ASILES DE TOULOUSE, DE FAINS
dant j’ai eu plusieurs fois l’occasion de constater qu’on abusait de ce moyen de contrainte. Mes opinions, déjà depuis longtemps ébranlées sur l’utilité de la camisole, ont été presque totalement changées depuis que j’ai pris possession du nouvel asile de Toulouse. »
En effet, M. le docteur Marchand entre dans d’intéressants détails pour prouver que dans un nouvel asile à peine achevé, qui n’avait pas même de murs d’enceinte et où les ouvriers étrangers se trouvaient confondus avec les aliénés, il a pu restreindre de jour en jour l’emploi de la camisole au point de n’en plus faire usage. Dans ce même asile existent douze cellules d’isolement pour quatre cents malades. Au moment de l’installation elles étaient toutes occupées, tandis qu’aujourd’hui elles servent plutôt de lieu d’habitation que de lieu de séclusion.
M. le docteur Marchand ajoute :
«En résumé, mû peut-être par une prévention originelle , je n’ose pas proscrire complètement l’usage de la camisole. Je suis fermement convaincu que ce moyen est rarement indispensable et qu’il peut être remplacé utilement par la séparation des aliénés. Je pense surtout avec vous que l’influence des infirmiers est énorme, et si je pouvais en douter, je trouverais dans ce qui se passe chez nous des preuves irrécusables en faveur de notre commune manière de voir. Je possède actuellement six sections de malades pour chacun des sexes, et je puis affirmer que leur état de calme et d’agitation est toujours en rapport avec l’intelligence et la sollicitude des infirmiers qui leur donnent des soins. Je constate ici que la méthode des Anglais pourra être facilement mise en pratique. Tous mes efforts tendent même à diminuer chez nous les moyens de contrainte. Notre asile ne compte pas moins de quatorze bâtiments disposés sur une longueur de plus de six cents mètres. Or je n’ai pas une seule fenêtre qui soit garnie de barreaux de fer... Bien plus, je n’ai de volets que dans les deux infirmeries, et ces volets ne servent qu’à garantir nos malades de la lumière. » (6 novembre 4859).
Asile de Fains.— « Je suis complètement de votre avis, m’écrit M. le docteur Merier, médecin directeur de l’asile de Fains (Meuse), relativement à l’usage excessif de la camisole, et il y a bien des années que j e me suis constamment prononcé contre ce moyen abusivement employé, comme il l’a été et l’est encore dans