ASILE DE QUIMPER
lieu de les rémunérer assez pour bien reconnaître leurs services et pour attirer des hommes un peu cultivés. » (29 octobre 1858.)
« Je n’ose espérer, m’écrit M. Etoc Demazy, qu’en France il soit possible d’arriver aux heureux résultats que vous avez constatés en Angleterre; je crains que le caractère de nos malades ne soit, comme vous le remarquez, un obstacle difficile à surmonter. D’autres obstacles doivent se rencontrer aussi dans la disposition de quelques établissements, dans le grand nombre d’aliénés qui s’y trouvent réunis, dans le défaut de surveillance, dans les gages insuffisants des infirmiers. » (18 novembre 1858.)
Asile d’Alençon. — M. le docteur Belloc me fait remarquer que le nombre des camisoles doit dépendre beaucoup, dans les asiles, de la disposition des lieux. Il a, dans son établissement, telle salle de réunion, telle galerie où, lorsque le mauvais temps force les aliénés de s’y réfugier, ils n’ont que 2m,33 c. pour opérer leurs mouvements. De là, manifestation plus grande de désordre et d’irritabilité. «Vous me demandez, ajoute M. Belloc, si je crois qu’il soit possible d’abolir les moyens coercitifs. Oui, tout est possible ; mais la question est de savoir si la chose serait avantageuse, et, à parler d’une manière générale, je ne le pense pas. Les moyens restrictifs actuels sont assez doux pour qu’on ne s’en fasse pas un épouvantail... Permettez que je vous engage à bien réfléchir avant d’entrer dans les moyens extrêmes, et songez que le non-restraint , pour être conséquent, devrait aussi supprimer les asiles qui ne sont après tout que de grandes camisoles. » (27 octobre 1856.)
Asile de Quimper. — • M. le docteur Baume a succédé , dans l’asile Saint-Athanase du Finistère, à un médecin dont le souvenir nous est cher. Il est impossible d’avoir poussé plus loin que M. le docteur Follet le zèle et le dévouement pour les aliénés confiés à ses soins. Cependant cet honorable médecin ne pensait pas qu’il fût possible de se passer de la camisole, et son successeur est du même avis. Je dois ajouter que M. le docteur Baume, dans la lettre qu’il m’a écrite, émet des observations fort judicieuses sur les moyens à employer pour arriver à diminuer l’emploi des moyens coercitifs. Ces moyens ne dépendent pas toujours de la disposition des lieux, de l’application des malades au travail, du zèle et de l’intelligence des infirmiers, mais il faut encore que le