ASILES DIVERS
Je désire laisser à M. Billod, qui doit prochainement publier la relation de son voyage en Angleterre, la liberté de ses appréciations actuelles. La vue des hommes et des choses modifie parfois d’une manière radicale notre manière de voir en certains points. Je ne puis m’empêcher cependant de transcrire ici un passage d’une des lettres de M. Billod. Les réflexions émises par ce savant médecin sont précisément celles qui servent de thèse à M. Conolly pour établir comment on peut parvenir à se passer des moyens restrictifs : « Je suis disposé à admettre, m’écrit M. Billod, que, pour l’appréciation du non-restraint , il importe de considérer que le moyen ne doit pas consister, comme on paraît généralement le croire en France, dans la seule abolition des moyens restrictifs, mais bien dans un système d’ organisation tendant à rendre leur emploi inutile . J’ajoute qu’un tel système ne pouvant avoir pour résultat qu’une amélioration réelle dans toutes les. conditions du régime des aliénés, dans les asiles, à ce seul point de vue déjà, il serait infiniment louable. » (27 octobre 1858.)
Asiles divers. — Les communications que j’ai reçues de MM. Lunier, médecin directeur à Blois, Petit, médecin en chef de l’asile de Nantes, Dagron, à Napoléon-Vendée, Baume, médecin directeur à Quimper, Belloc à Alençon, Evrat, médecin directeur de l’asile de Saint-Robert (Isère), Payen, médecin en chef de l’asile d’Orléans, Etoc Demazy, médecin en chef de l’asile du Mans, deM. le médecin directeur de la Nièvre, de M. le docteur Campagne, médecin en chef à Avignon, de M. le docteur Teilleux, ancien médecin en chef de Maréville, ces communications, dis-je, ont toutes pour objet de démontrer que les efforts les plus louables ont été tentés, et cela depuis longues années, par ces honorables médecins, afin de diminuer l’emploi des moyens coercitifs. Mais les difficultés en présence desquelles se sont trouvés ces mêmes médecins n’ont pas permis toujours de se passer de la camisole et de la séclusion. En effet, l’accumulation des malades dans des locaux mal appropriés, les tendances dangereuses de beaucoup d’entre eux, l’insuffisance, dans quelques cas, de surveillants zélés et intelligents, ont paralysé les efforts les mieux entendus, les plus persévérants et les intentions les plus bienveillantes.
« Dans les provinces, dit M. le docteur Evrat, les asiles ne possèdent pas les ressources des grandes villes et des grands centres de population... On donne l’aumône aux employés des asiles au