répond à une des plus graves objections qu’on lui ait faites), je dois ajouter que, pas plus que les surintendants des asiles, je ne me suis hasardé à dire avec M. Gardiner-Hill, que le non-res -