ASILE DE TOULOUSE
Opinions des médecins français. — Des différents points de vue auxquels ils se placent dans l’examen de la question. — Objections. — Tendance à s’entendre sur la question de l’emploi des moyens coërcitifs.
J’ai eu l’honneur de vous prévenir, Messieurs, au début de ce travail, qu’avant de vous lire un document officiel sur la question du non-restraint, je tenais à me mettre en rapport avec mes collègues les médecins d’aliénés en France. Il m’importait, disais-je, de savoir quels étaient les progrès qu’il leur avait été possible d’accomplir dans leurs propres asiles en ce qui concernait les moyens de restriction, et quelle était leur manière de voir touchant la possibilité de réaliser en France le système du non-restraint .
Le sujet que j’aborde est délicat, et je sais qu’il est possible de tirer de la divergence des opinions plus d’une conclusion hostile au principe du non-restraint . Je pense être assez heureux pour pouvoir démontrer que, même en plaçant la question sur le terrain brûlant des opinions individuelles, les médecins aliénistes français sont bien près de s’entendre. La conciliation est d’autant plus facile que, depuis longtemps déjà, et malgré les immenses difficultés que beaucoup ont eu à surmonter, ils dirigent tous leurs efforts vers un but commun, celui de l’amélioration des aliénés. C’est pour obéir à ce sentiment que je publie quelques extraits de correspondances, destinés peut-être, dans l’intention primitive de leurs auteurs, à ne pas sortir du cercle des confidences intimes. Mais l’idée de faire naître des discussions irritantes est si loin de ma pensée que les honorables médecins qui ont bien voulu me faire part de leur manière de voir, seront les premiers à excuser les moyens que j’ai pris pour donner au sujet du non-restraint un intérêt général, et l’éclairer de toute la lumière désirable.
Asile de Toulouse. — « Permettez-moi d’abord de vous dire , m’écrit M. le docteur Marchand, médecin en chef de l’asile des aliénés de Toulouse, que par suite de mes préventions d’école, j’ai été longtemps partisan de la camisole et hostile à la question du rccmrestraint. A Charenton, à Bicêtre, et partout en France, on a vanté et largement employé la camisole. M’était-il permis de douter de ses avantages en présence d’une pratique aussi générale? Cepen-